Fiche n° 1145 · Flore · Éponges & tuniciers
Spongiaire
Haliclona (Halichoclona) fulva
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-spongiaire/
Clé d'identification
- Éponge revêtante en coussinets aux bords arrondis, parfaitement collée à la roche.
- Épaisseur faible, de 3 à 15 mm le plus souvent.
- Couleur uniforme, de fauve à rouge orangé.
- Oscules ronds de 2 à 4 mm, au sommet de petites bosses, parfois surélevés.
- Surface irrégulière, légèrement hispide ; consistance ferme mais friable.
- Toujours à l'ombre : grottes semi-obscures, surplombs, anfractuosités du coralligène.
Noms
- Nom usuel
- Spongiaire
- Nom scientifique
- Haliclona (Halichoclona) fulva
- Autres noms
- Haliclone orange · Haliclone revêtante fauve · Orange encrusting sponge
- Synonymes
- Reniera fulva · Haliclona fulva
Distribution géographique
Toute la Méditerranée et Atlantique proche : Afrique occidentale, Macaronésie (Canaries, Madère, Açores) et golfe de Guinée. En France, surtout sur la côte méditerranéenne (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pyrénées-Orientales, Corse).
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Espèce nettement sciaphile, de 10 à 50 m, dans les grottes semi-obscures, sous les surplombs et dans les anfractuosités ; bien représentée dans le coralligène.
Profondeur : 10 – 50 m
Repères pour le plongeur
Petite éponge orange en coussinets des grottes et surplombs méditerranéens, de 10 à 50 m. Regardez-la à la lampe sans la toucher ni frôler le plafond avec la bouteille.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Filtreuse microphage et suspensivore : retient les particules de moins de 2 µm (bactéries, algues unicellulaires, débris organiques). Selon DORIS, 10 cm³ d'éponge filtrent environ 22,5 litres d'eau par jour.
Reproduction
Hermaphrodite et vivipare : larve ciliée de type parenchymella, émission de gamètes rarement observée. Reproduction asexuée par bourgeonnement ou par fragments qui se refixent.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN selon GBIF (consulté en 2026). DORIS ne signale ni protection ni réglementation particulière. Sensible au piétinement des palmes et aux frottements dans les grottes.
Espèces ressemblantes
- Éponge encroûtante orange-rouge (Crambe crambe) : plaques minces plus étendues, canaux exhalants visibles en veines à la surface ; espèce photophile, souvent en milieu éclairé.
- Haliclona cratera : produit beaucoup de mucus hors de l'eau, contrairement à H. fulva ; la distinction sûre se fait au microscope (strongyles et non oxes).
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Éponges & tuniciers
Identification
Malgré son classement dans la flore du site, l’haliclone orange est un animal : une éponge (embranchement des spongiaires, classe des démosponges, famille des Chalinidae). Son nom valide pour WoRMS est Haliclona (Halichoclona) fulva ; elle a été décrite par Topsent en 1893 sous le nom de Reniera fulva. Le mot latin fulva signifie « fauve, jaunâtre ».
C’est une éponge revêtante. Elle forme des coussinets aux bords arrondis, minces, de 3 à 15 mm d’épaisseur le plus souvent, qui épousent parfaitement la roche. Sa couleur est uniforme, du fauve au rouge orangé. La surface est irrégulière et légèrement hérissée. Des oscules ronds de 2 à 4 mm, les orifices par lesquels l’eau ressort, s’ouvrent au sommet de petites bosses. Au toucher, sa consistance est ferme mais friable, mais vous n’avez aucune raison de la toucher.
Deux confusions sont fréquentes. Haliclona cratera lui ressemble, mais elle libère beaucoup de mucus hors de l’eau et ses spicules diffèrent : seul un examen au microscope tranche. L’éponge encroûtante orange-rouge (Crambe crambe) forme des plaques minces pouvant couvrir près d’un mètre carré, avec des canaux exhalants visibles comme des veines. Elle vit surtout en milieu plus éclairé.
Où et quand l’observer en France
DORIS décrit une espèce présente dans toute la Méditerranée et dans l’Atlantique proche : Afrique de l’Ouest, Canaries, Madère, Açores, golfe de Guinée. En France, les observations recensées par GBIF se concentrent sur la côte méditerranéenne, surtout en Provence-Alpes-Côte d’Azur, puis dans les Pyrénées-Orientales, les Bouches-du-Rhône et en Corse. DORIS ne la mentionne ni en Manche ni sur les côtes bretonnes.
Elle fuit la lumière. Cherchez-la de 10 à 50 m, dans les grottes semi-obscures, sous les surplombs et au fond des failles. Elle est bien représentée dans le coralligène, ce paysage de concrétions où vivent aussi gorgones et corail rouge. Comme toute éponge fixée, elle est visible toute l’année.
Biologie et comportement
L’haliclone orange filtre l’eau en continu. Elle l’aspire par des pores de 50 à 150 µm et en retient les particules de moins de 2 µm : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques. DORIS estime qu’un volume de 10 cm³ d’éponge filtre environ 22,5 litres d’eau par jour.
Elle est hermaphrodite et vivipare. Elle libère une larve ciliée, la parenchymella, qui nage avant de se fixer, mais l’émission de gamètes est rarement observée. Elle se multiplie aussi par bourgeonnement ou par fragments qui se refixent plus loin. En Corse, dans le golfe d’Ajaccio, une doris dalmatienne (Peltodoris atromaculata) a été photographiée sur elle en juillet 2012. Rien ne prouve que ce nudibranche la mange.
Statut et protection
Selon GBIF, l’espèce n’a pas été évaluée (NE) par la liste rouge mondiale de l’UICN. DORIS ne signale aucune protection ni réglementation qui la concerne. Son milieu est pourtant fragile : dans une grotte, un coup de palme ou une bouteille qui frotte le plafond suffit à arracher ces revêtements de quelques millimètres.
Bien l’observer et la photographier
Prenez une lampe : sans éclairage, ce rouge orangé paraît brun dans la pénombre. Avancez lentement, en flottabilité parfaite, et palmez en grenouille pour ne pas soulever le sédiment. Gardez la bouteille et la robinetterie à distance du plafond.
En photo, la macro rend bien les oscules sur leurs petites bosses. Un flash latéral fait ressortir le relief de la surface. Ne grattez pas la roche pour dégager un individu, et ne cherchez pas l’espèce en arrachant un fragment : son identification sûre demande un microscope.