Fiche n° 1133 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Anémone de mer
Anemonia viridis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-anemone-de-mer/
Clé d'identification
- Couronne de tentacules longs, fins et souples, vert clair, souvent terminés par une pointe violet-fuchsia.
- Tentacules non rétractiles : la couronne reste ouverte en journée et ne se referme pas au toucher.
- Colonne courte et lisse, brun rougeâtre ou verdâtre, d'environ 5 cm de haut, sans taches.
- Jusqu'à 384 tentacules d'une quinzaine de centimètres chez les grands individus solitaires.
- Petits individus clonaux souvent serrés les uns contre les autres en tapis sur la roche.
Noms
- Nom usuel
- Anémone de mer
- Nom scientifique
- Anemonia viridis
- Autres noms
- Anémone de mer verte · Anémone verte · Actinie verte · Anémone commune · Ortie de mer · Anémone beignet · Snakelocks anemone
- Synonymes
- Anemonia sulcata · Priapus viridis · Actinia sulcata · Anemonia vagans
Distribution géographique
Atlantique Nord-Est, Manche et Méditerranée, des Canaries à l'Écosse. En France, présente sur les côtes méditerranéennes, en Corse, en Bretagne et en Manche.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fonds rocheux et substrats durs bien éclairés et calmes, auxquels elle adhère par son disque basal ; les petits individus se fixent aussi sur les algues et les herbiers. Fréquente dans les flaques de l'estran, les ports abrités et jusqu'à environ 25 m.
Profondeur : 0 – 25 m
Repères pour le plongeur
Animal et non plante, l'anémone verte doit sa couleur aux algues microscopiques logées dans ses cellules. Observez-la sans la toucher : ses tentacules urticants collent à la peau et au néoprène.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : petits poissons, crustacés et autres invertébrés capturés par les cnidocystes des tentacules ; reçoit aussi une partie des produits de la photosynthèse de ses zooxanthelles (Symbiodinium).
Reproduction
Surtout sexuée, sexes séparés, ponte généralement en juin et juillet, larves nageuses. Multiplication asexuée par bourgeonnement ou scissiparité, à l'origine des tapis de clones.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) par l'UICN : GBIF et SeaLifeBase (liste rouge 2025-2) consultés le 15/10/2026. DORIS la dit menacée par le réchauffement, qui provoque l'expulsion de ses algues symbiotiques, par l'envasement et l'assèchement.
Espèces ressemblantes
- Anémone charnue (Cribrinopsis crassa) : endémique de Méditerranée, tentacules beaucoup plus courts et épais, pied tacheté.
- Anémone dorée (Condylactis aurantiaca) : souvent enfouie dans le sable, seule la couronne dépasse, pied tacheté.
- Paranemonia cinerea : petite anémone qui peut être confondue avec les jeunes anémones vertes.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré sa couleur d’herbe tendre et sa place dans la rubrique flore, l’anémone verte est un animal. WoRMS la range parmi les cnidaires, dans l’ordre des actiniaires et la famille des Actiniidae. Son vert ne vient pas d’elle : il est dû à des algues unicellulaires du genre Symbiodinium qui vivent dans ses cellules.
On la reconnaît à sa couronne échevelée. Les tentacules sont longs, fins, souples, vert clair et souvent terminés par une pointe violet-fuchsia. Ils ne se rétractent pas, si bien que l’anémone reste épanouie toute la journée. La colonne est courte, lisse, brun rougeâtre ou verdâtre, haute d’environ 5 cm pour une dizaine de centimètres de diamètre. Les plus grands sujets portent jusqu’à 384 tentacules d’une quinzaine de centimètres.
DORIS distingue deux écotypes. Le premier est clonal : disque basal de moins de 3 cm et 192 tentacules au plus. Le second est solitaire, se reproduit sexuellement et peut dépasser 15 cm de base. Cinq formes de couleur sont aussi décrites selon la présence des pointes violettes. À l’ombre, l’animal pâlit et perd ces pointes.
L’anémone charnue (Cribrinopsis crassa) et l’anémone dorée (Condylactis aurantiaca) ont des teintes voisines, mais leur pied est tacheté. La première a des tentacules courts et épais ; la seconde reste enfouie dans le sable, couronne seule visible. Les jeunes anémones vertes ressemblent aussi à la petite Paranemonia cinerea.
Où et quand l’observer en France
L’espèce occupe l’Atlantique Nord-Est, la Manche et la Méditerranée, des Canaries à l’Écosse, et vit sur toutes les côtes françaises. Elle s’accroche par son disque basal aux roches et substrats durs bien éclairés, en eau calme. Les petits individus se glissent dans les anfractuosités ou se fixent sur les algues et les herbiers, zostères comprises. Dans les ports abrités, la forme clonale couvre parfois de grandes surfaces.
Elle est commune dans les flaques de l’estran à marée basse et abonde dans les premiers mètres. Elle descend jusqu’à 25 m environ. On l’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Les cnidocystes de ses tentacules paralysent de petits poissons, des crustacés et d’autres invertébrés. Les zooxanthelles complètent ce régime en lui cédant une partie des sucres issus de leur photosynthèse. Active le jour, elle se rétracte souvent la nuit.
Les sexes sont séparés et la ponte a lieu surtout en juin et juillet ; les larves nagent avant de se fixer. Le bourgeonnement et la scissiparité produisent des clones, qui se tolèrent au contact. Face à une voisine non apparentée, l’anémone déploie ses acrorhages, des renflements bourrés de cellules urticantes.
Elle abrite des crevettes, des caprelles, l’araignée des anémones (Inachus phalangium), plusieurs crabes Pilumnus et le gobie moucheté (Gobius incognitus). Son principal prédateur cité par DORIS est le nudibranche Aeolidia papillosa, qui broute ses tentacules.
Statut et protection
L’anémone verte n’a pas été évaluée par l’UICN (catégorie NE), d’après GBIF et SeaLifeBase consultés le 15 octobre 2026. Aucune des sources consultées ne lui attribue de protection réglementaire en France. DORIS cite comme menaces le réchauffement, qui lui fait rejeter ses algues et la blanchit jusqu’à la mort, ainsi que l’envasement et l’assèchement.
Bien l’observer et la photographier
Gardez les mains et les palmes à distance. Les tentacules collent au néoprène et à la peau, s’arrachent et blessent l’animal. Chez l’homme, la piqûre brûle et peut laisser des vésicules ; ne frottez ni vos yeux ni vos lèvres, et ne rincez pas à l’eau douce, qui fait décharger les cnidocystes restants. Les contacts répétés exposent à l’allergie.
Au masque, dans une flaque d’estran, inspectez la base de la colonne : c’est là que se tiennent les crabes commensaux. En plongée de nuit, une lampe bleue ou ultraviolette révèle la fluorescence verte due à la protéine GFP, celle qui colore aussi les pointes. Le jour, un éclairage latéral doux suffit à détacher le violet des pointes sur le vert des tentacules.