Fiche n° 1129 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Cladocora
Cladocora caespitosa
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-cladocora/
Clé d'identification
- Colonie dure, brune et plutôt terne, en coussin ou en demi-sphère, pouvant dépasser 50 cm de diamètre.
- Polypes logés chacun dans un tube calcaire bien distinct de 4 à 5 mm de diamètre, serrés les uns contre les autres.
- Cloisons calcaires rayonnantes de deux tailles alternées dans chaque tube, une sur deux atteignant le centre.
- Tentacules déployés de jour comme de nuit, avec des zones verdâtres dues aux algues symbiotiques.
- Colonie morte : squelette blanc nu, souvent colonisé par des algues.
Noms
- Nom usuel
- Cladocora
- Nom scientifique
- Cladocora caespitosa
- Autres noms
- Cladocore en touffe · Cladocore · Mediterranean pillow coral
- Synonymes
- Madrepora caespitosa · Caryophyllia caespitosa · Cladocora stellaria · Cladocora astraearia · Hoplangia pallaryi
Distribution géographique
Toute la Méditerranée, de la mer d'Alboran au Liban et à Israël, et proche Atlantique (golfe Ibéro-marocain, Portugal, Madère, Açores). En France : côtes méditerranéennes du continent et de la Corse. Absent de la Manche et de la Bretagne.
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Espèce photophile de l'étage infralittoral : fonds rocheux éclairés et herbiers de posidonie, de la surface à environ 50 m ; les colonies sans zooxanthelles peuvent vivre plus profond.
Profondeur : 0 – 50 m
Repères pour le plongeur
Corail bâtisseur de Méditerranée, le cladocore forme des coussins bruns de polypes serrés sur la roche éclairée et dans les herbiers. Espèce en danger et protégée en France : ne la touchez pas, ne posez ni palme ni main dessus.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Plancton capturé par les tentacules des polypes, complété par les substances produites par les zooxanthelles (algues unicellulaires symbiotiques) logées dans ses tissus.
Reproduction
Multiplication par bourgeonnement à la base des polypes. Reproduction sexuée mal connue : gonades à maturité en août et ponte en fin d'été d'après les études des îles Columbretes ; la larve planula, planctonique, se fixe ensuite sur la roche.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critère A4bc) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 30 mars 2022 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Protégé en France par l'arrêté du 8 juillet 2025 relatif aux invertébrés marins protégés (selon DORIS). Menace principale : nécroses et mortalités massives lors des étés trop chauds, comme en 2003.
Espèces ressemblantes
- Madrépore coupe (Polycyathus muellerae) : petits polypes en colonie encroûtante, mais surtout dans les grottes et sous les surplombs, à l'ombre.
- Hoplangia durotrix : petit madrépore colonial des grottes et surplombs, rarement en pleine lumière.
- Cladocora debilis : l'autre cladocore de Méditerranée, plus rare.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son classement dans la flore du site, le cladocore en touffe est un animal : un cnidaire de l’ordre des scléractiniaires, c’est-à-dire un corail dur à squelette calcaire dont les polypes vivent en colonie. Kersting et ses coauteurs le décrivent comme un bâtisseur de récifs propre à la Méditerranée, capable de former des bancs.
La colonie forme un coussin ou une demi-sphère brune, assez terne, qui peut dépasser 50 cm de diamètre. Sa forme varie avec la profondeur, la lumière et le courant. De près, on distingue des centaines de petits tubes calcaires bien séparés, de 4 à 5 mm de diamètre, serrés les uns contre les autres : chacun abrite un polype. Dans chaque tube, des cloisons rayonnent vers le centre ; elles sont de deux tailles en alternance, et une sur deux seulement atteint l’axe central.
Les tentacules restent sortis de jour comme de nuit. Des reflets verdâtres trahissent les zooxanthelles, ces algues microscopiques qui vivent dans les tissus du corail. Une colonie morte montre un squelette blanc nu, vite envahi par les algues.
DORIS cite deux confusions possibles, Hoplangia durotrix et le madrépore coupe (Polycyathus muellerae). Tous deux préfèrent les grottes et les surplombs ombragés, alors que le cladocore recherche la lumière.
Où et quand l’observer en France
En France, l’espèce ne vit qu’en Méditerranée, sur le littoral continental et en Corse. DORIS l’illustre par des colonies photographiées à Marseille, Niolon, Sète, Saint-Raphaël et Galeria, en Haute-Corse, entre 10 et 20 m. Elle n’est signalée ni en Manche ni en Bretagne.
Cherchez-la sur les fonds rocheux bien éclairés et dans les herbiers de posidonie, de quelques mètres jusqu’à 50 m environ selon DORIS. Fixée et présente toute l’année, elle s’observe en toute saison.
Biologie et comportement
Le cladocore se nourrit de deux façons : ses polypes capturent du plancton avec leurs tentacules, et ses zooxanthelles lui fournissent une partie importante de son énergie par photosynthèse. La colonie grandit par bourgeonnement, de nouveaux polypes naissant à la base des anciens.
Sa reproduction sexuée reste mal connue. Aux îles Columbretes, en Espagne, les gonades atteignent leur plein développement en août et la ponte intervient en fin d’été. La larve, planctonique, se fixe ensuite sur la roche pour fonder une nouvelle colonie. Des vers tubicoles s’installent souvent entre les polypes.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critère A4bc), selon une évaluation du 30 mars 2022 que reprend SeaLifeBase. Elle est inscrite à l’annexe II de la CITES. D’après DORIS, elle figure sur l’arrêté du 8 juillet 2025 relatif aux invertébrés marins protégés sur l’ensemble du territoire national.
La première menace est le réchauffement. Aux îles Columbretes, après l’été caniculaire de 2003, la nécrose a touché en moyenne un quart de la surface des colonies suivies et environ 13 % d’entre elles sont mortes entièrement. Des mortalités se sont répétées les étés suivants. Les tissus morts ne se reconstituent pas.
Bien l’observer et la photographier
Un tissu nécrosé ne repousse pas : un coup de palme ou un appui de la main peut donc laisser une cicatrice définitive. Stabilisez-vous au-dessus du sable ou de la roche nue, jamais sur la colonie, et méfiez-vous des herbiers où l’on a tendance à se poser.
En photo, un objectif macro révèle les cloisons rayonnantes et les tentacules ; un grand-angle montre la forme en coussin et son milieu. Le jour suffit, puisque les polypes restent ouverts. En fin d’été, c’est-à-dire au moment où la nécrose apparaît d’ordinaire, photographiez aussi les zones blanches ou nues : notées avec la date et le lieu, ces images documentent l’état de la colonie.