Fiche n° 1101 · Faune · Poissons
Mérou brun
Epinephelus marginatus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-merou-brun/
Clé d'identification
- Corps ovale, massif, grosse tête aux yeux saillants et mâchoire inférieure proéminente.
- Livrée brune à gris foncé, parfois rougeâtre, marbrée de taches claires irrégulières en nuages.
- Taches claires rayonnant autour de l'œil, en larme vers l'avant et en Y vers l'arrière, propres à chaque individu.
- Caudale arrondie bordée de blanc ; les autres nageoires portent aussi ce liseré clair.
- Une seule dorsale (11 épines puis 13 à 16 rayons mous), parties arrière de la dorsale et de l'anale sombres.
Noms
- Nom usuel
- Mérou brun
- Nom scientifique
- Epinephelus marginatus
- Autres noms
- Mérou noir · Mérou de Méditerranée · Mérou sombre · Mérou des provençaux · Dusky grouper
- Synonymes
- Serranus marginatus · Epinephelus guaza · Mycteroperca marginata
Distribution géographique
Méditerranée et Atlantique Est, de la Bretagne sud à l'Afrique du Sud, aussi au sud du Brésil et dans l'océan Indien occidental. En France : toute la côte méditerranéenne et la Corse ; très rare au nord du golfe de Gascogne.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse — Europe
Biotope
Fonds rocheux accidentés riches en cavités, tombants, coralligène et éboulis ; aussi fonds sableux autour des herbiers de posidonie. Les juvéniles restent près de la surface, dans les éboulis, les adultes descendent plus bas.
Profondeur : 5 – 100 m
Repères pour le plongeur
Le mérou brun, protégé de la chasse sous-marine en France, se laisse approcher dans les aires protégées comme Port-Cros, Scandola ou Cerbère-Banyuls. Approchez lentement, sans le poursuivre dans son trou : il revient souvent de lui-même.
Meilleure saison : Juillet · Août · Septembre
Biologie
Alimentation
Prédateur d'affût : crabes et autres crustacés chez les jeunes, puis céphalopodes (poulpes) et poissons chez les grands individus.
Reproduction
Hermaphrodite protogyne : femelle mature vers 4 à 5 ans, devient mâle entre 10 et 14 ans environ. Ponte de juillet à septembre en rassemblements, entre 15 et 30 m, œufs pélagiques.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon les données relayées par GBIF (année d'évaluation non vérifiée). Annexe II des conventions de Berne et de Barcelone. En France, chasse sous-marine et pêche à l'hameçon interdites par moratoire (continent depuis 1993, Corse depuis 1980), prolongé en 2013 jusqu'à fin 2023 ; renouvellement ultérieur non vérifié.
Espèces ressemblantes
- Mérou gris (Epinephelus caninus) : caudale tronquée, canines développées et deux lignes sombres obliques de l'œil à l'opercule.
- Badèche (Epinephelus costae) : corps plus allongé, caudale tronquée ou concave, lignes longitudinales sombres.
- Mérou royal (Mycteroperca rubra) : plus petit, caudale tronquée, dos brun rougeâtre à lignes sombres ondulées.
- Cernier (Polyprion americanus) : profil du dos légèrement concave et forte crête osseuse sur l'opercule.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le mérou brun est un poisson ovale et massif, à grosse tête, aux yeux saillants et à la mâchoire inférieure proéminente. DORIS le décrit entre 40 et 80 cm sur les côtes françaises, avec des individus d’un mètre assez courants dans les aires protégées. FishBase retient un maximum de 1,50 m pour 60 kg.
Sa livrée va du brun au gris foncé, parfois rougeâtre, marbrée de taches claires irrégulières. Autour de l’œil, des marques claires dessinent une larme vers l’avant et un Y vers l’arrière : leur forme est propre à chaque individu. La caudale est arrondie et bordée de blanc, comme les autres nageoires.
Plusieurs mérous vivent en Méditerranée. Le mérou gris, la badèche et le mérou royal ont tous une caudale tronquée, et non arrondie. Le mérou gris porte deux lignes sombres obliques de l’œil à l’opercule, la badèche des lignes longitudinales, le mérou royal des lignes ondulées sur un dos rougeâtre. Le cernier se reconnaît à la forte crête osseuse de son opercule. Les juvéniles, très discrets, sont souvent pris pour des serrans.
Où et quand l’observer en France
En France, l’espèce fréquente toute la Méditerranée et la Corse. Côté Atlantique, son aire commence en Bretagne sud, et DORIS la dit très rare au nord du golfe de Gascogne. Elle vit sur les fonds rocheux accidentés, riches en cavités : tombants, coralligène, éboulis, et aussi les bords d’herbiers de posidonie.
Les jeunes restent plusieurs années entre la surface et une dizaine de mètres, cachés dans les éboulis. Les adultes s’installent plus bas, de 5 m à au moins 100 m selon DORIS. Les rencontres les plus faciles ont lieu dans les espaces protégés cités par DORIS : Port-Cros, Lavezzi, Scandola et Cerbère-Banyuls. À Port-Cros, le Groupe d’étude du mérou compte les individus tous les trois ans avec le parc national : 86 en 1993, 727 en 2011. L’été, le mérou est très sédentaire et reste au-dessus de la thermocline.
Biologie et comportement
C’est un prédateur d’affût. Jeune, il mange surtout des crabes. Entre 20 et 60 cm, crabes et poissons se partagent son menu, puis les céphalopodes, poulpes en tête, et les poissons dominent au-delà de 60 cm.
L’espèce est hermaphrodite protogyne : chaque individu naît femelle, mûrit vers 4 à 5 ans, puis devient mâle entre 10 et 14 ans environ. La ponte a lieu de juillet à septembre, avec un pic en août à la tombée de la nuit. Des dizaines à des centaines d’individus se rassemblent alors entre 15 et 30 m.
Statut et protection
La liste rouge mondiale de l’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU), selon les données relayées par GBIF. DORIS indique encore « En danger », un statut plus ancien. Elle figure à l’annexe II des conventions de Berne et de Barcelone.
En France, la chasse sous-marine du mérou est interdite en Corse depuis 1980 et sur le continent depuis le 2 avril 1993. Des arrêtés ont ensuite étendu l’interdiction à la pêche à l’hameçon, puis l’ont prolongée de dix ans en décembre 2013, soit jusqu’à fin 2023. Nous n’avons pas pu vérifier dans nos sources si ce moratoire a été renouvelé après cette échéance. Avant toute pêche, consultez la réglementation en vigueur auprès de la préfecture de région ou de la direction interrégionale de la mer Méditerranée. La pêche au filet, elle, reste permise, et DORIS signale un braconnage entretenu par le prix du poisson.
Bien l’observer et la photographier
Le mérou est prudent mais curieux. S’il rentre dans son trou, éloignez-vous un peu : il ressort souvent derrière vous. Approchez à plat, en flottabilité neutre, sans palmer vers l’entrée de sa cavité ni la toucher. Hors des zones protégées, il est beaucoup plus farouche.
Pour la photo, un cadrage de trois quarts face met en valeur les marques claires autour de l’œil. Elles permettent de reconnaître un individu d’une plongée à l’autre. En été, la livrée nuptiale, striée de clair ou d’argent chez certains mâles, vaut le détour : observez les rassemblements de ponte à distance, sans vous placer au-dessus des couples qui remontent pour pondre.