Fiche n° 1266 · Faune · Poissons
Gorette jaune
Haemulon flavolineatum
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-gorette-jaune/
Clé d'identification
- Corps oblong, un peu comprimé, de 15 à 17 cm en moyenne, fond blanc argenté.
- Au-dessus de la ligne latérale, trois rayures jaune vif horizontales de la tête à la queue.
- Sous la ligne latérale, rayures jaunes obliques et grandes écailles rangées en diagonale.
- Toutes les nageoires jaunes, caudale légèrement fourchue ; intérieur de la bouche rouge.
- Juvénile argenté, allongé, à deux longues rayures sombres, une courte rayure au-dessus de l'œil et une tache sur le pédoncule caudal.
Noms
- Nom usuel
- Gorette jaune
- Nom scientifique
- Haemulon flavolineatum
- Autres noms
- Gorette · Grogneur français · Scie · French grunt · Yellow grunt · Ronco amarillo
- Synonymes
- Diabasis flavolineatus
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical : Bermudes, Caroline du Sud et golfe du Mexique jusqu'aux Grandes et Petites Antilles et à l'Amérique centrale ; FishBase va jusqu'au Brésil, mais selon l'UICN citée par DORIS l'aire s'arrêterait à Trinité-et-Tobago. DORIS publie des photos prises à Port-Louis et note que le nom « gorette » est employé en Guadeloupe ; GBIF recense plus de trois cents observations en Guadeloupe.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique
Biotope
Récifs rocheux et coralliens, de la surface à 60 m. Le jour, en bancs parfois de plusieurs milliers d'individus sous les surplombs ou près du corail corne d'élan ; la nuit, chasse en solitaire dans les herbiers et sur le sable. Juvéniles abondants dans les herbiers côtiers et les mangroves.
Profondeur : 0 – 60 m
Repères pour le plongeur
Petit poisson jaune rayé qui se tient le jour en bancs serrés sous les surplombs du récif. Approchez doucement à hauteur du banc : il reste en place et se laisse photographier.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore nocturne : petits crustacés surtout, mais aussi mollusques et vers marins, chassés dans les herbiers et sur les fonds sableux. Les juvéniles de moins de 3 à 5 cm mangent du plancton.
Reproduction
Sexes séparés, fécondation en pleine eau, de préférence dans les herbiers ou la mangrove. Larves pélagiques environ deux semaines, puis installation dans les herbiers ou sur le sable ; moins d'un mois plus tard, les juvéniles gagnent le récif (DORIS).
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 10 octobre 2015 selon FishBase. Peu pêchée car souvent ciguatoxique selon DORIS ; la protection des herbiers, des mangroves et des récifs, ses trois habitats, reste essentielle.
Espèces ressemblantes
- Gorette blanche (Haemulon plumierii) : nageoires jaunes aussi, mais rayures bleues sur la tête et fines lignes jaunes sur le corps.
- Gorette bleue (Haemulon sciurus) : rayures bleues horizontales, caudale et dorsale molle gris foncé.
- Gorette dorée (Haemulon aurolineatum) et gorette Ti-bouch (Haemulon chrysargyreum) : corps plus cylindrique à fines rayures jaunes toutes horizontales. Les juvéniles de gorette dorée et de gorette jaune ne se distinguent que par la disposition des écailles.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
La gorette jaune est un poisson oblong, un peu aplati, de 15 à 17 cm en moyenne et 30 cm au maximum. Son fond blanc argenté est couvert de rayures jaunes. Au-dessus de la ligne latérale, trois rayures jaune vif courent à l’horizontale de la tête à la queue. En dessous, les rayures deviennent obliques. Toutes les nageoires sont jaunes et la queue est légèrement fourchue. L’œil est souvent cerclé de bleu et l’intérieur de la bouche est rouge.
Le critère qui la distingue de toutes les autres gorettes est difficile à voir en plongée : sous la ligne latérale, ses écailles sont plus grandes qu’au-dessus et rangées en diagonale. En pratique, on la reconnaît à ses rayures jaunes obliques sur le bas du corps et à ses nageoires toutes jaunes.
Le juvénile est argenté et allongé. Il porte deux longues rayures sombres, une courte rayure au-dessus de l’œil et une tache noire sur le pédoncule caudal. Il ressemble beaucoup au juvénile de gorette dorée, dont seules les écailles, rangées en lignes parallèles, le différencient.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
DORIS la présente comme l’un des poissons les plus communs de la mer des Caraïbes. En Guadeloupe, GBIF recense plus de trois cents observations, et DORIS publie des photos prises à Port-Louis, entre 6 et 8 m. Localement, le nom « gorette » sert pour plusieurs espèces du genre Haemulon.
Le jour, cherchez-la aux abords du récif, sous les surplombs ou près du corail corne d’élan, en bancs qui peuvent compter des milliers de poissons. La nuit, elle se disperse pour chasser seule dans les herbiers et sur le sable. L’espèce vit de la surface à 60 m et s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
La gorette jaune est carnivore : elle mange de petits crustacés, des mollusques et des vers, surtout la nuit. Sa vie relie trois milieux. Les larves dérivent environ deux semaines dans le plancton, puis s’installent dans les herbiers ou sur le sable. Moins d’un mois plus tard, les juvéniles rejoignent le récif, où ils se reposent le jour avant de retourner se nourrir dans les herbiers le soir. Certains reviennent au même site de repos pendant plus d’un an.
Le nom de grogneur vient des sons qu’elle produit en frottant ses dents pharyngiennes, amplifiés par sa vessie natatoire. Les plongeurs observent parfois deux gorettes face à face, bouches ouvertes pressées l’une contre l’autre : c’est le « baiser des grogneurs », dont le sens reste discuté.
DORIS cite parmi ses prédateurs le poisson-trompette, plusieurs mérous et la rascasse volante, le poisson-lion invasif aux Antilles.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 10 octobre 2015 selon FishBase. Souvent ciguatoxique, elle est peu pêchée. Comme elle dépend des herbiers, des mangroves et des récifs à différents âges, la préservation de ces trois milieux compte plus que toute mesure propre à l’espèce.
Bien l’observer et la photographier
Un banc de gorettes immobile sous un surplomb est un sujet facile. Approchez lentement, à hauteur du banc, sans vous placer au-dessus, et restez stable pour ne pas toucher le corail. Pour la photo, un grand-angle et un éclairage doux font ressortir le jaune sans brûler l’argenté. Ne nourrissez pas les poissons.