Fiche n° 1259 · Faune · Poissons
Coné ouatalibi
Cephalopholis fulva
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-cone-ouatalibi/
Clé d'identification
- Petit mérou trapu, environ 25 cm, grande bouche et mâchoire inférieure proéminente.
- Deux points noirs sur la lèvre inférieure (quatre chez le juvénile).
- Deux points noirs sur le dessus du pédoncule caudal.
- Petits points bleus cerclés de noir semés sur le corps.
- Couleur très variable : rouge brun le plus souvent, mais aussi bicolore (dessous blanc), jaune d'or ou marbré.
Noms
- Nom usuel
- Coné ouatalibi
- Nom scientifique
- Cephalopholis fulva
- Autres noms
- Coné watalibi · Tanche · Watalibi · Coney
- Synonymes
- Labrus fulvus · Epinephelus fulvus · Epinephelus fulva · Cephalopholis fulvus · Bodianus guativere · Serranus ouatalibi
Distribution géographique
Atlantique tropical ouest, du sud de la Caroline (États-Unis) au Brésil, Bermudes et Caraïbes compris. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises aux Saintes, à Bouillante et au Jardin de corail des îlets Pigeon, et le Parc national cite le « poisson tanche » parmi les poissons des îlets.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau · Les Saintes — Amérique
Biotope
Eaux claires des récifs coralliens, en général entre 5 et 30 m, parfois au-delà de 45 m. Le jour, il se tient embusqué dans les cavités ou sous les corniches ; FishBase le dit commun en eau peu profonde aux Antilles.
Profondeur : 1 – 150 m
Repères pour le plongeur
Petit mérou rouge brun semé de points bleus, posté à l'entrée d'un trou du récif. Méfiant mais facile à observer : approchez de biais, sans montrer d'intérêt, et il restera en place.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore : petits poissons et crustacés, chassés à l'affût et aspirés d'un coup. Il suit parfois les murènes en chasse pour attraper les proies qu'elles débusquent (DORIS).
Reproduction
Hermaphrodite protogyne : tous naissent femelles, mûres vers 16 cm, et deviennent mâles vers 20 cm. Un mâle territorial règne sur un harem de femelles. Frai au coucher du soleil, entre décembre et mai selon les régions ; une femelle émet de 150 000 à 282 000 œufs (DORIS).
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 22 mars 2018 selon FishBase. Pêché aux Antilles pour sa chair (nasses, lignes à main) ; DORIS mentionne des cas de ciguatera signalés aux îles Vierges en 1984.
Espèces ressemblantes
- Cephalopholis cruentata (graysby) : corps constellé de points brun orangé.
- Epinephelus adscensionis (rock hind) : corps couvert de points rougeâtres sombres.
- Mycteroperca interstitialis juvénile : rappelle le coné en livrée bicolore, mais la partie épineuse de la dorsale est jaune.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le coné ouatalibi est l’un des plus petits mérous de la Caraïbe : il mesure environ 25 cm. Il a le corps trapu et robuste de sa famille, une grande bouche aux lèvres épaisses et une mâchoire inférieure qui avance.
Sa couleur change selon son humeur, ce qui peut dérouter. Il est le plus souvent rouge brun. Excité ou stressé, il prend en un instant une livrée bicolore, au dessous blanc. Il existe aussi une forme jaune d’or, plus rare, et une livrée marbrée, la nuit ou quand il est posé au fond. Trois repères restent constants : deux points noirs sur la lèvre inférieure, deux points noirs sur le dessus du pédoncule de la queue, et de petits points bleus cerclés de noir sur le corps. Le juvénile a quatre points noirs sur la lèvre au lieu de deux.
D’autres petits mérous vivent sur les mêmes récifs. Cephalopholis cruentata est constellé de points brun orangé, Epinephelus adscensionis de points rougeâtres sombres. Chez le coné, les points noirs de la lèvre et du pédoncule restent le meilleur repère.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans l’Atlantique tropical ouest, de la Caroline du Sud au Brésil, Caraïbes comprises. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises aux Saintes, à Bouillante et au Jardin de corail, l’un des sites des îlets Pigeon. Le Parc national cite aussi un « poisson tanche » parmi les poissons des îlets, en cœur de Parc ; DORIS indique que « tanche » est le nom du coné en Guadeloupe.
Cherchez-le sur les récifs aux eaux claires, le plus souvent entre 5 et 30 m. Le jour, il se tient à l’entrée d’une cavité ou sous une corniche. Il s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Le coné ouatalibi chasse à l’affût de petits poissons et des crustacés. Immobile, il attend qu’une proie passe, puis ouvre brusquement sa grande bouche pour l’aspirer. Il s’associe parfois aux murènes en chasse : elles fouillent les trous du récif, lui attrape ce qui s’en échappe.
Tous les conés naissent femelles. Ils deviennent mâles vers 20 cm. Chaque mâle, territorial, règne sur plusieurs femelles. Le frai a lieu au coucher du soleil, plusieurs jours de suite, à une saison qui varie selon les régions, entre décembre et mai. On le voit alors parfois dériver en nombre au-dessus du récif.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 22 mars 2018 selon FishBase. Malgré sa petite taille, il est pêché aux Antilles pour la qualité de sa chair, à la nasse ou à la ligne, et se vend sur les marchés parmi les « poissons de roche ». DORIS signale des cas de ciguatera aux îles Vierges en 1984.
Bien l’observer et la photographier
Le coné est méfiant, mais il reste facile à observer si l’on ne fonce pas sur lui. DORIS conseille une approche indirecte : avancez de biais, lentement, comme si vous ne vous intéressiez pas à lui. Restez stable au-dessus du récif, sans prendre appui sur les coraux autour de son trou. Ne le nourrissez pas. Pour la photo, cadrez la tête : les points noirs de la lèvre et les points bleus confirment l’identification.