Fiche n° 1148 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Hydraire
Eudendrium spp.
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-flore-hydraire/
Clé d'identification
- Petite colonie dressée en arbuste, ramifiée de façon irrégulière et fine, de 15 à 25 cm selon l'espèce.
- Tiges et bases des branches épaissies, faites de plusieurs tubes accolés ; seules les extrémités sont formées d'un tube unique.
- Polypes (hydranthes) nus en forme de vase, portés au bout de courts pédoncules, sans coupe protectrice.
- Une seule couronne de 15 à 34 tentacules selon l'espèce, autour d'une bouche saillante en trompette.
- Gonophores femelles en grappes irrégulières, gonophores mâles en chapelets de petites sphères.
- Souvent à l'entrée des grottes et sous les surplombs, fréquemment couvert de nudibranches éolidiens.
Noms
- Nom usuel
- Hydraire
- Nom scientifique
- Eudendrium spp.
- Autres noms
- Hydraire dendriforme · Eudendriums de Méditerranée
Distribution géographique
Genre cosmopolite. Sur les côtes françaises : Méditerranée continentale et Corse, Atlantique (Bretagne) et Manche (Normandie), d'après DORIS et les occurrences GBIF.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Fixé sur la roche, les galets, les coquilles et le coralligène, surtout à l'entrée des grottes et sous les surplombs, en général entre 5 et 30 m ; E. racemosum peut pousser juste sous la surface.
Profondeur : 0 – 30 m
Repères pour le plongeur
Petit arbuste de 15 à 25 cm aux polypes en forme de vase, fréquent à l'entrée des grottes et sous les surplombs, en Méditerranée comme en Atlantique. Inspectez ses branches : c'est le garde-manger de la flabelline mauve et de l'hervia.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : les polypes capturent le zooplancton avec leurs tentacules urticants ; la digestion se fait dans une cavité gastrique commune à toute la colonie.
Reproduction
Sexuée, par des gonophores portés sur les polypes. La fécondation donne une larve planula libre qui se fixe, forme un polype primaire, puis bourgeonne une nouvelle colonie.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évalué (NE) par l'UICN : GBIF ne renvoie aucune évaluation pour E. racemosum (consulté en 2026). Le genre n'est pas protégé en France. Les colonies nourrissent plusieurs nudibranches : ne les arrachez pas.
Espèces ressemblantes
- Autres espèces d'Eudendrium (E. racemosum, E. ramosum, E. glomeratum) : impossibles à séparer en plongée, seul l'examen des gonophores et des cellules urticantes au microscope permet de trancher.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son rangement parmi la « flore » du site, l’hydraire n’est pas une algue : c’est un animal. Les Eudendrium sont des cnidaires de la classe des hydrozoaires, famille des Eudendriidae, et appartiennent au même embranchement que les méduses et les gorgones. Ce que l’on voit est une colonie de minuscules polypes reliés entre eux.
En plongée, la colonie ressemble à un petit arbuste dressé, ramifié de façon irrégulière, de 15 à 25 cm de haut selon l’espèce. Les tiges et la base des branches sont épaisses, car faites de plusieurs tubes accolés, alors que les extrémités sont fines. Le squelette (périsarc) gaine les tiges mais pas les polypes. Ceux-ci, nus, ont une forme de vase et portent une seule couronne de 15 à 34 tentacules autour d’une bouche saillante en trompette.
Au moins six espèces visibles à l’œil nu vivent en Méditerranée française, dont E. racemosum, E. ramosum et E. glomeratum. DORIS est catégorique : elles sont très difficiles à distinguer. La forme de la colonie varie avec l’âge et le milieu, et seul l’examen au microscope des organes reproducteurs et des cellules urticantes permet de nommer l’espèce. C’est pourquoi la fiche reste au niveau du genre.
Où et quand l’observer en France
Les hydraires dendriformes se fixent sur la roche, les galets, les coquilles et le coralligène. DORIS les signale surtout à l’entrée des grottes et sous les surplombs, en général entre 5 et 30 m, et certaines références les citent jusqu’à 200 m. E. racemosum peut aussi pousser juste sous la surface.
Le genre est cosmopolite. Les occurrences publiées sur GBIF pour la France couvrent la Méditerranée continentale (Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, Pyrénées-Orientales), la Corse, la Bretagne et la Normandie. Vous pouvez donc en croiser aussi bien en Provence qu’en Manche.
On en voit toute l’année, mais pas toujours les mêmes espèces. E. racemosum est fertile de mars à décembre et disparaît en plein hiver. E. ramosum, à l’inverse, est plus abondant d’octobre à mars.
Biologie et comportement
Chaque polype est un petit prédateur. Il capture le zooplancton avec ses tentacules urticants. La proie est digérée dans une cavité gastrique commune à toute la colonie, si bien qu’un polype nourrit ses voisins.
La reproduction passe par des gonophores : en grappes irrégulières chez les femelles, en chapelets de petites sphères chez les mâles. Chez certaines espèces, ils se forment sur les polypes nourriciers, qui dégénèrent ensuite. L’œuf fécondé donne une larve planula libre, qui se fixe, devient un polype primaire et bourgeonne une nouvelle colonie.
L’hydraire est surtout la principale nourriture de plusieurs nudibranches éolidiens : l’hervia (Cratena peregrina), la flabelline mauve (Flabellina affinis) et la coryphelle mauve. La larve de l’hervia dérive dans le courant jusqu’à trouver un Eudendrium. Les tiges se couvrent parfois aussi de minuscules moules.
Statut et protection
Le genre n’a pas d’évaluation UICN : GBIF renvoie la catégorie « non évalué » (NE) pour E. racemosum. Les Eudendrium ne figurent pas parmi les espèces protégées en France, et DORIS ne mentionne aucune réglementation. Leur intérêt tient surtout aux nudibranches qu’ils font vivre.
Bien l’observer et la photographier
Cherchez les petits arbustes ramifiés sur les bords des grottes et des surplombs, une lampe à la main. Approchez lentement et examinez les branches une à une : c’est là que se nourrissent la flabelline mauve et l’hervia. Trouver un Eudendrium, c’est donc avoir une bonne chance de photographier ces nudibranches.
Pour la photo, un objectif macro s’impose, car les polypes sont minuscules à l’échelle d’une colonie de 20 cm. Placez-vous de côté pour détacher la couronne de tentacules sur l’eau libre de l’entrée de grotte, et éclairez de biais pour faire ressortir le profil en vase des polypes. Ne vous agrippez pas à la roche qui la porte, ne soulevez pas de sédiment avec vos palmes et n’arrachez jamais une branche pour l’examiner.