Fiche n° 1276 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail corne d'élan

Acropora palmata

Amérique Caraïbes Guadeloupe Grand Cul-de-Sac marin Petite-Terre

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-corne-d-elan/

Corail corne d'élan (Acropora palmata)
Photo : Tisquesusa — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Grosses branches plates et épaisses, élargies comme des bois d'élan ou des mains ouvertes.
  • Colonies jusqu'à 4 m d'envergure et 2 m de haut, branches souvent inclinées vers la surface.
  • Couleur beige doré à brun jaunâtre, extrémités des branches plus claires, presque blanches.
  • Petits calices tubulaires saillants sur toute la surface, bien visibles en bout de branche.
  • Vit en eau très peu profonde et agitée, sur les crêtes et platiers récifaux.

Noms

Nom usuel
Corail corne d'élan
Nom scientifique
Acropora palmata
Autres noms
Corne d'élan · Patte à chaux · Pâte à chaux · Elkhorn coral · Coral orejón
Synonymes
Acropora alces · Acropora flabellum · Acropora muricata var. palmata

Distribution géographique

Grande Caraïbe, du sud de la Floride et des Bahamas au Venezuela, golfe du Mexique compris jusqu'à la Barbade. En France, présent dans les eaux de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy (OFB). DORIS signale de vastes champs de squelettes morts, tués par la maladie dans les années 1980, à Petite-Terre et dans le Grand Cul-de-Sac marin.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Grand Cul-de-Sac marin · Petite-Terre — Amérique

Biotope

Crêtes récifales et hauts de pente externe battus par la houle, en eau claire, de 0,5 à 5 m le plus souvent (OFB), rarement au-delà de 15 m (DORIS) ; SeaLifeBase et l'OFB citent des colonies jusqu'à 30 à 40 m.

Profondeur : 0 – 15 m

Repères pour le plongeur

Ses grandes branches plates poussent presque à fleur d'eau, là où les vagues cassent : on l'admire souvent mieux en randonnée palmée qu'en plongée. Gardez vos distances, car la houle peut vous plaquer contre ces colonies rares et fragiles.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Environ deux tiers de son énergie viennent des zooxanthelles, micro-algues logées dans ses tissus ; le reste vient du plancton capturé la nuit par les tentacules urticants des polypes.

Reproduction

Colonies hermaphrodites qui libèrent ovules et spermatozoïdes en pleine eau après une pleine lune, pendant la saison cyclonique. Se multiplie aussi par bouturage naturel : une branche cassée par la houle peut reformer une colonie.

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Annexe II de la CITES. Protégé en Guadeloupe par l'arrêté ministériel du 25 avril 2017 : interdiction de le casser, de l'abîmer ou de le prélever, vivant ou mort.

Espèces ressemblantes

  • Corail corne de cerf (Acropora cervicornis) : branches fines et cylindriques, jamais aplaties.
  • Corne de cerf diffuse (Acropora prolifera) : forme intermédiaire, souvent présentée comme un hybride des deux précédents, aux branches plus fines que la corne d'élan.
  • Corail de feu (Millepora spp.) : couleur proche, mais surface lisse sans calices saillants, couverte de fins poils urticants.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail corne d’élan est un animal, pas une plante. Le site le range dans la « flore » parce qu’il vit fixé au fond, comme les gorgones et les éponges. C’est une colonie de minuscules polypes, cousins des anémones, qui construisent ensemble un squelette calcaire : un corail dur bâtisseur de récif (scléractiniaire).

Il est facile à reconnaître. Ses branches sont épaisses, solides et aplaties à l’horizontale, comme des bois d’élan ou des mains ouvertes. Une colonie peut atteindre 4 m d’envergure et 2 m de haut. La couleur va du beige doré au brun jaunâtre, avec des extrémités plus claires. De près, la surface est couverte de petits calices en tube, plus saillants au bout des branches, là où le corail grandit. Dans les zones très battues, il peut aussi former des croûtes.

Le corail corne de cerf a des branches fines et rondes. La corne de cerf diffuse, souvent présentée comme un hybride des deux, a des branches intermédiaires. Le corail de feu, de couleur voisine, a une surface lisse couverte de fins poils urticants.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans toute la grande Caraïbe, de la Floride au Venezuela. En France, l’OFB la signale en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.

Cherchez-la sur les crêtes récifales et le haut des pentes externes, là où la houle déferle, souvent entre 0,5 et 5 m. Elle s’observe toute l’année, mais elle est devenue rare. DORIS signale qu’à la réserve naturelle de Petite-Terre et dans le Grand Cul-de-Sac marin, de grandes surfaces ne montrent plus que ses squelettes morts, tués par la maladie au début des années 1980. Un champ de branches grises couvertes d’algues est souvent la trace d’une ancienne forêt de corne d’élan.

Biologie et comportement

Comme la plupart des coraux bâtisseurs, la corne d’élan vit en association avec des micro-algues, les zooxanthelles, logées dans ses tissus. Elles lui fournissent par photosynthèse environ les deux tiers de son énergie. La nuit, les polypes sortent leurs tentacules urticants pour capturer du plancton.

C’est l’un des coraux qui poussent le plus vite aux Antilles, de 5 à 15 cm par an. Les colonies sont hermaphrodites et libèrent leurs gamètes en pleine eau après une pleine lune, pendant la saison cyclonique. Une branche cassée par une tempête peut aussi s’enraciner et former une nouvelle colonie. Beaucoup de petits poissons se réfugient sous ses branches.

Statut et protection

L’UICN classe la corne d’élan « En danger critique » (CR), évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Elle a été décimée dans toute la Caraïbe par la maladie de la bande blanche dans les années 1980, puis par les épisodes de blanchissement. En 2005, l’eau a dépassé 30 °C pendant des mois et une grande partie des coraux antillais ont blanchi.

En Guadeloupe, l’espèce est protégée par l’arrêté ministériel du 25 avril 2017, qui fixe la liste des coraux protégés aux Antilles françaises. Il est interdit de la casser, de l’abîmer, de la prélever ou de la transporter, vivante ou morte. Selon l’OFB, l’infraction est un délit puni de trois ans de prison et 150 000 € d’amende, montant doublé en cœur de parc national. Le genre Acropora n’a pas été touché par la maladie SCTLD, arrivée en Guadeloupe en 2020, mais il souffre du réchauffement de l’eau.

Bien l’observer et la photographier

Cette espèce vit là où la houle est forte : c’est le principal danger, pour vous comme pour elle. Restez au large de la colonie, jamais au-dessus dans le ressac, et ne posez ni main ni palme. En randonnée palmée, ne vous tenez pas debout sur le platier. Pour la photo, placez-vous un peu en dessous et visez la surface en contre-jour : la silhouette des branches plates suffit à la reconnaître.

Sources