Fiche n° 1251 · Faune · Tortues & mammifères
Tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-faune-tortue-imbriquee/
Clé d'identification
- Tête fine terminée par un bec étroit, pointu et légèrement crochu.
- Deux paires d'écailles préfrontales entre les yeux.
- Écailles de la carapace épaisses qui se chevauchent comme des tuiles, marbrées de brun, d'ambre et de jaune.
- Quatre paires d'écailles costales de chaque côté de la carapace.
- Bord arrière de la carapace dentelé, surtout chez les jeunes.
- Deux griffes sur chaque nageoire avant.
Noms
- Nom usuel
- Tortue imbriquée
- Nom scientifique
- Eretmochelys imbricata
- Autres noms
- Karet · Caret · Tortue à écailles · Tortue à bec de faucon · Hawksbill turtle
- Synonymes
- Testudo imbricata · Eretmochelys squamosa
Distribution géographique
Mers tropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique. En Guadeloupe, c'est l'espèce de tortue marine qui pond le plus : plus de 1 000 pontes par an selon l'ONCFS, sur des plages réparties dans tout l'archipel. Le Parc national la cite parmi les trois tortues recensées dans les eaux guadeloupéennes.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Réserve Cousteau — Amérique
Biotope
Récifs coralliens et fonds rocheux côtiers, baies et criques, le plus souvent en eau peu profonde. Elle fouille les anfractuosités du récif à la recherche d'éponges. Les très jeunes vivent en pleine eau avant de s'installer près des côtes.
Profondeur : 0 – 100 m
Repères pour le plongeur
C'est la tortue que l'on croise le plus souvent sur les récifs, la tête plongée dans une éponge. Restez à côté d'elle, jamais au-dessus, et laissez-lui toujours le chemin libre vers la surface.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des éponges, arrachées au récif avec le bec ; aussi algues, ascidies, bryozoaires, mollusques, hydraires et céphalopodes (SeaLifeBase).
Reproduction
Ponte de nuit sur la plage. En Guadeloupe, la saison de ponte s'étale surtout du 15 avril au 15 octobre selon l'ONCFS ; la femelle creuse son nid en haut de plage, souvent sous la végétation. Incubation d'environ deux mois.
Conservation
En danger critique (UICN)
En danger critique (CR, critère A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation de 2008 selon SeaLifeBase. Quasi menacée (NT) sur la liste rouge régionale de Guadeloupe (UICN France, 2021). Intégralement protégée en France par l'arrêté ministériel du 14 octobre 2005, comme ses œufs et ses sites de ponte.
Espèces ressemblantes
- Tortue verte (Chelonia mydas) : une seule paire d'écailles préfrontales, tête plus ronde et bec court, écailles de la carapace posées bord à bord sans se chevaucher.
- Tortue caouanne (Caretta caretta) : tête très grosse et cinq paires d'écailles costales au lieu de quatre ; seulement de passage en Guadeloupe.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Tortues & mammifères
Identification
La tortue imbriquée doit son nom à sa carapace : les grandes écailles du dos se recouvrent en partie, comme des tuiles sur un toit. Elles sont épaisses, marbrées de brun, d’ambre et de jaune, et le bord arrière de la carapace est dentelé, surtout chez les jeunes. Adulte, elle mesure environ 80 cm de carapace.
Regardez la tête. Elle est fine et se termine par un bec étroit, pointu, un peu crochu, qui rappelle celui d’un oiseau de proie. Entre les yeux, on compte deux paires d’écailles préfrontales. Chaque nageoire avant porte deux griffes.
La confusion se fait surtout avec la tortue verte, l’autre tortue que l’on croise en plongée en Guadeloupe. La tortue verte a une tête ronde, un bec court, une seule paire d’écailles entre les yeux, et ses écailles de carapace sont posées bord à bord.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans toutes les mers tropicales. En Guadeloupe, c’est la tortue marine la plus présente sur les plages de ponte : l’ONCFS compte plus de 1 000 pontes par an, et note que toutes les plages de l’archipel peuvent accueillir des nids. Le Parc national de la Guadeloupe la cite parmi les trois tortues recensées dans les eaux de l’archipel, avec la tortue verte et la tortue luth.
En plongée, cherchez-la sur les récifs et les fonds rocheux peu profonds, où elle fouille les trous à la recherche d’éponges. Les eaux de la Réserve Cousteau, autour des îlets Pigeon, en cœur de Parc national, sont un bon endroit pour la rencontrer. Elle s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
La tortue imbriquée se nourrit surtout d’éponges, qu’elle détache du récif avec son bec. Elle complète avec des algues, des ascidies, des mollusques et d’autres petits animaux fixés. On la voit souvent immobile, la tête enfoncée dans une crevasse, indifférente aux plongeurs.
La femelle revient pondre sur une plage, la nuit. En Guadeloupe, la saison de ponte va surtout du 15 avril au 15 octobre, selon l’ONCFS. Elle creuse son nid en haut de plage, souvent sous la végétation. Les œufs incubent environ deux mois dans le sable.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « En danger critique » (CR) au niveau mondial, évaluation de 2008 selon SeaLifeBase. Le commerce de l’écaille l’a décimée pendant des siècles. Sur la liste rouge régionale de Guadeloupe publiée par l’UICN France en 2021, elle est « Quasi menacée » (NT).
En France, l’arrêté ministériel du 14 octobre 2005 protège intégralement les tortues marines : il interdit de les capturer, de les perturber volontairement, et de détruire leurs œufs, leurs nids ou leurs sites de ponte.
Bien l’observer et la photographier
Approchez lentement, de côté, et restez à quelques mètres. Ne nagez jamais au-dessus d’une tortue et ne lui coupez pas la route : elle doit pouvoir remonter respirer quand elle veut. Ne la touchez pas, ne la nourrissez pas. Gardez une bonne flottabilité pour ne pas abîmer le récif où elle se nourrit. Pour la photo, attendez qu’elle relève la tête : le bec et les écailles qui se chevauchent sont alors bien visibles.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Eretmochelys imbricata, Tortue imbriquée
- WoRMS : Eretmochelys imbricata (Linnaeus, 1766)
- SeaLifeBase : Eretmochelys imbricata
- GBIF : Eretmochelys imbricata
- ONCFS / DEAL Guadeloupe : sargasses et sites de ponte des tortues marines
- AIDA (INERIS) : arrêté du 14 octobre 2005 fixant la liste des tortues marines protégées
- UICN France : liste rouge de la faune de Guadeloupe (tableaux, 2021)
- Parc national de la Guadeloupe : les îlets Pigeon et les sites de plongée de la Côte sous le Vent