Fiche n° 1256 · Faune · Requins & raies

Requin-nourrice

Ginglymostoma cirratum

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-requin-nourrice/

Requin-nourrice (Ginglymostoma cirratum)
Photo : Jerzy Prekurat — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Corps cylindrique aplati dessous, tête large et arrondie, petits yeux.
  • Deux barbillons charnus devant la bouche, sous le museau.
  • Deux dorsales triangulaires placées très en arrière du corps, la première à hauteur des pelviennes.
  • Caudale longue, sans lobe inférieur, qui représente environ le quart de la longueur du corps.
  • Dos et flancs fauves à brun-gris uniformes, ventre blanc ; jeunes plus plats, ponctués de petites taches sombres.
  • Le jour, posé immobile sur le sable sous un surplomb ou dans une faille.

Noms

Nom usuel
Requin-nourrice
Nom scientifique
Ginglymostoma cirratum
Autres noms
Requin-nourrice atlantique · Requin dormeur · Vache de mer · Nurse shark
Synonymes
Squalus cirratus · Ginglymostoma fulvum · Ginglymostoma caboverdianus

Distribution géographique

Atlantique ouest, du Rhode Island au Brésil, golfe du Mexique et Caraïbes compris ; Atlantique est, des Canaries et du Sénégal à l'Angola. En Guadeloupe, GBIF recense une cinquantaine d'observations. Dans le Pacifique est, il est remplacé par une espèce voisine, Ginglymostoma unami.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Récifs et fonds rocheux, de 1 à 130 m, surtout entre 1 et 35 m. Actif la nuit, il passe la journée posé sur le sable sous les surplombs, dans les failles, les petites grottes ou les cavités du récif.

Profondeur : 1 – 130 m

Repères pour le plongeur

Gros requin brun qui dort le jour sous les surplombs, souvent revenu au même endroit d'une plongée à l'autre. Inoffensif si on le laisse tranquille, il peut mordre gravement s'il est dérangé : regardez-le sans le toucher ni lui bloquer la sortie.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Chasseur nocturne de fond : langoustes, cigales, crabes, crevettes, oursins, poulpes, gastéropodes, bivalves et poissons de fond, qu'il repère avec ses barbillons et aspire.

Reproduction

Ovovivipare : 21 à 30 petits par portée après 5 à 6 mois de gestation. Accouplement à la fin du printemps et en été, précédé d'une parade où un ou deux mâles nagent synchronisés avec la femelle. Maturité vers 2,1 à 2,3 m, soit 15 à 20 ans (DORIS).

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 5 juillet 2019 selon FishBase. Espèce côtière souvent prise dans les filets de pêche ; déclins locaux documentés.

Espèces ressemblantes

  • Aucun autre requin de l'Atlantique ouest ne lui ressemble vraiment selon DORIS : ses barbillons, ses dorsales reculées et sa caudale sans lobe inférieur suffisent à le reconnaître.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Le requin-nourrice est un gros requin de fond, au corps cylindrique aplati dessous. Il mesure en moyenne 3 m et dépasse 100 kg. Sa tête est large et arrondie, ses yeux sont petits. Devant la bouche, sous le museau, pendent deux barbillons charnus : c’est le détail qui le trahit au premier coup d’œil.

Ses deux nageoires dorsales, triangulaires, sont placées très en arrière sur le dos. La nageoire caudale est longue et n’a pas de lobe inférieur. Le dos et les flancs sont fauves à brun-gris, uniformes de loin, le ventre est blanc. Les jeunes ont un corps plus plat, ponctué de petites taches sombres.

Selon DORIS, aucun autre requin de son aire ne lui ressemble. Barbillons, dorsales reculées et caudale sans lobe inférieur suffisent à le reconnaître.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit des deux côtés de l’Atlantique tropical, du Rhode Island au Brésil à l’ouest, Caraïbes comprises. En Guadeloupe, GBIF recense une cinquantaine d’observations.

Le requin-nourrice fréquente les récifs et les fonds rocheux, le plus souvent entre 1 et 35 m. Pour le trouver, regardez sous les surplombs, dans les failles et les petites grottes : il y passe la journée posé sur le sable. Plusieurs individus partagent parfois le même abri, collés les uns aux autres, et les mêmes requins reviennent souvent se reposer au même endroit. Il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

C’est un chasseur de nuit. Il fouille le fond à la recherche de langoustes, de crabes, d’oursins, de poulpes, de coquillages et de petits poissons de fond, qu’il repère avec ses barbillons. Il aspire ses proies d’un coup, grâce à une forte succion.

La reproduction a lieu à la fin du printemps et en été. Un ou deux mâles nagent alors en synchronisation avec une femelle avant l’accouplement. La femelle garde les œufs dans son corps et met au monde de 21 à 30 petits, après cinq à six mois de gestation. La maturité est tardive, vers 15 à 20 ans. L’espèce vit au moins 25 ans.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU) au niveau mondial, évaluation du 5 juillet 2019 selon FishBase. Espèce côtière, elle est souvent capturée dans les filets de pêche, et des déclins locaux ont été observés. Sa maturité tardive la rend lente à se reconstituer.

Bien l’observer et la photographier

Le requin-nourrice est normalement inoffensif pour l’homme, mais DORIS rappelle qu’il peut mordre gravement s’il est stressé ou manipulé. Ne le touchez pas, ne tirez jamais sur sa queue, ne le nourrissez pas, et ne bouchez pas l’entrée de son abri. Restez à quelques mètres, stable au-dessus du fond, pour ne pas soulever de sable. Pour la photo, placez-vous à hauteur de sa tête : les barbillons et le petit œil donnent tout son caractère au portrait.

Sources