Fiche n° 1149 · Flore · Algues & plantes

Algue rouge

Phyllophora crispa

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-algue-rouge/

Algue rouge (Phyllophora crispa)
Photo : Bernard Picton — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Touffe dressée de 15 cm de haut au plus, rouge vif à rouge sombre, parfois teintée de jaune.
  • Frondes plates, fermes et cartilagineuses, ramifiées par dichotomie (en Y successifs).
  • Segments à bords parallèles et frisés, terminés par des extrémités arrondies.
  • Stipe cylindrique très court (moins de 1 cm) sur un petit disque de fixation.
  • Nervure médiane peu distincte ; frondes souvent couvertes d'épiphytes (spirorbes, bryozoaires, corallines).

Noms

Nom usuel
Algue rouge
Nom scientifique
Phyllophora crispa
Autres noms
Algue rouge à frisottis
Synonymes
Fucus crispus · Phyllophora nervosa · Phyllophora bangii · Rhodymenia bangii

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est (de l'Islande et de la Norvège au Portugal), Manche, mer du Nord, Méditerranée et mer Noire. En France : Bretagne, Normandie, côte méditerranéenne continentale et Corse.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Sur la roche. En Atlantique et en Manche : cuvettes ombragées du bas de l'estran et roches subtidales. En Méditerranée, espèce plutôt profonde, surtout au-delà de 20 m, où elle peut former des tapis denses.

Profondeur : 0 – 40 m

Repères pour le plongeur

Petite algue rouge en touffe aux frondes plates et frisées, sur la roche : cuvettes du bas de l'estran en Bretagne et en Manche, plutôt au-delà de 20 m en Méditerranée. Ne l'arrachez pas, elle abrite une petite faune fixée.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Algue photosynthétique fixée sur la roche.

Reproduction

Sexes séparés sur des pieds différents. Cystocarpes portés par de courts pédoncules à la surface du thalle ; tétraspores disposées en rangées, sur de petites lames insérées sur le stipe.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (catégorie NE relevée sur GBIF le 15 octobre 2026). Les sources consultées ne lui attribuent aucun statut de protection en France.

Espèces ressemblantes

  • Phyllophore à fausses cornes (Phyllophora pseudoceranoides) : lames rouges à brunes également ramifiées en Y, mais portées par un long stipe cylindrique et rigide, alors que celui de Phyllophora crispa ne dépasse pas 1 cm.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

Derrière ce nom générique d’« algue rouge » se cache une espèce précise, Phyllophora crispa, que DORIS propose d’appeler « algue rouge à frisottis ». C’est une algue rouge charnue (Rhodophytes, famille des Phyllophoracées) qui forme une touffe dressée de 15 cm de haut au plus.

Sa base est un petit disque de fixation, prolongé par un stipe cylindrique très court, de moins d’un centimètre. Viennent ensuite des frondes plates, fermes et cartilagineuses, qui se divisent en Y successifs. Chaque segment a des bords parallèles, frisés, et se termine par une extrémité arrondie. La nervure médiane reste peu visible. La couleur va du rouge vif au rouge sombre, avec parfois des reflets jaunâtres sur les photos publiées par DORIS. Sous l’eau, les frondes paraissent souvent ternes, car elles portent beaucoup d’épiphytes : petits vers tubicoles enroulés (spirorbes), bryozoaires, algues calcaires.

La confusion la plus probable est avec le phyllophore à fausses cornes (Phyllophora pseudoceranoides), dont les lames sont semblables mais portées par un long stipe cylindrique et rigide. Le stipe court de P. crispa est donc le premier critère à vérifier.

Où et quand l’observer en France

L’espèce est présente sur toute la façade atlantique nord-est, de l’Islande au Portugal, ainsi qu’en Méditerranée et en mer Noire. Les données GBIF pour la France proviennent surtout de Bretagne, puis de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Normandie, avec quelques mentions en Corse, en Occitanie et en Vendée.

En Bretagne et en Manche, on la trouve dès le bas de l’estran, dans les cuvettes ombragées, puis sur les roches subtidales. En Méditerranée, DORIS la décrit comme une espèce profonde. Ses photos ont été prises à 20 m sur la Pierre à la Bague, près du Planier (Marseille), et à 40 m dans le golfe d’Ajaccio. C’est une algue vivace : elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Comme toute algue rouge, elle vit de la photosynthèse. Les sexes sont séparés, sur des pieds différents. Les organes reproducteurs se forment à la surface du thalle.

En Méditerranée, elle peut former des tapis denses sur la roche, surtout au-delà de 20 m. Une étude menée en 2019 sur l’île du Giglio (Toscane), entre 28 et 30 m, a montré que ces tapis réduisent de 41 % le mouvement de l’eau et de 69 % la lumière qui atteint le fond. Un autre travail, cité par cette étude, y a recensé 99 taxons d’invertébrés non coloniaux, surtout des vers polychètes, des mollusques et des crustacés. En mer Noire, les champs de Phyllophora couvriraient jusqu’à 10 000 km² et abriteraient plus de 100 espèces d’invertébrés et 40 espèces de poissons.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN : GBIF affiche la catégorie « non évaluée » (NE), relevée le 15 octobre 2026. Les sources consultées ne lui attribuent aucun statut de protection réglementaire en France. Sa fiche DORIS reste au stade de proposition, sans texte rédigé.

Bien l’observer et la photographier

Fouillez les tapis et les touffes rouges posés sur la roche plutôt que les parois verticales nues. Pour confirmer l’identification, écartez doucement une touffe du bout d’un doigt sans l’arracher, afin de voir le stipe : court chez P. crispa, long chez son cousin. Une lampe ou un flash rendent sa vraie couleur rouge, que l’eau éteint dès quelques mètres. Pour la photo, une vue rapprochée des bords frisés et des extrémités arrondies sera plus utile qu’un plan large. Gardez une flottabilité stable au-dessus des tapis : les remuer soulève le sédiment et dérange la petite faune qui s’y abrite.

Sources