Fiche n° 1319 · Faune · Poissons

Perroquet à bosse

Bolbometopon muricatum

Océan Indien Tombant extérieur Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-perroquet-a-bosse/

Perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum)
Photo : Tony Tong — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Le plus grand des poissons-perroquets : 70 cm en moyenne, jusqu'à 1,30 m et 46 kg.
  • Grosse bosse sur le front de l'adulte, dans le prolongement du bec chez le mâle, un peu en arrière chez la femelle.
  • Dents soudées en un bec robuste, bien visible ; profil de la tête très abrupt.
  • Livrée unie vert olive, vert-bleu ou gris ardoise ; avant de la tête jaune à rose.
  • Mâle et femelle de même couleur, contrairement aux autres perroquets.
  • Juvénile brun-gris à 5 rangées verticales de points blanchâtres, sans bosse.

Noms

Nom usuel
Perroquet à bosse
Nom scientifique
Bolbometopon muricatum
Autres noms
Poisson-perroquet à bosse · Perroquet bossu vert · Poisson bison · Bumphead parrotfish · Humphead parrotfish
Synonymes
Scarus muricatus · Callyodon muricatus

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Samoa et aux îles de la Ligne, des Yaeyama à la Grande Barrière et à la Nouvelle-Calédonie. Aux Maldives, sa présence est attestée mais rare : GBIF n'y recense que 6 observations de plongeurs entre 2013 et 2023.

Zones : Tombant extérieur · Lagon — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens clairs du lagon extérieur et des pentes externes, de 1 à 30 m selon DORIS, jusqu'à 40 m selon FishBase. Nuit passée en groupe dans une grotte ou une épave. Juvéniles dans les herbiers du lagon.

Profondeur : 1 – 40 m

Repères pour le plongeur

Rare aux Maldives : une rencontre avec le perroquet à bosse reste une chance. S'il passe, restez immobile et laissez le groupe défiler ; ne le poursuivez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Racle et broie le corail vivant et les algues benthiques avec son bec et ses dents pharyngiennes ; mange aussi des coquillages. Il rejette le calcaire broyé sous forme de sable fin.

Reproduction

Ovipare, en couples au moment de la ponte. Les femelles sont matures vers 61 à 65 cm. Pendant le frai, les mâles s'affrontent à coups de tête, au point qu'on entend les chocs.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 15 juillet 2024 selon FishBase. Non inscrit à la CITES. Très sensible à la surpêche, surtout la nuit quand les groupes dorment dans le lagon ; disparu de certaines zones du Pacifique selon DORIS.

Espèces ressemblantes

  • Napoléon (Cheilinus undulatus) : silhouette massive et bosse frontale comparables de loin ; de près, ses lèvres épaisses, ses lignes jaunes ondulées sur la tête et l'absence de bec lèvent le doute.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le perroquet à bosse est le plus grand des poissons-perroquets. Il mesure 70 cm en moyenne et peut atteindre 1,30 m pour 46 kg. Sa silhouette est massive et son profil de tête très abrupt. Une grosse bosse se dresse sur le front de l’adulte. FishBase la dit visible dès 25 cm environ.

Ses dents sont soudées en plaques robustes qui forment un bec, d’où le nom de perroquet. La livrée est unie, vert olive, vert-bleu ou gris ardoise, avec l’avant de la tête jaune à rose. Le corps est couvert de grandes écailles très dures. Contrairement aux autres perroquets, mâle et femelle ont la même couleur. DORIS donne un indice pour les distinguer : chez le mâle, la bosse prolonge le bec à la verticale, alors que chez la femelle elle commence un peu en arrière.

Le juvénile est brun-gris, avec 5 rangées verticales de points blanchâtres, et n’a pas encore de bosse. De loin, en pleine eau, l’adulte peut rappeler le napoléon. DORIS note que la bosse et le bec de perroquet lèvent vite toute ambiguïté.

Où et quand l’observer aux Maldives

C’est l’une des espèces les plus difficiles à voir de cette liste. Il est bien présent aux Maldives, mais rare. GBIF n’y recense que 6 observations de plongeurs, entre 2013 et 2023 (relevé d’octobre 2026), contre plusieurs centaines pour d’autres poissons de récif. Aucune source consultée ne décrit de population suivie dans l’archipel. Considérez une rencontre comme une chance plutôt qu’une attente.

DORIS le décrit sur les récifs coralliens, dans le lagon, sur le platier ou le récif extérieur, entre 1 et 30 m. FishBase précise que les adultes préfèrent les eaux claires du lagon extérieur et des pentes tournées vers le large. Ils vivent en groupes et passent la nuit dans une grotte ou une épave. Les juvéniles grandissent dans les herbiers du lagon. Aucune saison particulière n’est signalée.

Biologie et comportement

Le perroquet à bosse se nourrit en raclant et en broyant le corail avec son bec et ses dents pharyngiennes, placées au fond de la gorge. Il mange aussi des algues et des coquillages. Il rejette le calcaire broyé sous forme de sable fin. DORIS cite une estimation de près de 5 tonnes de corail brouté par an pour un grand individu. Il contribue ainsi à la formation du sable corallien des plages.

Les adultes vivent en groupes de 30 à 50 individus, parfois plus de 75 selon DORIS, alors que les jeunes sont souvent solitaires. Au moment de la ponte, ce poisson habituellement paisible devient agressif : les mâles s’affrontent à coups de tête, et les chocs s’entendent à distance. Les femelles sont matures vers 61 à 65 cm. Sa croissance est lente et il peut vivre 40 ans.

Statut et protection

L’UICN classe le perroquet à bosse « Vulnérable » (VU, critères A2bcd). FishBase date cette évaluation du 15 juillet 2024. Il n’est pas inscrit à la CITES. Sa grande taille, sa croissance lente et ses regroupements nocturnes dans le lagon en font une proie facile pour la pêche, surtout de nuit. DORIS le signale disparu de certaines zones du Pacifique. Nous n’avons pas trouvé de mesure de protection propre à l’espèce aux Maldives.

Bien l’observer et la photographier

DORIS le décrit prudent vis-à-vis des plongeurs. Pourtant, quand un groupe se déplace en pleine eau, il arrive que les plongeurs immobiles soient englobés dans le banc. Le meilleur réflexe est donc de ne pas bouger, de rester au bord du récif et de laisser passer les poissons. Ne les poursuivez jamais : ils s’éloignent vite et ne reviennent pas.

Pour la photo, un grand-angle s’impose. Visez la tête de trois quarts, pour montrer à la fois la bosse et le bec. Si vous en croisez un, notez le site, la date et la profondeur : chaque observation compte pour une espèce aussi rare dans l’archipel.

Sources