Fiche n° 1121 · Faune · Invertébrés
Ormeau
Haliotis tuberculata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-ormeau/
Clé d'identification
- Coquille aplatie, ovale et allongée en forme d'oreille, de 6 à 11 cm chez l'adulte.
- Rangée de trous ronds alignés sur le dessus de la coquille, dont seuls les 3 à 6 derniers restent ouverts.
- Dessus beige rougeâtre à brun-vert marbré, à côtes radiales, souvent couvert d'algues, de balanes ou de tubes de vers ; intérieur très nacré.
- Pied large et musculeux, bordé d'un manteau brun-vert garni de nombreux tentacules sensoriels.
- Tête à deux longs tentacules et deux yeux bleus sur pédoncules ; un tentacule sort de chaque trou ouvert quand l'animal se déplace.
Noms
- Nom usuel
- Ormeau
- Nom scientifique
- Haliotis tuberculata
- Autres noms
- Oreille de mer · Ormeau tuberculé · Ormeau de Méditerranée · Ormier · Six trous · Haliotide
- Synonymes
- Haliotis lamellosa · Haliotis tuberculata lamellosa · Haliotis adriatica · Haliotis vulgaris
Distribution géographique
Atlantique est et Méditerranée, des îles Anglo-Normandes à la Guinée, Açores, Canaries et Cap-Vert compris. En France : Manche, Bretagne, côtes méditerranéennes continentales et Corse ; la forme méditerranéenne est plus petite et plus plissée.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds rocheux : failles, dessous des pierres et des blocs, murs de ports. De la zone de balancement des marées jusqu'à une quinzaine de mètres le plus souvent.
Profondeur : 0 – 15 m
Repères pour le plongeur
Gastéropode en forme d'oreille, reconnaissable à sa rangée de trous et à sa frange de tentacules, caché sous les pierres et dans les failles de 0 à 15 m. Ne le décollez jamais : la moindre blessure peut le tuer.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Herbivore brouteur : diatomées et microalgues encroûtantes chez le juvénile, macroalgues chez l'adulte, avec une préférence pour les algues rouges.
Reproduction
Sexes séparés, fécondation externe. Une femelle libère environ deux millions d'œufs ; les larves dérivent cinq à six jours avant de se fixer. Ponte du printemps à la fin de l'automne selon SeaLifeBase.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critère A2de) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 20 décembre 2019 selon SeaLifeBase. Non protégé en France, mais sa pêche est réglementée (taille minimale, périodes de fermeture, quotas) ; sensible aux mortalités massives dues à la bactérie Vibrio harveyi.
Espèces ressemblantes
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Invertébrés
Identification
L’ormeau est un mollusque gastéropode de la famille des Haliotidae. Sa coquille forme une large oreille aplatie, d’où son autre nom d’oreille de mer. L’adulte mesure 8 à 11 cm en Atlantique et en Manche, et 6 à 8 cm en Méditerranée selon DORIS. SeaLifeBase donne 12,3 cm au maximum.
Le critère décisif est la rangée de trous ronds qui court le long du dos de la coquille. Au fil de la croissance, les plus anciens se referment et seuls les 3 à 6 derniers restent ouverts. Certains tentacules sensoriels perçoivent le milieu extérieur à travers ces orifices. Le dessus, beige rougeâtre à brun-vert marbré, est strié de côtes radiales, mais il est souvent masqué par des algues, des balanes, des bryozoaires ou des tubes de vers. L’intérieur de la coquille est fortement nacré.
Sous la coquille, un pied large et musculeux est bordé d’un manteau brun-vert garni de nombreux tentacules sensoriels, qui dépassent tout autour. La tête porte deux longs tentacules et deux yeux bleus sur de courts pédoncules. Quand l’ormeau se déplace, un petit tentacule sort de chaque trou ouvert.
En Méditerranée, la coquille est plus petite et nettement plus plissée. Cette forme, longtemps appelée Haliotis lamellosa, n’est plus qu’un synonyme de l’espèce pour WoRMS.
Où et quand l’observer en France
L’espèce occupe l’Atlantique est et la Méditerranée, des îles Anglo-Normandes jusqu’à la Guinée selon SeaLifeBase. En France, les données de GBIF la placent surtout en Bretagne et en Provence, mais aussi en Normandie, en Languedoc-Roussillon et en Corse.
Cherchez-la sur les fonds rocheux, dans les failles et sous les pierres, de la zone de marée jusqu’à une quinzaine de mètres d’après DORIS. En Méditerranée, elle fréquente aussi les murs de ports et les piles de quais. Elle passe la journée cachée et ne sort qu’occasionnellement pour brouter. Elle se rencontre toute l’année.
Biologie et comportement
L’ormeau est herbivore. Le juvénile broute des diatomées et des microalgues encroûtantes, l’adulte des macroalgues, en particulier des algues rouges, qu’il râpe avec sa radula. Il grandit de 1 à 2 cm par an et atteint 8 cm vers cinq ans ; il peut vivre une quinzaine d’années.
Les sexes sont séparés et la fécondation se fait en pleine eau. Une femelle libère environ deux millions d’œufs. Les larves dérivent cinq à six jours dans le plancton, puis se fixent sur le fond. SeaLifeBase situe la ponte du printemps à la fin de l’automne.
Ses prédateurs sont les étoiles de mer, les crustacés, le poulpe, certains poissons comme la dorade royale ou la roussette, et l’homme. Son pied musculeux lui assure une adhérence très puissante à la roche.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critère A2de) depuis son évaluation du 20 décembre 2019, d’après SeaLifeBase. L’ormeau n’est pas une espèce protégée en France, mais sa pêche est encadrée. DORIS cite l’exemple de la Bretagne Nord : pêche fermée du 15 juin au 31 août, taille minimale de 9 cm, 20 ormeaux par personne et par jour, pêche à pied uniquement, scaphandre et chasse sous-marine interdits. Des mortalités massives liées à la bactérie Vibrio harveyi frappent les populations quand l’eau dépasse 16 °C.
Bien l’observer et la photographier
Ne cherchez jamais à le décoller : selon DORIS, cette seule tentative peut suffire à le tuer. Si vous soulevez une pierre pour le chercher, reposez-la exactement dans le même sens, car la vie fixée sur sa face inférieure met environ trois ans à se reconstituer.
En photo, une lampe rasante fait ressortir la frange de tentacules et la rangée de trous, deux détails qui confirment l’identification. Un cadrage de profil, au ras de la roche, montre les yeux bleus. Approchez lentement, sans toucher la roche autour de lui. Ne mettez jamais la main dans une faille pour le dégager : vous risquez de le blesser.