Fiche n° 1277 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail corne de cerf

Acropora cervicornis

Amérique Caraïbes Guadeloupe Grand Cul-de-Sac marin

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-corne-de-cerf/

Corail corne de cerf (Acropora cervicornis)
Photo : James St. John — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Branches cylindriques longues et fines (1 à 3 cm d'épaisseur), ramifiées comme des bois de cerf.
  • Colonies en buissons enchevêtrés, de quelques dizaines de centimètres à plus de 2 m.
  • Couleur crème à beige jaunâtre ou brun clair, pointe des branches blanche.
  • Petits calices tubulaires rugueux qui saillent tout le long des branches.
  • Pousse plutôt dans les eaux calmes : lagons et haut des pentes abritées.

Noms

Nom usuel
Corail corne de cerf
Nom scientifique
Acropora cervicornis
Autres noms
Corne de cerf · Staghorn coral · Coral candelabro
Synonymes
Madrepora cervicornis · Madrepora attenuata · Acropora attenuata · Heteropora cervicornis

Distribution géographique

Grande Caraïbe, du golfe du Mexique à la Barbade et des Bahamas au Venezuela ; absent des Bermudes et du Brésil. En France, présent en Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy (OFB). En Guadeloupe, deux champs d'Acropora cervicornis et d'A. prolifera repérés en 2013 dans le lagon de l'îlet Fajou (Grand Cul-de-Sac marin) sont suivis par le Parc national.

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Grand Cul-de-Sac marin — Amérique

Biotope

Eaux claires et plutôt calmes : lagons, zones sableuses et haut des pentes externes abritées. De la proche surface à une vingtaine de mètres selon DORIS ; 1 à 30 m, parfois 60 m, selon l'OFB.

Profondeur : 1 – 30 m

Repères pour le plongeur

Ce buisson de branches fines et pâles est devenu rare dans toute la Caraïbe. Si vous en voyez un, admirez-le de loin : la moindre palme suffit à casser ses branches cassantes comme du verre.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Environ deux tiers de son énergie viennent des zooxanthelles, micro-algues logées dans ses tissus ; le reste vient du plancton capturé par les tentacules urticants des polypes.

Reproduction

Colonies hermaphrodites qui libèrent leurs gamètes en pleine eau après les pleines lunes de septembre-octobre selon DORIS. Les branches cassées peuvent aussi reformer de nouvelles colonies. Maturité vers 3 à 8 ans selon l'OFB.

Conservation

En danger critique (UICN)

En danger critique (CR) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon l'OFB et la catégorie UICN relayée par GBIF. Annexe II de la CITES. Protégé en Guadeloupe par l'arrêté ministériel du 25 avril 2017 ; l'accès aux champs de l'îlet Fajou est interdit depuis le 1er juin 2023.

Espèces ressemblantes

  • Corail corne d'élan (Acropora palmata) : branches épaisses et aplaties, en forme de bois d'élan.
  • Corne de cerf diffuse (Acropora prolifera) : souvent présentée comme un hybride des deux précédents, de forme intermédiaire ; protégée elle aussi.
  • Porites et Madracis branchus : branches toujours courtes, calices qui ne dépassent pas de la surface.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail corne de cerf est un animal. Le site le range dans la « flore » parce qu’il vit fixé au fond, comme les gorgones. C’est une colonie de petits polypes, parents des anémones, qui bâtissent ensemble un squelette calcaire : un corail dur constructeur de récif.

Ses branches sont longues, fines et rondes, de 1 à 3 cm d’épaisseur, et se ramifient comme des bois de cerf. Elles s’enchevêtrent en buissons qui vont de quelques dizaines de centimètres à plus de 2 m. La couleur va du crème au beige jaunâtre ou brun clair. Le bout de chaque branche est blanc : c’est la zone de croissance, ce n’est pas un signe de maladie. De près, de petits calices en tube, rugueux, dépassent tout le long des branches.

Son proche parent, la corne d’élan, a des branches épaisses et aplaties. La corne de cerf diffuse (Acropora prolifera), souvent présentée comme un hybride des deux, a une forme intermédiaire. Les Porites et Madracis branchus ont des branches courtes et des calices qui ne dépassent pas.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

L’espèce vit dans la grande Caraïbe, du golfe du Mexique au Venezuela, mais pas aux Bermudes ni au Brésil. En France, l’OFB la signale en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.

Elle préfère les eaux claires et calmes : lagons, abords sableux, haut des pentes abritées, jusqu’à une vingtaine de mètres. En Guadeloupe, le Parc national a repéré en 2013 deux champs de corne de cerf et de corne de cerf diffuse dans le lagon de l’îlet Fajou, en cœur de parc, dans le Grand Cul-de-Sac marin. Pour les protéger, l’accès à ces zones est interdit depuis le 1er juin 2023. Ailleurs, on ne la croise plus qu’en colonies isolées.

Biologie et comportement

La corne de cerf héberge dans ses tissus des micro-algues, les zooxanthelles, qui lui fournissent l’essentiel de son énergie par photosynthèse. Ses polypes capturent aussi du plancton avec leurs tentacules urticants.

C’est un corail à croissance rapide, environ 10 cm par an. Mais ses branches fines cassent facilement : tempêtes, ancres, palmes. Cette fragilité est aussi une façon de se multiplier, car un fragment tombé au fond peut repartir. Les colonies sont hermaphrodites et libèrent leurs gamètes en pleine eau après les pleines lunes de septembre-octobre. Les buissons servent d’abri à de nombreux petits poissons du récif.

Statut et protection

L’UICN classe la corne de cerf « En danger critique » (CR), le niveau le plus élevé avant l’extinction à l’état sauvage. Dans les années 1980, la maladie de la bande blanche a fait disparaître la plupart des colonies de la Caraïbe. DORIS la décrit comme l’une des espèces les plus menacées de la région, car elle vit dans les zones abritées qui reçoivent le plus de vase et de pollution venues de la terre.

En Guadeloupe, elle est protégée par l’arrêté ministériel du 25 avril 2017 : il est interdit de la casser, de l’abîmer, de la prélever ou de la transporter. Le genre Acropora a échappé à la maladie SCTLD, signalée en Guadeloupe depuis 2020. En revanche, lors du blanchissement de 2023, le Parc national a constaté le 10 octobre que des colonies blanchies de corne de cerf et de corne de cerf diffuse étaient déjà envahies par un gazon d’algues.

Bien l’observer et la photographier

Restez largement au-dessus ou à côté de la colonie, flottabilité réglée avant d’arriver, et ne vous mettez jamais à genoux sur le sable autour. Un coup de palme ou une console qui traîne suffit à briser des années de croissance. Pour la photo, prenez du recul et cadrez le buisson entier avec les poissons qui s’y abritent. Si vous voyez des branches blanches sur toute leur longueur ou couvertes d’algues, signalez-le à votre club ou au Parc national.

Sources