Fiche n° 1257 · Faune · Poissons
Poisson-lion
Pterois volitans
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-poisson-lion/
Clé d'identification
- Corps rayé de bandes verticales alternées brun-rouge et blanches.
- Épines dorsales très longues et séparées, chacune bordée d'un voile de peau.
- Grandes nageoires pectorales en éventail, déployées comme des ailes.
- Excroissances de peau autour de la bouche et sur le front.
- Nageoires molles de l'arrière (dorsale, anale, caudale) transparentes, ponctuées de brun.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-lion
- Nom scientifique
- Pterois volitans
- Autres noms
- Rascasse volante du Pacifique · Rascasse volante · Ptérois volant · Poisson-dindon · Red lionfish · Lionfish
- Synonymes
- Gasterosteus volitans
Distribution géographique
Originaire de l'Indo-Pacifique. Introduit en Floride au début des années 1990, il a envahi toute la région caraïbe. En Guadeloupe, la première observation date de janvier 2010 selon la DEAL ; sa présence est depuis confirmée sur tout le littoral.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique
Biotope
Tous les types de fonds : récifs, tombants, épaves, herbiers, mangroves et anfractuosités. Le jour, souvent immobile sous un surplomb ou contre une paroi ; la nuit, en chasse. La DEAL le signale de la surface jusqu'à 300 m dans la Caraïbe.
Profondeur : 0 – 300 m
Repères pour le plongeur
Poisson spectaculaire mais indésirable : il est invasif aux Antilles et vide les récifs de leurs petits poissons. Peu craintif, il se laisse approcher, mais ne le touchez jamais, ses épines sont venimeuses.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore vorace : surtout des poissons, parfois de petits crustacés. Toutes les espèces de petite taille sont des proies potentielles (DEAL Guadeloupe).
Reproduction
Une femelle peut pondre jusqu'à 30 000 œufs tous les 4 jours, toute l'année. Les larves dérivent en surface pendant 25 à 40 jours, ce qui disperse l'espèce très loin. Maturité vers 9 cm chez le mâle et 18 cm chez la femelle (DEAL Guadeloupe).
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 3 mars 2015 selon FishBase. Espèce invasive aux Antilles françaises, visée par une stratégie de lutte des DEAL de Guadeloupe et de Martinique. Épines dorsales, anales et pelviennes venimeuses.
Espèces ressemblantes
- Rascasse volante de l'océan Indien (Pterois miles) : impossible à distinguer à l'œil ; l'invasion caraïbe est souvent désignée comme Pterois volitans/miles.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-lion est une rascasse au corps rayé de bandes verticales brun-rouge et blanches. Ses épines dorsales, très longues, se dressent séparément, chacune bordée d’un voile de peau. Ses grandes nageoires pectorales s’ouvrent en éventail, comme des ailes. Des lambeaux de peau ornent le tour de la bouche et le front. Dans la Caraïbe, il atteint 45 cm, plus que dans son aire d’origine.
Il est impossible à confondre avec un poisson indigène des Antilles. En revanche, on ne peut pas le distinguer à l’œil de son cousin de l’océan Indien, Pterois miles, qui participe aussi à l’invasion. C’est pourquoi on parle souvent de Pterois volitans/miles.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
Le poisson-lion vient de l’Indo-Pacifique. Introduit par accident en Floride au début des années 1990, il a gagné toute la Caraïbe et le golfe du Mexique en une vingtaine d’années. En Guadeloupe, la DEAL date la première observation de janvier 2010 ; DORIS publie de son côté une photo prise à Port-Louis en janvier 2011, présentée comme la première. Depuis, il est présent sur tout le littoral.
Il occupe tous les milieux : récifs, tombants, épaves, herbiers, mangroves. Le jour, cherchez-le sous les surplombs, contre les parois ou à l’envers sous un plafond, et sur les épaves. La nuit, il part chasser. On le croise toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un carnivore vorace, qui mange surtout de petits poissons. Il les accule avec ses grandes pectorales avant de les avaler d’un coup. Sa reproduction explique la rapidité de l’invasion : une femelle peut pondre jusqu’à 30 000 œufs tous les quatre jours, toute l’année. Les larves dérivent ensuite 25 à 40 jours en surface, portées par les courants.
Dans la Caraïbe, il n’a presque pas de prédateurs. La DEAL rapporte des baisses de 95 % de la quantité de poissons mesurées en très peu de temps sur certains sites envahis. Moins d’herbivores, c’est aussi plus d’algues sur les coraux.
Statut et protection
Dans son aire d’origine, l’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 3 mars 2015 selon FishBase. Aux Antilles françaises, c’est une espèce invasive. Les DEAL de Guadeloupe et de Martinique ont lancé une stratégie de lutte : recueil des observations, captures par des plongeurs et des pêcheurs, études en laboratoire. La DEAL encourage sa pêche dans les zones autorisées et sa consommation : sa chair est comestible, et les pêcheurs le vendent sans épines.
Bien l’observer et la photographier
Le poisson-lion est peu craintif : il reste en place quand on approche. Gardez tout de même vos distances et une flottabilité parfaite, surtout près des parois. Ses épines dorsales, anales et pelviennes sont venimeuses et la piqûre est très douloureuse. En cas de piqûre, la DEAL conseille d’approcher une source de chaleur de la plaie, le venin étant sensible à la chaleur, et de consulter un médecin au plus vite. Signalez vos observations à votre club. Si vous voulez participer aux captures, rejoignez un club engagé dans la stratégie de contrôle plutôt que d’agir seul. Pour la photo, un éclairage latéral fait ressortir le voile des épines.
Sources
- DEAL Guadeloupe : le poisson-lion en Guadeloupe (2014)
- DEAL Guadeloupe : dépliant poisson-lion (2013)
- DORIS (FFESSM) : Pterois volitans/miles, Rascasse volante du Pacifique / de l’océan Indien
- WoRMS : Pterois volitans (Linnaeus, 1758)
- FishBase : Pterois volitans, Red lionfish
- GBIF : Pterois volitans