Fiche n° 1130 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge encroûtante

Crambe crambe

Europe Méditerranée Corse

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-eponge-encroutante/

Éponge encroûtante (Crambe crambe)
Photo : Hectonichus — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Fine plaque encroûtante, le plus souvent plate, parfois épaisse ou lobée, qui épouse la forme de son support.
  • Couleur orange à rouge orangé vif.
  • Surface assez rugueuse percée de grands oscules.
  • Canaux exhalants en relief qui convergent vers les oscules comme des nervures.
  • Souvent installée sur des coquilles vivantes de spondyles ou d'arches.

Noms

Nom usuel
Éponge encroûtante
Nom scientifique
Crambe crambe
Autres noms
Éponge encroûtante orange-rouge · Éponge du spondyle
Synonymes
Suberites crambe · Hemimycale ambigua · Reniera labyrinthica · Stylinos brevicuspis

Distribution géographique

Méditerranée, où elle est très commune ; aussi observée aux Canaries et à Madère. En France : côtes méditerranéennes continentales et Corse.

Zones : Méditerranée · Corse — Europe

Biotope

Substrats durs de l'infralittoral rocheux, aussi bien éclairés qu'ombragés : roches, surplombs, rhizomes de posidonie, balanes et coquilles vivantes de spondyles et d'arches, de 1 à 60 m.

Profondeur : 1 – 60 m

Repères pour le plongeur

Tache orange-rouge à oscules et nervures saillantes, très commune sur les roches de Méditerranée et de Corse, souvent sur les spondyles. Seul l'examen des spicules la distingue à coup sûr de Spirastrella cunctatrix.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : micro-organismes, bactéries et algues unicellulaires.

Reproduction

Hermaphrodite à fécondation interne. Les embryons sont incubés plusieurs mois ; en Méditerranée occidentale, les larves rouges sont libérées de mi-juillet à mi-août.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) par l'UICN d'après GBIF, consulté le 15 octobre 2026. Espèce très commune en Méditerranée selon DORIS.

Espèces ressemblantes

  • Spirastrella cunctatrix : éponge encroûtante orange-rouge très ressemblante ; ni la couleur ni la texture ne suffisent, seul l'examen des spicules au microscope tranche (DORIS).

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

L’éponge encroûtante orange-rouge n’a rien d’une plante : c’est un animal, une démosponge de la famille des Crambeidae. Elle forme une fine plaque collée à la roche, le plus souvent plate, parfois plus épaisse ou lobée en boule. Sa forme dépend surtout de son support, qu’elle recouvre en épousant ses reliefs. Les taches mesurent de 10 cm² à environ 1 m² d’après DORIS.

Sa couleur va de l’orange au rouge orangé vif. Regardez la surface de près : elle est assez rugueuse et percée de grands oscules, les orifices par lesquels l’eau ressort. Les canaux exhalants qui y mènent dessinent des nervures en relief, en étoile autour de chaque oscule. C’est le meilleur indice sous l’eau.

La confusion principale est Spirastrella cunctatrix, une autre éponge encroûtante orange-rouge. On lit parfois que l’une est lisse et l’autre veloutée, mais DORIS précise que ce critère n’est pas fiable : seul l’examen des spicules au microscope permet de trancher. Sur une photo, restez donc prudent et parlez d’éponge encroûtante orange-rouge plutôt que d’affirmer l’espèce.

Où et quand l’observer en France

DORIS la décrit comme très commune en Méditerranée, entre 1 et 60 m. Les données de GBIF le confirment : la France concentre la plupart des observations mondiales, dont plusieurs milliers en Corse. On la voit sur les roches, sous les surplombs et dans les zones ombragées comme sur des parois plus éclairées. Elle colonise aussi les rhizomes de posidonie, les balanes et les coquilles vivantes de spondyles et d’arches, qu’elle peut envelopper entièrement.

Côté Atlantique, DORIS ne la signale pas. GBIF ne compte qu’une douzaine de mentions non vérifiées en Bretagne et dans la Manche, trop peu pour la considérer comme présente. Elle reste visible toute l’année, car elle ne se déplace pas.

Biologie et comportement

Comme toutes les éponges, elle filtre l’eau et retient micro-organismes, bactéries et algues unicellulaires. Elle est hermaphrodite et la fécondation est interne. Les embryons sont incubés plusieurs mois dans ses tissus. En Méditerranée occidentale, les larves rouges sont libérées de mi-juillet à mi-août, selon les travaux cités dans l’article qui publie son génome. Une fois fixées, ces larves deviennent de jeunes éponges à distance régulière des adultes, d’après DORIS.

L’espèce produit des alcaloïdes guanidiniques, les crambescines et les crambescidines. Les chercheurs pensent qu’ils forment un bouclier chimique et l’aident à s’imposer face aux autres organismes fixés. DORIS indique qu’elle peut être toxique pour certains animaux qui la mangent. Elle abrite aussi d’autres espèces : le ver tubicole Eupolymnia nebulosa s’y cache parfois, et de jeunes ophiures de 1 à 2 mm se regroupent près des oscules.

Statut et protection

L’éponge encroûtante orange-rouge n’a jamais été évaluée par l’UICN (catégorie NE d’après GBIF, consulté le 15 octobre 2026). Aucune menace particulière n’est décrite par nos sources. DORIS a toutefois photographié des colonies avec des taches blanchâtres de tissu mort, sans doute liées à une eau à 28 °C ou plus.

Bien l’observer et la photographier

Cherchez-la sur les roches et sous les surplombs, mais aussi sur les grandes coquilles de spondyles : c’est là qu’elle a gagné son autre nom. Une lampe fait ressortir son rouge, qui paraît terne à la lumière naturelle dès quelques mètres. Pour une photo utile à l’identification, faites un cadrage serré sur un oscule et ses nervures, puis une vue d’ensemble de la tache et de son support. Profitez-en pour chercher les petites ophiures près des oscules.

Ne la touchez pas et ne la grattez pas : ses tissus sont fins et collés au support. Ne déplacez jamais un spondyle qu’elle recouvre, car le coquillage est vivant. Stabilisez-vous loin de la paroi pour ne pas l’écraser de vos palmes.

Sources