Fiche n° 1123 · Faune · Invertébrés

Oursin violet

Paracentrotus lividus

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-oursin-violet/

Oursin violet (Paracentrotus lividus)
Photo : Frédéric Ducarme — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Oursin régulier d'environ 8 cm piquants compris, test rond et peu élevé de 5 à 7 cm.
  • Piquants lisses et épais, d'environ 3 cm, de couleur très variable : vert olive, brun ou nuances de violet.
  • Piquants présents jusqu'autour de la bouche, sans zone nue sur la face inférieure.
  • Souvent recouvert de débris d'algues, de feuilles de posidonie ou de coquilles, tenus par ses podia.
  • Souvent logé dans une cuvette qu'il a creusée dans la roche.

Noms

Nom usuel
Oursin violet
Nom scientifique
Paracentrotus lividus
Autres noms
Châtaigne de mer · Oursin-pierre
Synonymes
Echinus lividus · Echinus vulgaris · Echinus purpureus · Strongylocentrotus lividus · Toxopneustes lividus

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique nord-est, de l'Écosse et de l'Irlande jusqu'au Maroc, aux Açores et aux Canaries. Très courant en Méditerranée (Corse comprise), moins abondant sur les côtes atlantiques et dans la Manche.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Fonds rocheux et éboulis, herbiers de posidonie ou de zostère, parfois fonds sableux ou coralligènes et graviers de maerl. Des cuvettes de la zone de marée jusqu'à 80 m, surtout entre la surface et 30 m.

Profondeur : 0 – 80 m

Repères pour le plongeur

Oursin régulier à piquants épais, vert, brun ou violet, très courant sur les roches et herbiers peu profonds de Méditerranée, de Bretagne et de la Manche. Il se couvre souvent de débris d'algues ; sa pêche est réglementée en France.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Herbivore brouteur : algues, y compris encroûtantes, feuilles de posidonie, parfois éponges. Il se nourrit surtout la nuit.

Reproduction

Sexes séparés, fécondation externe. Gonades en développement en été et en automne, mûres en hiver ; ponte au printemps et en début d'été. Larve planctonique (échinoplutéus) qui vit plusieurs mois avant de se fixer.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (version 2025-2, selon SeaLifeBase). En France, pêche de loisir réglementée : taille minimale de 5 cm sans les piquants, périodes et quantités encadrées (interdite du 16 avril au 14 octobre sur une partie de la Bretagne selon DORIS). Surexploité dans certaines régions, notamment en Irlande.

Espèces ressemblantes

  • Oursin noir (Arbacia lixula) : plus foncé, test plus aplati, piquants proportionnellement plus longs et zone sans piquants autour de la bouche ; il ne se couvre pas de débris.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

L’oursin violet est un échinoderme, de la famille des Parechinidae. C’est un oursin dit « régulier » : son test, la coque calcaire, est rond, peu élevé, et mesure de 5 à 7 cm. Avec les piquants, l’animal atteint environ 8 cm. Ces piquants sont lisses, épais et longs d’environ 3 cm. Malgré son nom, sa couleur varie beaucoup : vert olive, brun, ou différentes nuances de violet.

Le vrai risque de confusion, c’est l’oursin noir (Arbacia lixula), qui vit dans les mêmes milieux. Selon DORIS, on prend souvent à tort l’oursin noir pour le « mâle » de l’oursin violet. Les deux sont des espèces distinctes. L’oursin noir est plus sombre, son test est plus aplati et ses piquants sont proportionnellement plus longs. Retourné, il montre une zone nue autour de la bouche, absente chez l’oursin violet. Autre indice fiable : l’oursin violet se couvre volontiers de fragments d’algues, de feuilles de posidonie ou de coquilles, alors que l’oursin noir ne le fait pas.

Où et quand l’observer en France

On le trouve sur toutes les côtes françaises, mais il est bien plus abondant en Méditerranée, Corse comprise, que sur les côtes atlantiques et dans la Manche. Son aire s’étend de l’Écosse et de l’Irlande jusqu’au Maroc, aux Açores et aux Canaries.

Il fréquente surtout les fonds rocheux et les herbiers de posidonie ou de zostère, plus rarement les fonds sableux, le coralligène ou les graviers de maerl. DORIS le signale jusqu’à 80 m, mais il est le plus abondant entre la surface et 30 m. Il occupe aussi les cuvettes de la zone de marée. Il se rencontre toute l’année. Comme il sort surtout la nuit pour se nourrir, les plongées de nuit permettent de le voir en déplacement plutôt que calé dans son abri.

Biologie et comportement

C’est un herbivore. Il broute les algues, y compris les algues encroûtantes, les feuilles de posidonie et parfois des éponges. DORIS le présente comme l’un des principaux brouteurs des mers tempérées. Quand ils sont nombreux, les oursins violets font disparaître les algues dressées au profit d’algues calcaires encroûtantes.

Avec ses piquants, il creuse dans la roche une logette où il s’ancre pour résister au ressac et aux prédateurs. Parmi ceux-ci, DORIS cite la langouste, l’étoile de mer glaciaire (Marthasterias glacialis) et les sars, du genre Diplodus. Les sexes sont séparés et la fécondation se fait dans l’eau. Les gonades se développent en été et en automne, mûrissent en hiver, et la ponte a lieu au printemps et en début d’été. La larve planctonique dérive plusieurs mois avant de se fixer et de devenir un petit oursin.

Statut et protection

L’UICN ne l’a pas évalué : il est « non évalué » (NE) sur la liste rouge mondiale, version 2025-2 selon SeaLifeBase. Selon WoRMS pourtant, ses populations de l’ouest de l’Irlande se sont effondrées sous l’effet de la pêche commerciale. En France, sa pêche est réglementée : taille minimale de 5 cm sans les piquants, et périodes de fermeture. DORIS cite par exemple une interdiction du 16 avril au 14 octobre sur une partie de la côte bretonne. En Méditerranée, les dates varient selon les secteurs. Renseignez-vous auprès des Affaires maritimes avant toute récolte.

Bien l’observer et la photographier

Ne le touchez pas à mains nues et surveillez vos genoux et vos palmes sur les fonds où il abonde. Ses piquants fins entrent facilement dans une peau ramollie par l’eau de mer, puis cassent sous la peau et sont difficiles à extraire. Ne le décrochez pas de sa logette pour le retourner : il y est ancré et en a besoin pour se protéger.

En photo, cherchez les individus couverts de débris. C’est son comportement le plus typique, et l’image permet de le distinguer de l’oursin noir. De près, un éclairage rasant fait ressortir les podia, ces petits pieds souples avec lesquels il maintient son camouflage.

Sources