Fiche n° 1299 · Flore · Algues & plantes

Palétuvier rouge

Rhizophora mangle

Amérique Caraïbes Guadeloupe Grand Cul-de-Sac marin

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/guadeloupe-flore-paletuvier-rouge/

Palétuvier rouge (Rhizophora mangle)
Photo : Slaunger — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Arbre ou arbuste qui pousse les pieds dans l'eau de mer, en première ligne de la mangrove.
  • Racines-échasses arquées, souvent rougeâtres, qui partent du tronc et plongent dans l'eau et la vase.
  • Feuilles épaisses, persistantes, vert cru et luisantes, en forme de fer de lance, groupées au bout des rameaux.
  • Petites fleurs jaunâtres à 4 sépales cireux et 4 pétales frangés de longs poils.
  • Fruits qui germent sur l'arbre : longues propagules vertes à pointe brune, de 20 à 30 cm, pendant aux branches.

Noms

Nom usuel
Palétuvier rouge
Nom scientifique
Rhizophora mangle
Autres noms
Mangle rouge · Manglier rouge · Red mangrove · Mangle rojo

Distribution géographique

Côtes tropicales d'Amérique (des Bermudes et de la Floride au Brésil, Pacifique compris) et d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal à l'Angola ; présent aussi dans le Pacifique (Galápagos, Fidji, Polynésie). En Guadeloupe, il borde le Grand Cul-de-Sac marin, qui abrite la plus large ceinture de mangrove des Petites Antilles (plus de 6 000 ha).

Zones : Caraïbes · Guadeloupe · Grand Cul-de-Sac marin — Amérique

Biotope

Zone de balancement des marées et estuaires, sur vase ou sable vaseux, au contact direct de l'eau de mer ; racines immergées dans une eau calme et souvent trouble, entre la surface et 1 à 2 m.

Profondeur : 0 – 2 m

Repères pour le plongeur

Sous la surface, les racines-échasses du palétuvier rouge forment une forêt engloutie couverte d'éponges, d'huîtres et d'algues, où grandissent les jeunes poissons du récif. Observez-les en palmes-masque-tuba, en eau calme, sans vous y accrocher ni remuer la vase.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Photosynthèse par les feuilles, nutriments et minéraux puisés dans la vase par les racines. Il ne possède pas de glandes à sel : il exclut l'essentiel du sel au niveau des racines.

Reproduction

Floraison dès l'âge de 5 ans environ, toute l'année mais surtout en saison humide (juin à septembre aux Antilles françaises) ; pollinisation par le vent. Vivipare : la graine germe sur l'arbre, puis la propagule tombe et se plante dans la vase, ou dérive jusqu'à un an en mer avant de s'enraciner.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN. Inscrit à l'annexe III du protocole SPAW (convention de Carthagène). En Guadeloupe, les mangroves du Grand Cul-de-Sac marin sont classées en cœur du Parc national et font partie du site Ramsar inscrit le 8 décembre 1993 (29 500 ha).

Espèces ressemblantes

  • Palétuvier noir (Avicennia germinans) : sans racines-échasses ; il pousse un peu en retrait, dans la mangrove humide inondée par les marées.
  • Palétuvier blanc (Laguncularia racemosa) et palétuvier gris (Conocarpus erectus) : sans racines-échasses ; ils occupent la zone de transition avec la terre ferme.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

Le palétuvier rouge est un arbre, de la famille des Rhizophoracées, capable de pousser les pieds dans l’eau de mer. Sa silhouette est unique dans l’Atlantique : du tronc partent des racines-échasses arquées, souvent rougeâtres, qui descendent jusqu’à la vase et s’y ramifient. Ses feuilles épaisses et luisantes, vert cru, ont la forme d’un fer de lance et poussent en bouquets au bout des branches.

Autre signe distinctif, ses fruits germent sur l’arbre. On voit pendre aux branches de longues propagules vertes à pointe brune, de 20 à 30 cm. DORIS le résume : dans l’Atlantique, c’est le seul arbre à racines-échasses, donc difficile à confondre. Les autres palétuviers des Antilles (noir, blanc et gris) poussent plus en retrait, sans racines-échasses.

La photo de couverture montre une frange de palétuviers rouges à l’anse du Canal, près de Petit-Canal, sur la rive du Grand Cul-de-Sac marin.

Où et quand l’observer en Guadeloupe

C’est le plus répandu des palétuviers : il borde les côtes tropicales des Amériques et d’Afrique de l’Ouest. En Guadeloupe, son royaume est le Grand Cul-de-Sac marin, vaste baie entre Basse-Terre et Grande-Terre. Selon la fiche Ramsar, le site abrite la plus large ceinture de mangrove des Petites Antilles (plus de 6 000 ha) et une barrière de corail de 25 à 29 km selon les documents ; les mangroves y sont dominées par les palétuviers rouges et noirs.

En première ligne, au contact de la mer, se trouvent les palétuviers rouges. Leurs racines immergées s’observent entre la surface et 1 à 2 m, en eau calme et souvent trouble. Il est visible toute l’année ; les fleurs sont plus abondantes de juin à septembre.

Biologie et comportement

Le palétuvier rouge est une espèce pionnière. Ses propagules tombent comme des fléchettes et se plantent dans la vase, ou dérivent jusqu’à un an en mer avant de s’enraciner plus loin. Ses racines-échasses, couvertes de petits pores respiratoires, lui permettent de vivre dans une vase pauvre en oxygène.

Sous l’eau, ces racines sont un milieu très riche. DORIS y décrit des éponges, des hydraires, des huîtres et des moules de palétuviers, des balanes et des vers, mangés à leur tour par crabes et poissons. Certaines éponges échangent même des nutriments avec l’arbre, et les deux croissent mieux ensemble. Les feuilles tombées nourrissent une foule de petits crabes.

La fiche Ramsar insiste sur le rôle de nurserie : de nombreuses espèces récifales grandissent en mangrove, migrent vers les herbiers puis vers le récif. Le site recense 261 espèces de poissons, et l’îlet Fajou sert de nurserie au requin citron. Les racines amortissent aussi la houle et retiennent les sédiments.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure (LC). Elle figure à l’annexe III du protocole SPAW de la convention de Carthagène. En Guadeloupe, les mangroves du Grand Cul-de-Sac marin sont classées en cœur du Parc national, et la baie est un site Ramsar depuis le 8 décembre 1993. La fiche Ramsar cite parmi les menaces les dépôts illégaux de déchets et le développement d’activités touristiques perturbantes.

Bien l’observer et la photographier

Choisissez une eau calme et un chenal accessible, de préférence avec un guide ou une structure qui connaît le site. Restez en surface, en palmes-masque-tuba : ne vous tenez pas aux racines, ne marchez pas sur le fond et palmez doucement, car la vase se soulève vite et brouille tout. Respectez la réglementation du cœur de Parc national.

L’eau des mangroves est rarement limpide. Pour la photo, approchez-vous très près des racines, en grand-angle, et jouez la demi-surface : le feuillage au-dessus, les racines couvertes d’éponges et les juvéniles en dessous.

Sources