Fiche n° 1345 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge tubulaire

Callyspongia spp.

Océan Indien Tombant extérieur Thilas Passes (kandu)

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-flore-eponge-tubulaire/

Éponge tubulaire (Callyspongia spp.)
Photo : Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Animal fixé (spongiaire) en tubes dressés, en rameaux ou en vases, souvent groupés en bouquets.
  • Orifices de sortie de l'eau (oscules) au sommet des tubes ou répartis le long des rameaux.
  • Consistance spongieuse et élastique, typique du genre.
  • Couleurs souvent lavande, mauves, roses ou bleues ; aux Maldives, l'espèce la plus photographiée, Callyspongia biru, est d'un bleu vif.
  • L'espèce exacte ne se détermine pas sur photo sans examen du squelette : on s'en tient au genre.

Noms

Nom usuel
Éponge tubulaire
Nom scientifique
Callyspongia spp.
Autres noms
Éponge-tuyau · Éponge tubulaire lavande · Tube sponge

Distribution géographique

Genre présent dans les mers tropicales, de l'Atlantique ouest à l'Indo-Pacifique. Aux Maldives, le genre est attesté par le guide du benthos d'Amjad et al. (2024), à 30 m dans les atolls de Malé Nord et de Vaavu, et par une quarantaine de photos iNaturalist identifiées comme Callyspongia biru (atolls d'Ari, de Kaafu, de Baa, d'Addu et de Gnaviyani notamment).

Zones : Tombant extérieur · Thilas · Passes (kandu) — Océan Indien

Biotope

Fixée sur les substrats durs des récifs, des tombants et des surplombs, en eau claire.

Profondeur : 6 – 30 m

Repères pour le plongeur

Éponges du genre Callyspongia, en tubes ou en rameaux lavande à bleu vif, fixées sur les tombants, les thilas et les surplombs des Maldives. Regardez dans les tubes sans y glisser la main, et gardez vos palmes à distance.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : l'éponge pompe l'eau par de minuscules pores et en retient les particules microscopiques avant de la rejeter par les oscules.

Reproduction

Non documentée pour les espèces des Maldives dans les sources consultées.

Conservation

Non évalué (UICN)

Callyspongia biru n'est pas évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN ni inscrite à la CITES, selon SeaLifeBase (version 2025-2). Aucune réglementation maldivienne propre aux éponges n'a été trouvée.

Espèces ressemblantes

  • Éponge oreille d'éléphant (Stylissa carteri) : lame ou éventail orange vif, sans tubes ni rameaux.
  • Callyspongia siphonella (éponge tubulaire lavande) : tubes dressés lavande décrits par DORIS dans l'océan Indien, notamment à Mayotte ; sa présence aux Maldives n'est pas documentée.
  • Autres éponges ramifiées bleues ou mauves (Clathria, Amphimedon) : leurs rameaux s'entremêlent parfois avec ceux de Callyspongia biru, d'où des confusions sur photo.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

Cette fiche porte sur un genre, Callyspongia, et non sur une espèce. Sous l’eau, les éponges de ce genre ne se distinguent pas à l’œil : il faut examiner leur squelette de fibres et de spicules au microscope. Le nom latin retenu est donc « Callyspongia spp. », la notation des naturalistes pour « plusieurs espèces du genre ».

Ce sont des animaux fixés, des éponges, classés dans la flore du site comme les coraux. Elles forment des tubes dressés, des vases ou des rameaux, souvent groupés en bouquets. L’eau entre par une multitude de petits pores et ressort par des orifices plus grands, les oscules, situés au sommet des tubes ou alignés le long des rameaux. La consistance est spongieuse et élastique. Les couleurs vont du lavande au mauve, au rose ou au bleu.

Aux Maldives, l’espèce la plus photographiée est Callyspongia biru. Son descripteur, de Voogd, la décrit en 2004 comme une éponge d’un bleu vif, encroûtante à la base, qui dresse des rameaux arrondis, parfois fourchus, jusqu’à 40 cm de long. Ses oscules, de 0,5 à 2 mm, sont répartis sur tous les rameaux, et elle libère un mucus abondant quand on la presse. Elle forme donc plus souvent des branches que de vrais tubes. Les tubes lavande évoqués par le nom de la fiche correspondent mieux à Callyspongia siphonella, que DORIS décrit dans l’océan Indien, mais dont la présence aux Maldives n’est pas documentée.

Où et quand l’observer aux Maldives

Le guide du benthos des Maldives publié en 2024 par Amjad et ses collègues montre un Callyspongia non identifié à l’espèce, photographié à 30 m dans les atolls de Malé Nord et de Vaavu. Sur iNaturalist, une quarantaine d’observations des Maldives sont rattachées à Callyspongia biru. Elles viennent notamment de l’atoll d’Ari (Rasdhoo, Gangehi, Kudarah), de l’atoll de Kaafu (Guraidhoo), de l’atoll de Baa, de Gan dans l’atoll d’Addu et de l’atoll de Gnaviyani. Ces identifications reposent sur des photos et restent à prendre avec prudence.

Cherchez ces éponges sur les substrats durs : tombants, thilas, surplombs et bords de passes. SeaLifeBase donne C. biru entre 6 et 15 m dans son aire d’origine, l’Indonésie. Fixées, elles s’observent toute l’année.

Biologie et comportement

Comme toutes les éponges, les Callyspongia sont des filtreurs. Elles pompent l’eau à travers leur corps et en retiennent les particules microscopiques, plancton et débris. Les tubes et les rameaux servent d’abri à de petits poissons et à des invertébrés. SeaLifeBase signale que C. biru héberge souvent des balanes et des bivalves, et que ses rameaux s’entremêlent volontiers avec ceux d’autres éponges ramifiées.

La reproduction des espèces présentes aux Maldives n’est pas décrite dans les sources consultées.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que Callyspongia biru n’est pas évaluée par l’UICN (NE, version 2025-2) et qu’elle n’est pas inscrite à la CITES. Les autres espèces du genre ne sont pas davantage évaluées dans les sources consultées. Aucune réglementation maldivienne propre aux éponges n’a été trouvée.

Bien l’observer et la photographier

Les éponges tubulaires poussent souvent sur les tombants, où le courant pousse le plongeur vers la paroi. Gardez une bonne distance, contrôlez votre flottabilité et ne vous accrochez pas aux tubes : ils se déchirent facilement. Ne glissez pas la main dans les tubes.

En photo, une lampe ou un flash restitue les couleurs, que l’eau bleue éteint dès quelques mètres. Cadrez l’éponge entière, puis un gros plan de la surface et des oscules. Notez la couleur, la forme (tubes ou rameaux) et la profondeur : ce sont les indices qui aident un spécialiste à proposer une espèce.

Sources