Fiche n° 1280 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail de feu

Millepora alcicornis

Amérique Caraïbes Guadeloupe

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-de-feu/

Corail de feu (Millepora alcicornis)
Photo : Nhobgood Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie dure et ramifiée, souvent étalée dans un seul plan, parfois en buisson ou en croûte.
  • Couleur « tabac blond » à moutarde, extrémités des branches toujours blanches.
  • Surface lisse, sans calices visibles, percée de pores minuscules.
  • De près, fins « poils » blancs dressés sur toute la surface : ce sont des polypes urticants.
  • Recouvre souvent les gorgones éventails, dont il épouse la forme.

Noms

Nom usuel
Corail de feu
Nom scientifique
Millepora alcicornis
Autres noms
Corail de feu branchu · Corail de feu ramifié · Branching fire coral · Fire coral · Coral de fuego incrustante
Synonymes
Millepora nitida · Millepora alcicornis var. digitata · Millepora carthaginiensis

Distribution géographique

Atlantique ouest tropical : sud de la Floride, Bahamas, golfe du Mexique, Caraïbes et côtes d'Amérique centrale et du Sud jusqu'au Brésil ; aussi au Cap-Vert, et signalé plus récemment aux Canaries et à Madère. En Guadeloupe, DORIS publie des photos prises entre 9 et 16 m et une observation à Port-Louis ; plus de 400 occurrences guadeloupéennes figurent sur GBIF.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique

Biotope

Endroits bien éclairés du récif, de quelques mètres à 45 m selon DORIS (0 à 55 m selon SeaLifeBase) ; aussi dans les herbiers et parfois sur les racines de palétuviers. Entre 5 et 10 m, il pousse souvent en croûte sur les gorgones éventails ou sur la roche.

Profondeur : 0 – 45 m

Repères pour le plongeur

Branches jaune moutarde à pointes blanches : on ne touche pas, ça brûle. Le corail de feu est partout sur les récifs peu profonds de Guadeloupe, et un bon réglage de flottabilité est le meilleur moyen de ne jamais le frôler.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

L'essentiel de son énergie vient des zooxanthelles logées dans ses tissus (environ 75 % selon Wikipédia) ; il capture aussi du micro-plancton grâce à ses polypes.

Reproduction

Se multiplie surtout par fragmentation : un morceau cassé reforme une colonie. Reproduction sexuée par de minuscules méduses éphémères, libérées par les polypes, qui émettent les gamètes ; la larve dérive avant de se fixer.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN) sur la liste rouge de l'UICN, critère A3c, évaluation du 10 février 2024 selon SeaLifeBase, en raison surtout du blanchissement lié au réchauffement. Annexe II de la CITES comme tous les Milleporidae. Non concerné par la SCTLD selon Bouchon et al. (2023). Il ne figure pas sur la liste des coraux protégés par l'arrêté du 25 avril 2017.

Espèces ressemblantes

  • Corail de feu en plaques des Caraïbes (Millepora complanata) : même couleur et même pouvoir urticant, mais pousse en lames verticales légèrement ondulées, dans les zones calmes.
  • Millepora squarrosa : plaques soudées à angle droit qui forment des sortes de « boîtes » anguleuses.
  • Corail corne d'élan ou corne de cerf (Acropora) : couleur voisine, mais surface rugueuse couverte de calices saillants, sans poils urticants.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail de feu est un animal, pas une plante, et ce n’est même pas un vrai corail. Le site le range dans la « flore » parce qu’il vit fixé au fond, comme les gorgones. C’est un hydrozoaire, plus proche des méduses que des coraux durs. Il construit pourtant un squelette calcaire et participe à la construction du récif.

La forme la plus courante est une colonie dure et ramifiée, souvent étalée dans un seul plan, parfois en buisson. Sa couleur rappelle le « tabac blond » ou la moutarde, avec des extrémités toujours blanches. La surface est lisse, sans calices visibles, percée de pores minuscules. De près, on distingue de fins « poils » blancs dressés : ce sont des polypes chargés de cellules urticantes. Là où la houle est forte, il pousse aussi en croûte. Il recouvre volontiers les gorgones éventails, dont il prend alors exactement la forme.

Deux cousins vivent aux Antilles, tout aussi urticants. Millepora complanata forme des lames verticales ondulées. Millepora squarrosa forme des plaques soudées à angle droit, comme des boîtes. Les coraux Acropora, de couleur voisine, ont une surface rugueuse couverte de calices saillants.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans tout l’Atlantique ouest tropical, de la Floride au Brésil, et au Cap-Vert. En Guadeloupe, elle est très commune : GBIF recense plus de 400 observations, et DORIS publie des photos prises entre 9 et 16 m ainsi qu’une observation à Port-Louis.

Il aime la lumière. Vous le trouverez sur le récif dès quelques mètres, jusqu’à plus de 40 m, mais aussi dans les herbiers. Entre 5 et 10 m, cherchez-le en croûte sur les gorgones éventails. Il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Le corail de feu tire l’essentiel de son énergie des zooxanthelles, des micro-algues logées dans ses tissus. Ses polypes capturent aussi du micro-plancton. Il se multiplie surtout par fragmentation : un morceau cassé repousse. Il se reproduit aussi par de minuscules méduses éphémères, libérées par la colonie, qui émettent les gamètes en pleine eau.

Il abrite une petite faune. Des ophiures épineuses vivent sur ses branches, sans doute à l’abri de leurs prédateurs. DORIS rapporte aussi qu’un ver de feu a été vu en train de le brouter à Port-Louis en 2006.

Statut et protection

L’UICN le classe « En danger » (EN) depuis le 10 février 2024, selon SeaLifeBase. Il fait partie des premiers coraux à blanchir quand l’eau chauffe, même s’il récupère plus vite que d’autres. Comme tous les Milleporidae, il est inscrit à l’annexe II de la CITES. Le bilan de Bouchon et ses collègues (2023) indique que les hydrocoralliaires (Millepora et Stylaster) ne sont pas atteints par la maladie SCTLD en Guadeloupe. Il ne figure pas sur la liste des coraux protégés par l’arrêté du 25 avril 2017, mais rien ne justifie de le casser ou de l’abîmer.

Bien l’observer et la photographier

C’est le principal piège des plongeurs débutants sous les tropiques. Le contact provoque une brûlure, puis des rougeurs et des démangeaisons qui peuvent durer plusieurs jours. Avant-bras, poignets, chevilles, cou et arrière des genoux sont les zones les plus sensibles. Le danger vient surtout d’un coup de palme mal placé ou d’une main posée pour se stabiliser.

Réglez votre flottabilité avant d’approcher du récif, gardez les bras près du corps et les palmes hautes. Une combinaison, même fine, protège la peau. Si vous êtes touché, ne frottez pas. DORIS conseille d’appliquer du vinaigre, puis une crème apaisante. En cas de réaction forte, d’atteinte du visage ou de malaise, prévenez votre moniteur et consultez un médecin.

Pour la photo, un plan rapproché en lumière rasante fait ressortir les petits poils urticants. Ne touchez pas la colonie pour vous caler.

Sources