Fiche n° 1270 · Faune · Poissons
Murène verte
Gymnothorax funebris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-murene-verte/
Clé d'identification
- Très grande murène : 1,50 m en moyenne, jusqu'à 2,30 m ; la plus grosse des Caraïbes.
- Couleur uniforme, vert à brun, sans taches ni marbrures.
- Teinte verte due au mucus jaune qui recouvre sa peau sans écailles.
- Bouche fendue jusque derrière les yeux, garnie de nombreuses petites dents crochues ; narines antérieures en petits tubes.
- Pas de nageoires pectorales ni pelviennes ; dorsale, caudale et anale soudées en un seul pli ; ouverture branchiale réduite à un trou.
Noms
- Nom usuel
- Murène verte
- Nom scientifique
- Gymnothorax funebris
- Autres noms
- Green moray · Green congo · Morena verde
- Synonymes
- Lycodontis funebris
Distribution géographique
Atlantique tropical ouest, de la Floride et des Bahamas au sud du Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; aussi Cap-Vert et Sénégal, et signalée en mer de Cortez. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises à Port-Louis (jusqu'à 20 m) ; GBIF recense quelques dizaines d'observations dans l'archipel.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique
Biotope
Zones rocheuses, récifs coralliens, herbiers et mangroves, de 1 à 50 m (FishBase ; 3 à 40 m selon DORIS), le plus souvent à moins de 30 m. Sédentaire et solitaire, elle passe la journée dans une faille ou sous un surplomb et sort la nuit ou au crépuscule.
Profondeur : 1 – 50 m
Repères pour le plongeur
Plus grosse murène des Caraïbes, vert uniforme, qui guette la gueule entrouverte depuis sa faille. Peu craintive, elle mord si on la dérange : gardez les mains hors des trous et ne la nourrissez jamais.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore, surtout nocturne : poissons, seiches et crustacés, dont elle broie la carapace ; elle repère ses proies à l'odorat et déchiquette celles qui sont trop grosses.
Reproduction
Ovipare ; zones de frai mal connues, probablement profondes. Larve leptocéphale transparente de 5 à 10 cm qui dérive dans le plancton. Phase hermaphrodite avant la détermination du sexe (DORIS).
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. Les grands individus sont ciguatoxiques, et FishBase la classe parmi les espèces dangereuses par morsure (traumatogène).
Espèces ressemblantes
- Murène tachetée (Gymnothorax moringa) : autre grande murène des récifs caribéens, mais au corps clair, blanc à jaune pâle, couvert de taches brunes ; la murène verte est uniforme. DORIS juge toutefois la confusion improbable.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
La murène verte est la plus grosse murène des Caraïbes : 1,50 m en moyenne, jusqu’à 2,30 m et près de 30 kg. Elle est d’une couleur uniforme, vert à brun, sans taches ni marbrures. Ce vert est un trompe-l’œil : sa peau sans écailles est recouverte d’un mucus jaune qui la protège des parasites et des bactéries, et c’est lui qui donne la teinte verte. Les juvéniles sont parfois bruns ou noirâtres.
Comme toutes les murènes, elle n’a ni nageoires pectorales ni pelviennes. Sa dorsale, sa caudale et son anale sont soudées en un seul pli continu, et son ouverture branchiale se réduit à un petit trou sur le côté de la tête. La bouche, fendue jusque derrière les yeux, est garnie de nombreuses petites dents crochues, et les narines avant s’étirent en petits tubes.
Sa couleur uniforme suffit à la reconnaître. L’autre grande murène des récifs, la murène tachetée (Gymnothorax moringa), a un corps clair couvert de taches brunes.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans tout l’Atlantique tropical, de la Floride au sud du Brésil, et jusqu’au Cap-Vert et au Sénégal de l’autre côté de l’océan. En Guadeloupe, GBIF recense quelques dizaines d’observations, et DORIS publie des photos prises à Port-Louis, dont une à 20 m.
Cherchez-la dans les zones rocheuses et sur les récifs coralliens, mais aussi en bordure d’herbiers et de mangroves. Elle vit entre 1 et 50 m, le plus souvent à moins de 30 m. Le jour, seule sa tête dépasse d’une faille ou d’un surplomb. Elle sort chasser la nuit ou au crépuscule, ce qui rend les plongées de nuit propices à la voir en mouvement. Elle est sédentaire et s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
La murène verte est une chasseuse nocturne. Elle repère ses proies à l’odorat, très développé, puis attrape poissons, seiches et crustacés dans les recoins du récif. Elle broie les carapaces et déchiquette les proies trop grosses pour être avalées d’un coup.
On la voit très souvent la gueule ouverte. Sa reproduction est mal connue : les zones de frai seraient profondes. Comme les autres murènes, elle passe par une larve leptocéphale, transparente et en forme de feuille de saule, de 5 à 10 cm, qui dérive dans le plancton. DORIS ajoute que le mucus de sa peau contient des substances toxiques.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. Elle est pêchée à petite échelle. Les grands individus sont ciguatoxiques, et FishBase souligne que sa taille et son agressivité rendent ses morsures particulièrement dangereuses.
Bien l’observer et la photographier
La murène verte est peu craintive et se laisse approcher, ce qui en fait un beau sujet photo. Restez face à elle, à un mètre au moins, bien stabilisé, et ne passez jamais la main dans un trou du récif : c’est la principale cause de morsure. Ne la nourrissez jamais. Selon DORIS, ses morsures sont douloureuses et s’infectent vite. Pour la photo, un portrait de face, gueule entrouverte, avec un éclairage latéral doux qui fait ressortir la texture du mucus.