Fiche n° 1325 · Faune · Invertébrés
Phyllidie verruqueuse
Phyllidia varicosa
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-phyllidie-verruqueuse/
Clé d'identification
- Limace de mer allongée et ovale, de 57 mm en moyenne, jusqu'à 110 mm selon DORIS.
- Dos noir parcouru de 3 à 6 crêtes longitudinales bleu-gris, dont une crête centrale toujours présente.
- Crêtes hérissées de protubérances dures, coniques ou anguleuses, à sommet jaune.
- Rhinophores jaunes, à extrémité arrondie ; pas de panache branchial sur le dos.
- Sous le pied (sole), une ligne médiane longitudinale noire, continue ou cassée.
Noms
- Nom usuel
- Phyllidie verruqueuse
- Nom scientifique
- Phyllidia varicosa
- Autres noms
- Phyllidie verruqueuse · Phyllidie varicée · Three colored phyllidia · Phyllidie variqueuse
- Synonymes
- Phyllidia arabica · Phyllidia trilineata · Phyllidia borbonica · Phyllidia quinquelineata
Distribution géographique
Indo-Pacifique ouest, Pacifique central et mer Rouge. Aux Maldives, GBIF compte près de 200 occurrences (octobre 2026), et plusieurs photos sous-marines de l'atoll de Baa sont publiées sur Wikimedia Commons.
Zones : Thilas · Tombant extérieur · Lagon — Océan Indien
Biotope
Récifs coralliens, à partir de 5 m selon DORIS ; SeaLifeBase la signale sur les récifs subtidaux entre 10 et 20 m. Elle se déplace à découvert sur le récif, souvent près des éponges dont elle se nourrit.
Profondeur : 5 – 20 m
Repères pour le plongeur
Nudibranche noir à crêtes bleutées et tubercules jaunes, l'un des plus faciles à repérer sur les récifs des Maldives. Observez-la sans la toucher ni la déplacer : son mucus est toxique pour les petits animaux.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Spongivore : se nourrit d'éponges (genres Halichondria, Hymeniacidon, Axinyssa notamment) qu'elle prédigère en dévaginant un intestin céphalique, sans mâchoires ni radula (DORIS).
Reproduction
Hermaphrodite simultanée, comme tous les nudibranches (SeaLifeBase). Ponte en ruban plat crème d'environ 3 cm de diamètre (DORIS) ; les larves véligères passent par un stade planctonique.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase. Aucune réglementation maldivienne propre à l'espèce n'a été trouvée dans les sources consultées.
Espèces ressemblantes
- Phyllidia coelestis : plus petite, trois bandes noires sur le dos et tubercules qui ne forment pas de crête continue ; pas de ligne noire sous le pied (DORIS).
- Phyllidia marindica : crête centrale bleu-gris flanquée de deux bandes noires ; pas de ligne noire sous le pied ; présente dans l'océan Indien (DORIS).
- Juvéniles de l'holothurie Pearsonothuria graeffei : DORIS cite un possible mimétisme avec les phyllidies, une hypothèse discutée.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Invertébrés
Identification
La phyllidie verruqueuse (nom DORIS), parfois dite phyllidie variqueuse, est une limace de mer, un nudibranche de la famille des Phyllidiidae. Son nom latin, varicosa, signifie « qui a des varices », en référence aux nombreuses bosses de son dos. DORIS lui donne 57 mm en moyenne et jusqu’à 110 mm ; SeaLifeBase retient 7 cm au maximum.
Le corps est allongé et ovale. Le dos est noir, parcouru de trois à six crêtes longitudinales bleu-gris. Une crête centrale est toujours présente. Ces crêtes portent des protubérances dures, coniques ou anguleuses, dont le sommet est jaune : elles doivent leur rigidité à de petits spicules. Les deux rhinophores, les « antennes » sensorielles de l’avant, sont jaunes et arrondis au bout. Contrairement à beaucoup de nudibranches, elle n’a pas de panache branchial sur le dos : ses branchies sont des lamelles cachées sous le manteau.
Pour trancher, DORIS donne un critère décisif : sous le pied, la sole porte une ligne noire médiane, continue ou cassée. Phyllidia coelestis, plus petite, a trois bandes noires sur le dos et des tubercules qui ne forment pas de crête continue. Phyllidia marindica, présente dans l’océan Indien, montre une crête centrale bleu-gris flanquée de deux bandes noires. Ni l’une ni l’autre n’a de ligne noire sous le pied.
Où et quand l’observer aux Maldives
DORIS la présente comme la phyllidie la plus commune de son genre. Elle occupe l’Indo-Pacifique ouest, le Pacifique central et la mer Rouge. Aux Maldives, elle est très bien attestée : GBIF y compte près de 200 occurrences, et plusieurs photos sous-marines de l’atoll de Baa sont publiées sur Wikimedia Commons.
DORIS la signale sur les récifs coralliens à partir de 5 m, et SeaLifeBase entre 10 et 20 m. Elle se promène à découvert, de jour, sur les thilas, les tombants et les pâtés coralliens des lagons. Elle s’observe toute l’année. Ses couleurs vives la rendent facile à repérer, même pour un plongeur débutant.
Biologie et comportement
Elle se nourrit d’éponges, notamment des genres Halichondria, Hymeniacidon et Axinyssa. Les phyllidies n’ont ni mâchoires ni radula. DORIS explique qu’elles retournent une partie de leur intestin sur l’éponge, prédigèrent ses tissus avec des sucs acides, puis aspirent le résultat.
Ses couleurs vives sont un avertissement. Elle récupère dans les éponges des substances toxiques, des sesquiterpènes, qui la protègent des prédateurs. Dérangée, elle sécrète un mucus capable de tuer crustacés et poissons en aquarium.
Comme tous les nudibranches, elle est hermaphrodite simultanée. SeaLifeBase décrit des accouplements où chaque partenaire peut jouer le rôle du mâle ou de la femelle. La ponte forme un ruban plat, couleur crème, d’environ 3 cm de diamètre.
Statut et protection
SeaLifeBase indique que l’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE). Aucune réglementation maldivienne propre à ce nudibranche n’apparaît dans les sources consultées. Elle dépend de la santé du récif et des éponges dont elle se nourrit.
Bien l’observer et la photographier
Ne la touchez pas et ne la déplacez pas pour une meilleure photo : son mucus est toxique pour les petits animaux et la manipulation la stresse. Stabilisez-vous à bonne distance, sans poser genoux ni palmes sur le récif, ce qui demande une bonne flottabilité près du fond.
Un objectif macro est idéal. Placez-vous au niveau de l’animal, de trois quarts avant, pour montrer les rhinophores jaunes et les crêtes. Si elle grimpe sur une surface verticale, profitez-en pour photographier le dessous du pied et sa ligne noire, qui confirme l’identification.