Fiche n° 1146 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail jaune
Leptopsammia pruvoti
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-corail-jaune/
Clé d'identification
- Polype solitaire jaune vif, presque fluorescent ; disque oral parfois orangé, notamment en Manche.
- Environ 96 longs tentacules translucides couverts de petites verrues urticantes, presque invisibles une fois rétractés.
- Squelette calcaire dur en coupe cylindrique ou conique, jusqu'à 17 mm de diamètre et 60 mm de haut, aux septes visibles quand le polype est rentré.
- Polype jusqu'à 30 mm de diamètre, souvent en petits groupes serrés mais sans former de vraie colonie.
- Fixé à l'ombre : plafonds de surplombs, entrées de grottes, fissures et coralligène.
Noms
- Nom usuel
- Corail jaune
- Nom scientifique
- Leptopsammia pruvoti
- Autres noms
- Corail jaune solitaire · Sunset cup coral · Gelbe Nelkenkoralle
- Synonymes
- Leptopsammia microcardia
Distribution géographique
Méditerranée occidentale et Adriatique, Atlantique (Portugal, Bretagne) et Manche jusqu'aux îles Anglo-Normandes et au sud-ouest de l'Angleterre. Présent sur les côtes françaises de Méditerranée, de Corse, d'Atlantique et de Manche.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Espèce sciaphile (fuit la lumière) : sous les surplombs rocheux, à l'entrée des grottes, dans les fissures et sur le coralligène peu éclairé, souvent abondante là où le courant est fort. En Méditerranée, présente dès la surface mais surtout entre 20 et 50 m ; en Atlantique, sous la ceinture de laminaires.
Profondeur : 0 – 70 m
Repères pour le plongeur
Petit corail solitaire jaune vif, le Leptopsammia pruvoti tapisse les plafonds de surplombs et les entrées de grottes de Méditerranée et de Manche. Une lampe révèle sa couleur ; ne le touchez pas, il se rétracte dans son squelette.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Suspensivore et prédateur : capture dans le courant de petites proies, notamment des crustacés, paralysées par ses cellules urticantes. Pas de zooxanthelles : il ne dépend pas de la lumière.
Reproduction
Sexuée, encore mal connue : émission des gamètes de juillet à septembre, larves nageuses qui se fixent près des adultes (environ 6 semaines en aquarium). Maturité rapide, longévité maximale d'environ 13 ans.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (catégorie relevée via GBIF en 2026) ; « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge régionale de Méditerranée, évaluation de 2015. Inscrit à l'annexe II de la CITES depuis 1990 et à l'annexe B du règlement (CE) n° 338/97.
Espèces ressemblantes
- Anémone encroûtante jaune (Parazoanthus axinellae) : coloniale et sans squelette calcaire ; ses polypes sont reliés par une base commune.
- Corail orange (Astroides calycularis) : colonial, polypes toujours orange ; absent des côtes françaises.
- Madrépore bouton d'or (Balanophyllia regia) : plus petit (environ 1 cm), au plus 48 tentacules, vit près de la surface en zone éclairée.
- Corail arborescent jaune (Dendrophyllia cornigera) : nombreux polypes bourgeonnés sur un massif ramifié, profond (100 à 1 000 m), exceptionnel en plongée.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le corail jaune est un animal : un cnidaire de l’ordre des scléractiniaires, les coraux durs, famille des Dendrophylliidae. Contrairement aux coraux tropicaux, il vit seul. Chaque individu est un polype unique, logé dans un petit squelette calcaire très dur, en forme de cylindre ou de cône, qui atteint 17 mm de diamètre et 60 mm de haut selon DORIS. Le polype épanoui peut mesurer 30 mm de diamètre.
Sa couleur est le meilleur critère : un jaune vif, presque fluorescent. Le disque oral tire parfois vers l’orange, ce que DORIS a noté sur des individus de Manche. Il porte environ 96 longs tentacules translucides, couverts de petites verrues qui contiennent les cellules urticantes. Quand le polype se rétracte, les tentacules disparaissent presque entièrement et l’on voit alors les cloisons rayonnantes du squelette, les septes.
Plusieurs espèces jaunes ou orangées peuvent tromper. L’anémone encroûtante jaune (Parazoanthus axinellae) forme des colonies sans squelette calcaire. Le madrépore bouton d’or (Balanophyllia regia) est plus petit, environ 1 cm, et n’a pas plus de 48 tentacules. Le corail orange (Astroides calycularis) vit en colonie et n’existe pas sur les côtes françaises. Enfin, le corail arborescent jaune (Dendrophyllia cornigera) forme des massifs ramifiés, en général entre 100 et 1 000 m de fond.
Où et quand l’observer en France
L’espèce vit en Méditerranée, en Atlantique et en Manche, jusqu’au sud des îles Britanniques. En France, DORIS la signale sur les côtes méditerranéennes et atlantiques. Elle fuit la lumière : on la trouve sous les surplombs rocheux, à l’entrée des grottes, dans les fissures et sur le coralligène peu éclairé. Elle peut être abondante sous les surplombs balayés par un courant fort, où les polypes se serrent en petits groupes.
En Méditerranée, elle apparaît dès la surface dans les zones ombragées, mais surtout entre 20 et 50 m. WoRMS la décrit comme l’un des organismes les plus communs des milieux rocheux semi-fermés. En Atlantique et en Manche, elle s’installe sous la ceinture de laminaires. Fixée et active toute l’année, elle s’observe en toute saison.
Biologie et comportement
Le corail jaune ne contient pas d’algues symbiotiques (zooxanthelles), d’où son indépendance vis-à-vis de la lumière. Il se nourrit en filtrant les particules en suspension et en capturant de petites proies, surtout des crustacés, qu’il paralyse avec ses tentacules. Sa croissance est lente.
Sa reproduction, sexuée, reste mal connue. Les gamètes sont émis de juillet à septembre. Les larves nagent puis se fixent près des adultes, ce qui explique les petits groupes. La longévité maximale est d’environ 13 ans. Plusieurs animaux profitent de son squelette : une petite balane rose (Adna anglica), le phoronidien Phoronis hippocrepia ou le bivalve foreur Hiatella arctica, qui peut l’affaiblir jusqu’à le détacher.
Statut et protection
L’espèce n’est pas évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l’UICN. Elle est classée « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge régionale de Méditerranée, évaluation de 2015. Comme tous les coraux durs, elle est inscrite à l’annexe II de la CITES depuis 1990 et à l’annexe B du règlement européen (CE) n° 338/97 : son commerce est encadré. DORIS ne mentionne pas de protection nationale en France.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez-le au plafond des surplombs et dans les entrées de grottes, là où la lumière baisse. Un phare ou une lampe révèle son jaune, que la profondeur éteint. Approchez lentement et sans toucher : au moindre contact, le polype se rétracte et ne laisse voir que son squelette. Une flottabilité maîtrisée évite de heurter le plafond avec la bouteille et de casser ces squelettes qui poussent lentement. En macro, un éclairage latéral fait ressortir les verrues des tentacules.