Fiche n° 1131 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge orange

Axinella polypoides

Europe Méditerranée Bretagne Corse Manche

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-eponge-orange/

Éponge orange (Axinella polypoides)
Photo : Roberto Strafella — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Éponge arbustive dressée, de 60 cm et jusqu'à 1 m, faite d'axes cylindriques ramifiés.
  • Couleur jaune à orangée, parfois presque rouge.
  • Oscules très petits, disposés en cercle ou en étoile le long des branches.
  • Surface légèrement rugueuse mais sans bosses ni crêtes.
  • Port variable, modelé par l'agitation de l'eau et les courants.
  • Souvent colonisée par l'anémone encroûtante jaune Parazoanthus axinellae.

Noms

Nom usuel
Éponge orange
Nom scientifique
Axinella polypoides
Autres noms
Axinelle commune · Axinelle · Éponge corne de cerf

Distribution géographique

Surtout en Méditerranée, plus rare dans l'Atlantique Nord-Est. En France : Méditerranée continentale et Corse, et observations en Bretagne (Finistère, Morbihan, Côtes-d'Armor) et dans la Manche (Cotentin) d'après les données GBIF.

Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe

Biotope

Espèce sciaphile (qui fuit la lumière) des roches plus ou moins envasées, sous les surplombs dès 10 à 15 m et jusqu'à environ 100 m.

Profondeur : 10 – 100 m

Repères pour le plongeur

Grande éponge arbustive jaune-orangé des roches ombragées, souvent couverte de petites anémones jaunes. Protégée en France : ne la touchez pas et contrôlez vos palmes.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreuse : les choanocytes créent un courant d'eau qui apporte plancton (notamment des dinoflagellés) et particules organiques ; digestion intracellulaire.

Reproduction

Hermaphrodite et ovipare : émission de gamètes, larves ciliées qui se fixent sur le fond. Reproduction asexuée par bourgeons donnant des clones ; régénération possible à partir de cellules dissociées.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE, selon GBIF consulté en 2026). Inscrite à l'annexe II de la Convention de Barcelone et aux annexes I et II de la Convention de Berne ; protégée en France (décret du 7 juillet 1999, arrêté du 8 juillet 2025 sur les invertébrés marins protégés, selon DORIS).

Espèces ressemblantes

  • Axinelle verruqueuse (Axinella verrucosa) : surface veloutée, ramifications plus nombreuses, oscules sans disposition en étoile ou en cercle ; souvent en grotte.
  • Axinella cannabina : plus petite et très ramifiée, aspect accidenté avec crêtes et protubérances ; non signalée en France à ce jour selon DORIS.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

Malgré son classement parmi la « flore » du site, l’éponge orange est un animal : une éponge (embranchement des Porifera, classe des Démosponges, famille des Axinellidae). DORIS la nomme axinelle commune, et on l’appelle aussi éponge corne de cerf. C’est une éponge arbustive, dressée sur la roche, qui mesure couramment 60 cm et peut atteindre 1 m.

Ses axes sont cylindriques et ramifiés. Sa couleur va du jaune à l’orangé, parfois presque rouge. La surface est légèrement rugueuse mais ne porte ni bosses ni crêtes. Le critère le plus utile se voit de près : les oscules, ces orifices par lesquels l’eau ressort, sont minuscules et disposés en cercle ou en étoile. C’est cette ressemblance avec des polypes qui a donné le nom d’espèce, polypoides. Le port de l’éponge change d’un individu à l’autre, car il est modelé par l’agitation de l’eau et les courants.

Deux axinelles prêtent à confusion. L’axinelle verruqueuse (Axinella verrucosa) a une surface veloutée, davantage de ramifications et des oscules qui ne forment ni étoile ni cercle ; on la trouve souvent en grotte. Axinella cannabina, plus petite, très ramifiée et hérissée de crêtes, n’est pas signalée en France à ce jour. DORIS précise que l’examen des spicules au microscope est souvent nécessaire pour trancher.

Où et quand l’observer en France

L’espèce vit surtout en Méditerranée et se fait plus rare dans l’Atlantique Nord-Est. Les données d’occurrence rassemblées par GBIF la montrent en Corse (Haute-Corse et Corse-du-Sud), mais aussi en Bretagne (Finistère, Morbihan, Côtes-d’Armor) et dans la Manche, au large du Cotentin.

C’est une espèce sciaphile : elle évite la lumière. Cherchez-la sur les roches plus ou moins envasées, sous les surplombs, à partir de 10 à 15 m. Elle descend jusqu’à environ 100 m. Fixée et pérenne, elle s’observe en toute saison.

Biologie et comportement

Comme toutes les éponges, l’axinelle filtre l’eau. Des cellules munies d’un flagelle, les choanocytes, créent un courant qui traverse l’animal et lui apporte du plancton, notamment des dinoflagellés, et des particules organiques. La digestion se fait à l’intérieur des cellules, et l’eau chargée de déchets ressort par les oscules. Son squelette associe des spicules siliceux et du collagène.

L’espèce est hermaphrodite et ovipare. Elle libère des gamètes, et les larves ciliées nagent avant de se fixer sur le fond. Elle se multiplie aussi par bourgeons, qui donnent des clones, et peut se régénérer à partir de cellules dissociées.

Ses branches sont souvent tapissées de petites anémones encroûtantes jaunes, Parazoanthus axinellae. DORIS qualifie cette relation de carpose : elle n’est ni bénéfique ni nuisible pour l’éponge, et elle n’est pas obligatoire.

Statut et protection

L’UICN n’a pas évalué l’espèce (catégorie NE selon GBIF, consulté en 2026). Elle est en revanche inscrite à l’annexe II de la Convention de Barcelone et aux annexes I et II de la Convention de Berne. En France, elle est protégée par le décret du 7 juillet 1999 et figure dans l’arrêté du 8 juillet 2025 sur les invertébrés marins protégés, selon DORIS. La prélever ou l’abîmer est donc interdit.

Bien l’observer et la photographier

Sous un surplomb, l’axinelle est souvent à hauteur de palmes : stabilisez-vous avant d’approcher et ne vous agrippez pas à la roche autour d’elle. Un coup de palme ou un bloc de plomb peut briser une branche dressée.

En photo, la couleur orangée ne ressort qu’à l’éclairage artificiel, car l’eau absorbe le rouge en profondeur. Un cadrage en contre-plongée, avec l’ouverture d’un surplomb en arrière-plan, met en valeur sa silhouette ramifiée. Pour l’identification, faites aussi un gros plan sur les oscules en étoile, et sur les petites anémones jaunes si elles sont présentes.

Sources