Fiche n° 1312 · Faune · Poissons

Napoléon

Cheilinus undulatus

Océan Indien Passes (kandu) Tombant extérieur Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-napoleon/

Napoléon (Cheilinus undulatus)
Photo : MDC Seamarc Maldives — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Très grand labre au corps haut et massif : 60 cm en moyenne, jusqu'à 2,29 m chez les plus grands.
  • Bosse frontale chez l'adulte, d'autant plus marquée que le poisson est âgé.
  • Lèvres épaisses et charnues, deux fortes canines à l'avant de chaque mâchoire.
  • Deux courtes lignes noires partant de l'arrière de l'œil.
  • Corps vert olive à grandes écailles barrées d'un trait sombre ; tête bleu-vert parcourue de lignes jaunâtres ondulées.
  • Dorsale et anale très pointues vers l'arrière, caudale arrondie.

Noms

Nom usuel
Napoléon
Nom scientifique
Cheilinus undulatus
Autres noms
Labre géant · Labre napoléon · Humphead wrasse · Napoleon wrasse
Synonymes
Cheilinus mertensii · Cheilinus godeffroyi · Crassilabrus undulatus

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge à l'Afrique du Sud et jusqu'aux Tuamotu, des Ryukyu à la Nouvelle-Calédonie. Aux Maldives, une étude menée autour de l'atoll de Laamu le recense dans les passes, sur les pentes externes et internes et sur les faros.

Zones : Passes (kandu) · Tombant extérieur · Lagon — Océan Indien

Biotope

Adultes sur les pentes externes, les pentes de passes et parfois les récifs de lagon, de 0,5 à 100 m selon DORIS ; nuit passée dans une grotte ou sous un surplomb. Juvéniles dans les massifs d'Acropora et les herbiers.

Profondeur : 0.5 – 100 m

Repères pour le plongeur

Aux Maldives, c'est dans les passes (kandu) que le napoléon est le plus dense. Sédentaire, il devient familier des plongeurs sur les sites protégés : ne le nourrissez pas et ne le poursuivez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mollusques, poissons, oursins, crustacés et autres invertébrés ; l'un des rares prédateurs d'animaux toxiques comme les lièvres de mer, les poissons-coffres et l'acanthaster.

Reproduction

Hermaphrodite protogyne : naît femelle, maturité vers 50 cm, certaines femelles deviennent mâles ensuite. Ponte en couples au sein de rassemblements ; œufs planctoniques.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Aux Maldives, son exportation est interdite depuis 1995, une première mondiale ; la notification de l'archipel à l'OMC cite le règlement des pêches 5/87.

Espèces ressemblantes

  • Perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum) : silhouette massive et bosse frontale comparables de loin, mais bouche en bec de perroquet, livrée vert sombre uniforme et front jaune à rose.
  • Labre triloba (Cheilinus trilobatus) : peut rappeler un jeune napoléon, mais ne dépasse pas 45 cm et porte des stries rouges sur les écailles.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le napoléon est le plus grand des labres. Il mesure en moyenne 60 cm, mais FishBase cite des individus de 2,29 m pour 191 kg. Son corps est haut, massif et aplati sur les côtés, couvert de grandes écailles. Le nom vient de la bosse qui se développe sur le front de l’adulte. Elle grossit avec l’âge, au point de dépasser l’œil vers l’avant chez les vieux poissons.

Regardez ensuite la tête. Les lèvres sont épaisses et charnues, et deux courtes lignes noires partent de l’arrière de l’œil. L’adulte est vert olive, chaque écaille barrée d’un petit trait sombre. Sa tête bleu-vert est parcourue de lignes jaunâtres ondulées. Les nageoires dorsale et anale s’étirent en pointe vers l’arrière, et la caudale est arrondie.

Le juvénile est plus pâle, avec deux lignes noires diagonales qui traversent l’œil. DORIS estime qu’un adulte ne se confond avec aucune autre espèce. De loin, en pleine eau, sa silhouette peut toutefois rappeler celle du perroquet à bosse. Le bec de perroquet et la livrée uniforme de ce dernier lèvent vite le doute.

Où et quand l’observer aux Maldives

Les Maldives sont l’un des meilleurs endroits pour le voir. Une étude publiée en 2022 l’a recensé autour de l’atoll de Laamu, grâce aux guides de plongée. Les passes vers le large, les kandu, abritent les plus fortes densités : environ 6 poissons par hectare. Viennent ensuite les pentes externes (2,65) et internes (2,29), puis les faros, ces récifs isolés à l’intérieur de l’atoll (0,73). Les auteurs jugent ces densités comparables à celles de zones non pêchées.

L’espèce vit de la surface à 100 m de fond selon DORIS. L’adulte parcourt le récif de jour et passe la nuit dans une grotte ou sous un surplomb. Sédentaire, il reste toute l’année sur son secteur : aucune saison particulière n’est signalée. GBIF recense plus de 250 observations aux Maldives (relevé d’octobre 2026).

Biologie et comportement

Ses dents broient mollusques, crustacés, oursins et étoiles de mer. FishBase le compte parmi les rares prédateurs d’animaux toxiques : lièvres de mer, poissons-coffres et acanthaster, l’étoile de mer qui dévore le corail. Il aspire ses proies grâce à une bouche protractile et retourne parfois des blocs de corail mort pour les dénicher.

C’est un hermaphrodite protogyne. Il naît femelle et devient mature vers 50 cm, entre 5 et 7 ans selon DORIS. Certaines femelles changent ensuite de sexe. La ponte a lieu en couples, au sein de rassemblements. À Laamu, l’étude de 2022 a repéré des sites de ponte probables, marqués par des hausses passagères de densité et la présence de grands mâles. L’espèce vit au moins 32 ans.

Statut et protection

L’UICN classe le napoléon « En danger » (EN, critères A2bcd), évaluation du 17 juillet 2024 selon FishBase. Sa maturité tardive le rend très vulnérable à la pêche, et le commerce de poissons vivants pour la restauration a fait chuter ses populations. Il figure à l’annexe II de la CITES.

Les Maldives ont été le premier pays à interdire son exportation, en 1995. La notification de l’archipel à l’Organisation mondiale du commerce mentionne cette interdiction et cite le règlement des pêches 5/87. Trente ans plus tard, la bonne santé des populations de Laamu montre l’effet de cette protection.

Bien l’observer et la photographier

DORIS le décrit plutôt prudent, voire craintif, mais familier des plongeurs sur les sites protégés et très fréquentés. C’est souvent le cas aux Maldives, où il peut s’approcher seul d’une palanquée. Laissez-le venir, restez calme et ne le poursuivez pas : un poisson qui fuit ne revient pas. Ne le nourrissez jamais. DORIS note qu’il accepte volontiers ce que lui tendent des plongeurs peu soucieux de son bien-être. Dans une passe, accrochez-vous au récif mort ou utilisez un crochet de courant plutôt que de palmer contre le flux.

Pour la photo, un grand-angle s’impose sur un adulte. Visez la tête de trois quarts : la bosse, les lèvres et les lignes jaunes ondulées font tout le portrait. Un éclairage doux restitue mieux le vert et le bleu de la livrée qu’un flash puissant.

Sources