Fiche n° 1117 · Faune · Invertébrés

Langouste

Palinurus elephas

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-langouste/

Langouste (Palinurus elephas)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps allongé de 30 à 50 cm, sans grosses pinces, prolongé par deux antennes plus longues que le corps.
  • Carapace rouge à brun-violet marbrée de clair, couverte de tubercules pointus.
  • Deux fortes épines triangulaires à l'avant de la carapace, dirigées vers l'avant.
  • Pattes marcheuses rayées de lignes claires ; la cinquième paire est nettement plus courte.
  • Une tache jaunâtre de chaque côté de chaque segment de l'abdomen ; queue en éventail de cinq palettes.

Noms

Nom usuel
Langouste
Nom scientifique
Palinurus elephas
Autres noms
Langouste rouge · Langouste européenne · Langouste commune
Synonymes
Palinurus vulgaris · Astacus elephas · Palinurus locusta · Palinurus quadricornis

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche et Méditerranée, des Orcades jusqu'aux Canaries et à la Mauritanie ; absente de la mer du Nord. En Méditerranée, surtout dans les deux tiers occidentaux, dont la Corse.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Fonds rocheux et coralligènes riches en failles, anfractuosités et cavités, où elle se cache le jour. Les juvéniles fréquentent souvent les herbiers de posidonies entre 15 et 25 m.

Profondeur : 5 – 200 m

Repères pour le plongeur

Langouste rouge des failles rocheuses de Méditerranée, de Corse, de Bretagne et de Manche, surtout vue vers 25 m. Classée Vulnérable par l'UICN : ne saisissez jamais ses antennes.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Omnivore opportuniste : surtout échinodermes et mollusques dont elle brise la coquille, mais aussi crustacés, annélides, éponges, bryozoaires, algues, poissons et cadavres.

Reproduction

Accouplement en été ; la femelle porte ses œufs (environ 1 mm) sous l'abdomen pendant 5 à 8 mois. Les larves phyllosomes dérivent 5 à 6 mois dans le plancton.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 26 septembre 2013 selon SeaLifeBase. Espèce pêchée, non protégée en France : taille minimale de capture (11 cm de céphalothorax en Atlantique, 9 cm en Corse selon DORIS). L'IFREMER décrivait dès 2005 une grave surexploitation.

Espèces ressemblantes

  • Langouste rose (Palinurus mauritanicus) : vit surtout entre 150 et 300 m, sans lignes claires sur les pattes marcheuses et avec un creux moins marqué entre les épines frontales.
  • Homard européen (Homarus gammarus) : même type d'abri, mais il porte deux grosses pinces et des antennes plus courtes que le corps.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

La langouste rouge est un crustacé décapode de la famille des Palinuridés. Elle mesure 30 à 50 cm sans les antennes, qui dépassent encore la longueur du corps. Contrairement au homard, elle n’a pas de grosses pinces : ses pattes marcheuses se terminent en pointe. Seule la femelle porte une petite pince au bout de la cinquième paire, nettement plus courte que les autres.

Sa carapace, bombée sur les côtés, est hérissée de tubercules pointus. Sa couleur va du rouge au brun-violet, avec des marbrures plus claires qui se prolongent sur les antennes. À l’avant, deux fortes épines triangulaires pointent vers l’avant, encadrant un petit rostre. Les pattes sont soulignées de lignes claires. Sur l’abdomen, chaque segment porte une tache jaunâtre de chaque côté, et la queue s’achève en éventail de cinq palettes.

DORIS signale une confusion possible avec la langouste rose (Palinurus mauritanicus). Celle-ci vit presque toujours hors de portée du plongeur, entre 150 et 300 m. Elle n’a pas de lignes claires sur les pattes et le creux entre ses épines frontales est moins marqué.

Où et quand l’observer en France

L’espèce occupe l’Atlantique Nord-Est, la Manche et les deux tiers occidentaux de la Méditerranée : on peut donc la croiser en Bretagne comme en Provence ou en Corse. Elle manque en revanche en mer du Nord. Cherchez-la sur les fonds rocheux et le coralligène riches en failles, en surplombs et en cavités. Elle s’y tient souvent accrochée au plafond, antennes dehors.

SeaLifeBase la donne entre 5 et 200 m, le plus souvent de 10 à 70 m. DORIS précise qu’elle est surtout observée vers 25 m et qu’elle descend plus bas en Méditerranée, où l’eau est plus chaude. Les jeunes vivent entre 15 et 25 m, souvent dans les herbiers de posidonies. Elle s’observe toute l’année. Selon certains auteurs cités par DORIS, elle gagnerait des fonds plus profonds en hiver.

Biologie et comportement

Elle passe la journée à l’abri et se nourrirait plutôt la nuit. Son régime repose sur les échinodermes et les mollusques, dont elle brise la coquille avec ses pièces buccales puissantes. Opportuniste, elle consomme aussi crustacés, vers, éponges, algues et cadavres, d’où sa présence dans les casiers.

Plusieurs individus partagent souvent la même cavité. En frottant la base de ses antennes contre sa tête, elle émet un grognement audible. Menacée, elle fuit à reculons d’un coup d’abdomen. Un moniteur du Barcarès a observé vers 42 m des files d’une quinzaine de langoustes en marche, reliées par les antennes.

L’accouplement a lieu en été. Le mâle dépose des spermatophores sous la femelle, qui garde ensuite ses œufs collés sous l’abdomen : on la dit « grainée ». Une femelle de 34 cm porte environ 134 000 œufs. L’incubation dure 5 mois en Méditerranée et jusqu’à 8 mois en Atlantique. Les larves, dites phyllosomes, aplaties et transparentes, dérivent ensuite 5 à 6 mois dans le plancton.

Statut et protection

L’UICN classe la langouste rouge « Vulnérable » (VU, critères A2bd), évaluation du 26 septembre 2013 selon SeaLifeBase. Elle n’est pas une espèce protégée en France : elle reste pêchée, avec une taille minimale de capture que DORIS indique à 11 cm de céphalothorax sur la façade atlantique et 9 cm en Corse. Un rapport de l’IFREMER de 2005, cité par DORIS, parle de grave surexploitation : les captures sont passées de plus de 2 000 t par an après-guerre à moins de 100 t. Elle figure aussi à la Convention de Barcelone.

Bien l’observer et la photographier

Éclairez le fond des failles à la lampe en balayant lentement : les antennes rayées trahissent l’animal bien avant son corps. Approchez de face, sans entrer dans la cavité. Curieuse mais craintive, la langouste recule dès qu’elle se sent menacée. Ne saisissez jamais ses antennes, fragiles et essentielles à ses sens, et ne la sortez pas de son trou.

Pour la photo, un éclairage latéral fait ressortir les tubercules de la carapace et les lignes des pattes. Cadrez serré sur la tête et les épines frontales, ou plus large pour montrer un groupe dans la même faille. Si vous croisez une femelle grainée, restez bref et à distance.

Sources