Fiche n° 1114 · Faune · Requins & raies

Roussette

Scyliorhinus canicula

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-roussette/

Roussette (Scyliorhinus canicula)
Photo : Olivier Dugornay (Ifremer) — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petit requin allongé de 60 cm en moyenne, 80 cm à 1 m au maximum, posé sur le fond.
  • Robe beige clair à roux semée de nombreuses petites taches brunes à noirâtres, ventre clair.
  • Deux dorsales très reculées : la première en arrière des pelviennes, la seconde juste après l'anale.
  • Écart entre les deux dorsales plus long que la base de l'anale (plus court chez la grande roussette).
  • Valvules nasales contiguës sous le museau ; yeux ovales suivis d'un spiracle et de cinq fentes branchiales.

Noms

Nom usuel
Roussette
Nom scientifique
Scyliorhinus canicula
Autres noms
Petite roussette · Chat de mer · Saumonette · Small-spotted catshark · Lesser spotted dogfish
Synonymes
Squalus canicula · Scyllium canicula · Catulus caniculus

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est de la Norvège et de la mer du Nord jusqu'au Sénégal, Manche et Méditerranée. En France : Manche, côtes atlantiques (dont la Bretagne), Méditerranée et Corse.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Fonds meubles de sable, de gravier ou de vase, mais aussi fonds coralligènes et algueux, du plateau continental au haut du talus. Habituellement entre 20 et 400 m selon DORIS ; FishBase la signale dès 10 m, et jusqu'à 780 m.

Profondeur : 10 – 780 m

Repères pour le plongeur

Petit requin beige à fines taches brunes qui dort le jour posé sur le sable et chasse la nuit : c'est en plongée de nuit que vous avez le plus de chances de le voir. Approchez-le à plat, sans le toucher ni soulever le sédiment.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur nocturne au régime varié : mollusques (buccins, ormeaux, myes, couteaux, jeunes seiches), petits crustacés, vers polychètes et petits poissons (gobies, grondins, limandes, tacauds, sardines, maquereaux).

Reproduction

Ovipare : la femelle pond ses œufs par paires, jusqu'à une centaine par an pour les grandes femelles. Capsules cornées d'environ 6 × 2 cm, munies de vrilles aux quatre coins et accrochées aux algues, gorgones ou rochers. Incubation de 3 à 11 mois selon la température ; jeunes autonomes d'environ 10 cm.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 31 août 2020 selon FishBase. Espèce pêchée et commercialisée, pelée, sous le nom de « saumonette ».

Espèces ressemblantes

  • Grande roussette (Scyliorhinus stellaris) : plus grande (jusqu'à 1,70 m selon FishBase) et plus massive, taches plus grandes parfois ocellées, lobes des narines séparés et dorsales plus rapprochées ; elle préfère les fonds rocheux — voir fiche liée.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La roussette, ou petite roussette, est un vrai requin, et non un invertébré : un petit squale de la famille des Scyliorhinidae, de 60 cm en moyenne. DORIS lui donne 80 cm et 5 kg au maximum, FishBase signale des individus d’un mètre. Son œil ovale est suivi d’un petit spiracle puis de cinq fentes branchiales.

Sa robe beige clair à roux est semée d’une multitude de petites taches brunes à noirâtres, et le ventre reste clair. Les deux dorsales sont très reculées : la première se trouve en arrière des nageoires pelviennes, la seconde juste derrière l’anale. Sa peau est couverte de denticules pointus qui la rendent rugueuse au toucher.

La confusion se fait surtout avec la grande roussette (Scyliorhinus stellaris), qui vit sur les mêmes côtes. Celle-ci atteint 1,70 m selon FishBase, porte des taches plus grandes, parfois ocellées, et préfère les fonds rocheux. Deux critères tranchent, d’après DORIS. Chez la petite roussette, l’écart entre les deux dorsales est plus long que la base de l’anale, et les valvules des narines se touchent. Chez la grande, l’écart est plus court et les lobes nasaux sont séparés.

Où et quand l’observer en France

L’espèce est présente sur toutes les façades françaises : Manche, Atlantique, Bretagne comprise, et Méditerranée jusqu’en Corse. Elle vit sur les fonds de sable, de gravier ou de vase, mais FishBase la signale aussi sur des fonds coralligènes et algueux.

DORIS la situe surtout entre 20 et 400 m, et FishBase la note dès 10 m. Elle reste visible toute l’année. Les adultes gagnent des eaux plus profondes à la fin de l’été, alors que les œufs sont déposés en eau peu profonde. Sur la façade atlantique, elle forme parfois des rassemblements importants.

Biologie et comportement

La roussette passe la journée immobile, posée sur le sable, et chasse la nuit. Son régime est très varié : buccins, ormeaux, myes, couteaux, jeunes seiches, petits crustacés, vers, et poissons comme les gobies, les grondins ou les sardines. À Saint-Cast, DORIS rapporte que des tacauds la suivent quand elle fouille le sable, pour happer les petites proies qu’elle déloge.

L’espèce est ovipare. Après un accouplement où le mâle s’enroule autour de la femelle, celle-ci pond ses œufs par paires, jusqu’à une centaine par an pour les grandes femelles. DORIS situe la ponte de novembre à juillet, FishBase la dit étalée sur l’année, avec un pic en juin et juillet. Chaque œuf est une capsule cornée d’environ 6 × 2 cm, prolongée de longues vrilles aux quatre coins, qui s’enroulent autour des algues, des gorgones ou des herbiers. L’incubation dure de 95 à 120 jours en Atlantique, et jusqu’à 285 jours en Méditerranée. Le jeune, long d’environ 10 cm, est aussitôt autonome. Les coques vides rejetées sur les plages sont les « bourses de sirène ».

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC) au niveau mondial. FishBase date cette évaluation du 31 août 2020. Aucune des sources consultées ne la signale comme protégée en France. Elle est pêchée et vendue, pelée, sous le nom de « saumonette ».

Bien l’observer et la photographier

Programmez une plongée de nuit sur un fond sableux : c’est l’heure où la roussette bouge. De jour, cherchez une silhouette tachetée immobile sur le sable. Approchez à plat, palmage lent, pour ne pas soulever le sédiment qui gâcherait vos images. Cadrez de profil, à hauteur de l’animal : on voit alors les dorsales reculées et la position de l’anale, utiles pour la distinguer de la grande roussette. Ne la touchez pas et ne la retournez pas.

Au printemps et en été, inspectez aussi la base des algues et des gorgones : les capsules à vrilles y sont accrochées. Photographiez-les en place, sans les décrocher ni les manipuler, car l’embryon s’y développe pendant des mois.

Sources