Fiche n° 1254 · Faune · Requins & raies

Raie léopard

Aetobatus narinari

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-raie-leopard/

Raie léopard (Aetobatus narinari)
Photo : the manta ray had a family — Public domain — source

Clé d'identification

  • Disque en losange aux pointes effilées, environ 1,8 fois plus large que long.
  • Dos gris à brun semé de nombreuses taches blanches régulières, parfois cerclées (ocelles) ; ventre blanc.
  • Tête détachée du disque, terminée par un museau plat et arrondi en bec de canard.
  • Queue fine et très longue, environ 2,2 fois la largeur du disque, sans nageoire caudale, avec 2 à 6 aiguillons venimeux près de la base.
  • Nage en pleine eau à grands battements d'ailes, seule ou en petits groupes.

Noms

Nom usuel
Raie léopard
Nom scientifique
Aetobatus narinari
Autres noms
Aigle de mer léopard · Aigle de mer · Raie aigle · Spotted eagle ray
Synonymes
Raja narinari · Aetobatis narinari · Aetobatis latirostris · Stoasodon narinari

Distribution géographique

Atlantique tropical : à l'ouest de la Floride au Brésil, Caraïbes et golfe du Mexique compris ; à l'est, côtes africaines. Les raies léopards de l'Indo-Pacifique appartiennent à une autre espèce, Aetobatus ocellatus. En Guadeloupe, DORIS publie une photo prise par 20 m de fond et GBIF recense plusieurs dizaines d'observations.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Pleine eau, de la surface à 80 m, au-dessus du sable, des herbiers et des récifs. Elle peut parcourir de longues distances mais revient à une même formation récifale (DORIS). Supporte les eaux saumâtres.

Profondeur : 0 – 80 m

Repères pour le plongeur

Grande raie au dos constellé de points blancs, qui survole le sable et le récif à grands coups d'ailes. Restez immobile près du fond et laissez-la passer : la poursuivre la fait fuir à coup sûr.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des mollusques et des crustacés, aussi des vers, des oursins et parfois des poissons. Elle fouille le sable avec sa tête et broie les coquilles avec ses dents en plaques.

Reproduction

Ovovivipare : 1 à 4 petits par portée, environ 2 à 3 ans entre deux gestations (DORIS). Femelles mûres vers 1,5 m de disque. Lors de la reproduction, les raies se regroupent au-dessus de grandes étendues de sable. Parthénogenèse documentée, mais rare.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 28 juillet 2020 selon FishBase. Menaces : pêche ciblée et captures accidentelles, aggravées par une fécondité très faible.

Espèces ressemblantes

  • Mourine américaine (Rhinoptera bonasus) : silhouette voisine, mais museau peu triangulaire et dos uni, sans taches.
  • Aigles de mer du genre Myliobatis (M. goodei, M. freminvillii) : dos brun ou chocolat uni, sans points blancs, museau court.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La raie léopard a la forme d’un grand cerf-volant : un disque en losange, environ 1,8 fois plus large que long, qui mesure couramment 1,5 m d’envergure. Son dos gris à brun est semé de taches blanches régulières, parfois cerclées de sombre. Son ventre est blanc, ce qui donne un fort contraste quand elle passe au-dessus de vous.

La tête dépasse nettement du disque et se termine par un museau plat et arrondi, en bec de canard. La queue est fine et très longue, environ 2,2 fois la largeur du disque. Elle porte de deux à six aiguillons venimeux près de sa base et n’a pas de nageoire caudale.

Les autres raies aigles de l’Atlantique ouest, comme la mourine américaine ou les aigles de mer du genre Myliobatis, ont un dos uni, sans points blancs. Avec ses taches, la raie léopard ne se confond pas.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans l’Atlantique tropical, de la Floride au Brésil et le long des côtes africaines. Depuis 2010, on sait que les raies léopards de l’Indo-Pacifique forment une espèce distincte, Aetobatus ocellatus. En Guadeloupe, DORIS publie une photo prise par 20 m de fond, et GBIF recense plusieurs dizaines d’observations.

Cherchez-la en pleine eau, de la surface à 80 m, au-dessus des étendues de sable, des herbiers et des récifs. Elle peut parcourir de longues distances, mais revient fidèlement à la même formation récifale. Elle s’observe toute l’année, seule ou en petits groupes.

Biologie et comportement

La raie léopard se nourrit surtout de mollusques et de crustacés, qu’elle déniche en fouillant le sable avec sa tête. Ses dents en plaques broient les coquillages. Elle mange aussi des vers, des oursins et parfois des poissons.

Elle se reproduit lentement. Au moment de la reproduction, les raies se regroupent au-dessus de grandes étendues de sable, et la femelle est souvent suivie par plusieurs mâles. Elle met au monde de un à quatre petits, et attend environ deux à trois ans entre deux gestations. Ses prédateurs sont les grands requins, notamment le grand requin-marteau.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN) au niveau mondial, évaluation du 28 juillet 2020 selon FishBase. Elle souffre de la pêche, ciblée ou accidentelle, et sa faible fécondité l’empêche de compenser ces pertes.

Bien l’observer et la photographier

La raie léopard est méfiante. Ne la poursuivez pas : elle vous distancera en quelques battements d’ailes. Restez immobile, près du fond, avec une bonne flottabilité, et laissez-la venir. Elle passe souvent plusieurs fois au même endroit. Ne la touchez jamais, sa queue porte des aiguillons venimeux. Pour la photo, visez-la de trois quarts ou par en dessous, contre la surface : le ventre blanc et le motif du dos ressortent bien.

Sources