Fiche n° 1279 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail étoilé massif
Orbicella annularis
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-corail-etoile-massif/
Clé d'identification
- Colonie massive faite de grosses colonnes ou de lobes serrés, aux sommets arrondis en dôme, soudés seulement à la base.
- Surface couverte de petits calices en étoile de 2 à 3 mm de diamètre, espacés d'environ 1 mm.
- Couleur brun doré à brun-rouge, plus rarement grise ou verte.
- Colonies jusqu'à 3 m de large, formant des massifs irréguliers.
- Très fréquent jusqu'à une vingtaine de mètres, dominant dans les lagons et le haut des pentes.
Noms
- Nom usuel
- Corail étoilé massif
- Nom scientifique
- Orbicella annularis
- Autres noms
- Corail-étoilé lobé · Corail étoile massif · Boulder star coral · Lobed star coral
- Synonymes
- Montastraea annularis · Madrepora annularis · Astrea annularis · Heliastraea annularis
Distribution géographique
Atlantique ouest tropical : Caraïbes, Bahamas, golfe du Mexique, Floride et Bermudes. En France, présent dans les eaux de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy (OFB). Plus de 240 occurrences guadeloupéennes figurent sur GBIF.
Zones : Caraïbes · Guadeloupe — Amérique
Biotope
Récifs tropicaux partiellement abrités, de 0,5 à 82 m selon l'OFB, très commun jusqu'à 20 m et dominant dans les lagons et le haut des pentes. Eau de 23 à 29 °C.
Profondeur : 0 – 82 m
Repères pour le plongeur
Ces gros massifs bosselés comme un champ de colonnes arrondies forment la charpente de nombreux récifs antillais. Approchez-vous pour voir ses minuscules calices en étoile, mais ne vous posez jamais dessus.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Composés carbonés fournis par les zooxanthelles, micro-algues logées dans ses tissus, et zooplancton capturé par les tentacules des polypes.
Reproduction
Hermaphrodite. Ponte annuelle des gamètes en pleine eau entre mi-août et septembre selon l'OFB ; multiplication asexuée possible aussi.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Annexe II de la CITES. Protégé en Guadeloupe par l'arrêté ministériel du 25 avril 2017. Touché par la SCTLD : son abondance a régressé « de façon drastique » sur les récifs guadeloupéens suivis entre 2020 et 2022 (Bouchon et al., 2023).
Espèces ressemblantes
- Orbicella faveolata : massif en dôme « à jupes », aux reliefs alignés en rangées sur les flancs, sans colonnes séparées ; protégée elle aussi et appelée « corail étoile massif » dans l'arrêté de 2017.
- Orbicella franksi (corail étoile en bloc) : massifs ou plateaux irréguliers et bosselés, avec des polypes plus gros et saillants mêlés aux petits.
- Grand corail étoile (Montastraea cavernosa) : calices bien plus gros et nettement saillants.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Le corail étoilé massif est un animal. Le site le range dans la « flore » parce qu’il vit fixé au fond, comme les gorgones. C’est une colonie de petits polypes, parents des anémones, qui construisent ensemble un squelette calcaire : un corail dur bâtisseur de récif. DORIS l’appelle « corail-étoilé lobé » ; l’arrêté de protection de 2017 et l’OFB, « corail étoile massif ». On le trouve encore souvent sous son ancien nom latin, Montastraea annularis.
Sa forme est caractéristique. La colonie est faite de grosses colonnes ou de lobes serrés, aux sommets arrondis en dôme, qui ne se rejoignent qu’à la base. L’ensemble forme des massifs irréguliers qui atteignent 3 m de large. De près, la surface est couverte de petits calices en étoile de 2 à 3 mm, d’où le nom. La couleur va du brun doré au brun-rouge, plus rarement gris ou vert.
Deux espèces sœurs lui ressemblent beaucoup et sont protégées elles aussi. Orbicella faveolata forme de gros dômes « à jupes », sans colonnes séparées. Orbicella franksi, le corail étoile en bloc, forme des massifs bosselés où de gros polypes saillants se mêlent aux petits. Le grand corail étoile (Montastraea cavernosa) a des calices bien plus gros. Selon Coralpedia, la forme de la colonie ne suffit pas toujours : les trois Orbicella se distinguent surtout de près.
Où et quand l’observer en Guadeloupe
L’espèce vit dans les Caraïbes, aux Bahamas, dans le golfe du Mexique, en Floride et aux Bermudes. L’OFB la signale en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, et GBIF recense plus de 240 observations guadeloupéennes.
On la trouve de quelques dizaines de centimètres jusqu’à plus de 80 m, mais elle est surtout commune jusqu’à 20 m. Elle domine souvent dans les lagons et sur le haut des pentes récifales. Fixée et très longévive, elle s’observe toute l’année. Ses massifs sont souvent l’élément le plus volumineux d’un récif peu profond.
Biologie et comportement
Comme les autres coraux bâtisseurs, le corail étoilé massif vit en association avec des zooxanthelles. Ces micro-algues logées dans ses tissus lui fournissent des sucres par photosynthèse. Ses polypes capturent aussi du zooplancton avec leurs tentacules.
Les colonies sont hermaphrodites. Selon l’OFB, la ponte a lieu une fois par an, entre mi-août et septembre : les polypes libèrent leurs gamètes en pleine eau. La colonie peut aussi s’étendre par multiplication asexuée. Sa longévité est mal connue, mais une colonie peut sans doute vivre un siècle.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN), évaluation du 1er juin 2021 selon SeaLifeBase. Elle figure à l’annexe II de la CITES. En Guadeloupe, elle est protégée par l’arrêté ministériel du 25 avril 2017 : il est interdit de la casser, de l’abîmer, de la prélever ou de la transporter, vivante ou morte. Selon l’OFB, l’infraction est un délit puni de trois ans de prison et 150 000 € d’amende, montant doublé en cœur de parc national.
La maladie SCTLD, signalée en Guadeloupe depuis mai 2020, l’a durement frappée. Le bilan de Bouchon et ses collègues (2023) la range parmi les coraux structurants du récif dont l’abondance a régressé « de façon drastique » entre 2020 et 2022.
Bien l’observer et la photographier
Ces massifs paraissent solides, mais une main ou un genou posés dessus écrasent les polypes et ouvrent la porte aux maladies. Réglez votre flottabilité avant d’arriver et restez à distance. Pour la photo, un plan large montre la forme en colonnes ; un plan macro, éclairé de biais, fait ressortir les petits calices en étoile. Si vous voyez des plaques de tissu blanc fraîchement mort sur une colonie, signalez-les à votre club ou au Parc national.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Orbicella annularis, Corail-étoilé lobé
- WoRMS : Orbicella annularis (Ellis & Solander, 1786)
- SeaLifeBase : Orbicella annularis
- OFB : Corail étoile massif, Orbicella annularis
- Arrêté du 25 avril 2017 fixant la liste des coraux protégés en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin (AIDA, Ineris)
- Bouchon C. et al. (2023), Bilan de l’impact de la SCTLD sur les récifs coralliens de Guadeloupe, Parc national de la Guadeloupe
- Coralpedia (université de Warwick) : Montastraea annularis
- GBIF : Orbicella annularis