Fiche n° 1258 · Faune · Poissons

Barracuda

Sphyraena barracuda

Amérique Caraïbes Guadeloupe Réserve Cousteau

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-barracuda/

Barracuda (Sphyraena barracuda)
Photo : Nicholas Lindell Reynolds — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps fusiforme gris argenté, ventre plus clair, le plus souvent 1 à 1,40 m.
  • Tête fine et pointue, mâchoire inférieure plus longue que la supérieure, bouche souvent entrouverte sur de grandes canines.
  • Taches noires irrégulières sur les flancs, plus nombreuses vers la queue, et une vingtaine de marques obliques sombres.
  • Deux dorsales très écartées : la première petite et triangulaire, la seconde placée très en arrière, face à l'anale.
  • Caudale échancrée aux lobes noirs terminés de blanc.
  • Adulte solitaire, souvent immobile en pleine eau près du récif.

Noms

Nom usuel
Barracuda
Nom scientifique
Sphyraena barracuda
Autres noms
Grand barracuda · Bécune · Brochet de mer · Great barracuda
Synonymes
Esox barracuda · Sphyraena picuda · Sphyraena becuna · Sphyraena commersonii · Sphyraena dussumieri

Distribution géographique

Mers tropicales du monde entier, sauf le Pacifique est : Atlantique ouest du Massachusetts au Brésil, Atlantique est africain, Indo-Pacifique. En Guadeloupe, le Parc national le cite parmi les poissons des îlets Pigeon, et DORIS publie des photos prises dans l'archipel.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique

Biotope

Espèce côtière de pleine eau, de la surface à 30 m en général, parfois jusqu'à 100 m : récifs, pentes externes, lagons, herbiers, fonds rocheux ou sableux. Les jeunes vivent en bancs dans les mangroves et les estuaires.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Grand poisson argenté qui stationne en pleine eau près du récif et observe les plongeurs sans bouger. Impressionnant mais rarement dangereux : ne le nourrissez pas. En Guadeloupe, il figure sur la liste des poissons dont la pêche et la vente sont interdites ou restreintes pour risque de ciguatera.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore : surtout des poissons et des céphalopodes, parfois des crevettes. Chasse à l'affût, avec une accélération brutale qui peut atteindre 60 km/h selon DORIS.

Reproduction

Sexes séparés, fécondation en pleine eau en été. Larves pélagiques ; les jeunes vivent en bancs, camouflés dans la végétation des mangroves, jusqu'à environ 30 cm. Les adultes sont solitaires (DORIS).

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 29 janvier 2013 selon FishBase. Aucun statut de protection. En Guadeloupe, il figure sur la liste des poissons dont la pêche et la vente sont interdites ou restreintes au titre du risque de ciguatera (en tous lieux, au nord du 16,5° parallèle ou au-delà de 1 kg selon les espèces ; arrêté préfectoral n° 2002-1249, affiche ARS Guadeloupe).

Espèces ressemblantes

  • Autres barracudas : la plupart vivent en bancs et mesurent moins de 80 cm. Le grand barracuda se reconnaît à sa grande taille, à sa vie solitaire et à ses taches noires irrégulières (DORIS).
  • Sphyraena guachancho, autre grand barracuda de l'Atlantique tropical : corps gris sans barres sombres, avec une ligne jaune le long des flancs.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le grand barracuda a un corps long et fuselé, gris argenté, plus clair sur le ventre. Les individus que l’on croise mesurent le plus souvent entre 1 m et 1,40 m, mais l’espèce peut atteindre 2 m. Les flancs portent une vingtaine de marques obliques sombres et des taches noires irrégulières, plus nombreuses vers la queue.

La tête est fine et pointue, avec une mâchoire inférieure plus longue que la supérieure. La bouche, souvent entrouverte, laisse voir de grandes canines : c’est ce qui lui donne cet air menaçant. Les deux nageoires dorsales sont très écartées ; la seconde est placée très en arrière, face à l’anale. La queue, échancrée, a des lobes noirs terminés de blanc.

Il existe environ 27 espèces de barracudas, mais la plupart vivent en bancs et restent sous 80 cm. Le grand barracuda se reconnaît à sa taille, à ses taches noires et au fait qu’il est presque toujours seul.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans toutes les mers tropicales, sauf le Pacifique est. En Guadeloupe, le Parc national le cite parmi les poissons des îlets Pigeon, dans la Réserve Cousteau, où un site de plongée porte d’ailleurs le nom de Pointe Barracuda. DORIS publie aussi des photos prises dans l’archipel.

Cherchez-le en pleine eau, de la surface à une trentaine de mètres, au-dessus du récif, des pentes externes ou des herbiers. Les jeunes vivent en petits bancs dans les mangroves. Il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Le barracuda est un chasseur à l’affût. Il reste immobile, puis bondit d’un coup sur sa proie, en atteignant jusqu’à 60 km/h selon DORIS. Il mange surtout des poissons et des céphalopodes.

L’adulte est solitaire et plutôt sédentaire, mais certains gros individus parcourent une dizaine de kilomètres dans la journée. Il est curieux : il n’est pas rare qu’un barracuda suive un plongeur, notamment de nuit. La fécondation a lieu en pleine eau, en été. Les jeunes grandissent cachés dans la végétation des mangroves jusqu’à environ 30 cm.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 29 janvier 2013 selon FishBase. Elle n’a pas de statut de protection.

Aux Antilles, le barracuda est surtout connu pour la ciguatera, une intoxication alimentaire due à des toxines accumulées dans la chair de certains poissons de récif. FishBase le signale comme ciguatérique dans une grande partie de son aire. En Guadeloupe, l’arrêté préfectoral n° 2002-1249 restreint la pêche et la vente de plusieurs espèces à risque, et le barracuda figure sur l’affiche correspondante de l’ARS.

Bien l’observer et la photographier

Le barracuda impressionne, mais ses attaques sont exceptionnelles. Selon DORIS, les rares morsures concernent surtout des chasseurs sous-marins portant leurs prises à la ceinture, ou des personnes marchant dans très peu d’eau. Ne le nourrissez pas et ne cherchez pas à le toucher. Approchez lentement, avec une bonne flottabilité : curieux, il vous laissera souvent venir assez près. Pour la photo, visez le profil, avec la mâchoire et les dents bien éclairées.

Sources