Fiche n° 1120 · Faune · Invertébrés
Seiche
Sepia officinalis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-seiche/
Clé d'identification
- Corps large, ovale et aplati de dessus en dessous, de 15 à 30 cm en général sans les tentacules.
- Nageoire ondulante en fine collerette sur tout le pourtour du manteau.
- Huit bras courts autour de la bouche ; deux longs tentacules à palette, le plus souvent rétractés et invisibles.
- Gros yeux à pupille en forme de W.
- Dos marbré de blanc et de brun, ventre plus pâle ; couleurs et texture de peau qui changent en quelques instants.
- Mâle : bras latéraux et avant du manteau rayés (zébrures).
Noms
- Nom usuel
- Seiche
- Nom scientifique
- Sepia officinalis
- Autres noms
- Seiche commune · Sèche · Casseron · Margate · Chakod · Suppion · Common cuttlefish
- Synonymes
- Sepia filliouxi · Sepia fischeri · Sepia mediterranea · Sepia veranyi · Sepia zebrina
Distribution géographique
Atlantique oriental, de la mer du Nord et de la Baltique jusqu'à l'Afrique du Sud selon DORIS, Manche et Méditerranée. Présente sur toutes les côtes de France métropolitaine, Corse comprise.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds meubles (sable, graviers, sable vaseux), herbiers de posidonies et de zostères, champs de grandes algues ; plus rarement sur la roche. Souvent à demi enfouie dans le sédiment. De la surface à environ 200 m, surtout entre 0 et 50 m.
Profondeur : 0 – 200 m
Repères pour le plongeur
Au printemps, la seiche commune remonte pondre dans les petits fonds de sable et d'herbiers : c'est le moment de l'observer en plongée, en France, en approche lente et sans la poursuivre.
Meilleure saison : Avril · Mai · Juin · Juillet · Août
Biologie
Alimentation
Prédateur actif à l'affût : crevettes, crabes, petits poissons, mollusques et autres céphalopodes, y compris d'autres seiches.
Reproduction
Fécondation interne au printemps près des côtes ; œufs noirs en grappes (« raisins de mer ») fixés sur un support. Éclosion en 30 à 90 jours selon la température, jeunes de 12 à 15 mm. Les adultes meurent après la reproduction ; cycle de vie de 12 à 24 mois.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 15 mars 2009 selon SeaLifeBase. Espèce très pêchée près du littoral, au printemps sur les adultes et en fin d'été sur les juvéniles.
Espèces ressemblantes
- Seiche rose (Rhombosepion orbignyanum, anciennement Sepia orbignyana) : environ 10 cm, dos à dominante rose ou orange, arrière du corps pointu ; plus rare.
- Seiche élégante (Rhombosepion elegans, anciennement Sepia elegans) : 8 cm au plus, silhouette très svelte, tache dorsale rose ; plus rare.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Invertébrés
Identification
La seiche commune est un mollusque céphalopode, cousin du poulpe et des calmars. Son corps est large, ovale et aplati de dessus en dessous. Il mesure 15 à 30 cm en général, sans les tentacules, et 45 cm au plus selon DORIS. Une fine nageoire court comme une collerette sur tout le pourtour du manteau. Huit bras courts entourent la bouche. Deux longs tentacules terminés par une palette à ventouses restent le plus souvent rétractés, donc invisibles. Regardez les yeux : la pupille dessine un W, un détail qui suffit à reconnaître une seiche.
Sous la peau du dos se cache l’os de seiche, ou sépion, une coquille interne calcaire et alvéolée. Le dos est marbré de blanc et de brun, le ventre plus pâle, mais la couleur ne vaut pas critère : l’animal la change en permanence. Le mâle se repère à ses zébrures sur les bras latéraux et sur l’avant du manteau.
Deux espèces voisines, beaucoup plus rares, partagent la même répartition. La seiche rose mesure une dizaine de centimètres, porte un dos rose ou orangé et un arrière du corps pointu. La seiche élégante ne dépasse pas 8 cm, avec une silhouette très svelte et une tache rose sur le dos.
Où et quand l’observer en France
On la trouve sur toutes les côtes : Manche, Atlantique et Méditerranée, Corse comprise. Elle fréquente surtout les fonds meubles de sable et de graviers, les herbiers de posidonies et de zostères et les champs de grandes algues. On la voit plus rarement sur la roche. Elle vit de la surface à environ 200 m, mais le plus souvent entre 0 et 50 m.
La saison compte. Au printemps, les adultes quittent le large et remontent vers les petits fonds côtiers pour se reproduire : c’est le meilleur moment pour la croiser en plongée, dans les eaux peu profondes. En automne et en hiver, elle redescend vers des fonds d’une centaine de mètres. Les jeunes nés au début de juin atteignent déjà 15 cm à la fin d’août.
Biologie et comportement
C’est un chasseur à l’affût. Camouflée, souvent à demi enfouie dans le sable, elle projette ses deux tentacules sur la proie, la ramène vers les bras puis la neutralise avec une salive venimeuse avant de la découper avec son bec corné. Elle mange des crevettes, des crabes, des alevins, des gastéropodes et d’autres céphalopodes. Le cannibalisme est fréquent.
Pour se camoufler, elle modifie la couleur et la texture de sa peau grâce à ses chromatophores. Des vagues de couleur lui servent aussi à communiquer et à intimider. Menacée, elle hérisse sa peau de papilles, dresse ses deux bras supérieurs, puis fuit par réaction en expulsant l’eau par son siphon, derrière un nuage d’encre.
Au printemps, plusieurs mâles courtisent parfois une même femelle. Le mâle dépose ses spermatophores avec un bras spécialisé, l’hectocotyle, puis surveille la femelle. Celle-ci fixe ses œufs noirs en grappes, les « raisins de mer », sur des zostères, des rochers ou des structures ostréicoles. Les adultes meurent après la reproduction : l’espèce vit 12 à 24 mois.
Statut et protection
L’UICN la classe en préoccupation mineure (LC), évaluation du 15 mars 2009 selon SeaLifeBase. Elle reste très pêchée près du littoral, au tramail et à la turlutte, sur les adultes au printemps puis sur les juvéniles, les casserons, en fin d’été et en automne. DORIS s’inquiète de l’épuisement de la ressource. Aucune des sources consultées ne signale de statut de protection en France.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez une forme ovale posée sur le sable ou dans l’herbier, et surtout l’œil en W. Approchez lentement, à hauteur de l’animal, sans le surplomber. Si sa peau se hérisse ou si ses couleurs s’emballent, vous êtes trop près : reculez avant qu’elle ne lâche son encre. Une seiche qui se laisse approcher change souvent de motif sous vos yeux, ce qui donne de belles séries d’images. Au printemps, ne touchez pas aux grappes d’œufs et ne dérangez pas un couple pendant l’accouplement.