Fiche n° 1301 · Faune · Requins & raies

Raie manta

Mobula alfredi

Océan Indien Thilas Passes (kandu) Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-raie-manta/

Raie manta (Mobula alfredi)
Photo : Ahmed Abdul Rahman — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Grande raie aplatie, environ 2,2 à 2,4 fois plus large que longue, qui « vole » en battant des nageoires pectorales.
  • Bouche large et rectangulaire placée tout au bout de la tête, encadrée de deux nageoires céphaliques enroulées en nage et déroulées pour se nourrir.
  • Dos noir à bleu nuit, avec deux taches blanches d'épaule dont le bord avant s'incurve vers le milieu du dos.
  • Ventre blanc semé de points noirs, y compris entre les fentes branchiales : leur dessin est propre à chaque individu.
  • Queue en fouet, sans épine caudale ni renflement calcifié à sa base.

Noms

Nom usuel
Raie manta
Nom scientifique
Mobula alfredi
Autres noms
Manta des récifs · Raie manta de récif · Manta d'Alfred · Diable de mer · Reef manta ray
Synonymes
Manta alfredi · Ceratoptera alfredi

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et subtropical, de la mer Rouge et de l'Afrique du Sud jusqu'à Hawaï. FishBase cite les Maldives parmi les grands sites de rassemblement connus ; le Maldivian Manta Ray Project y a identifié son 5 000e individu en 2020.

Zones : Thilas · Passes (kandu) · Lagon — Océan Indien

Biotope

Côtes, atolls et récifs riches en plancton, souvent près de la surface, autour des stations de nettoyage des thilas et dans les baies où le plancton s'accumule. FishBase indique 0 à 120 m.

Profondeur : 0 – 120 m

Repères pour le plongeur

Aux Maldives, la raie manta se voit toute l'année : elle suit le plancton d'un côté à l'autre des atolls au fil des moussons. Restez posé à distance des stations de nettoyage, sans la toucher ni la poursuivre.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : plancton et petits crustacés, guidés vers la bouche par les nageoires céphaliques ; probablement aussi de petits poissons.

Reproduction

Ovovivipare. Gestation de 12 à 13 mois selon FishBase ; un petit, parfois deux, d'environ 1,5 m d'envergure, en moyenne tous les deux ans selon DORIS.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bcd+3d) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 9 novembre 2018 selon FishBase. Annexe II de la CITES, annexes I et II de la CMS. Aux Maldives, toutes les raies, mantas comprises, sont protégées depuis le 9 juin 2014 (loi 4/93 sur la protection de l'environnement).

Espèces ressemblantes

  • Manta géante (Mobula birostris) : taches d'épaule qui ne se rejoignent pas au milieu du dos, à bord avant parallèle à la bouche ; ventre sans points noirs entre les fentes branchiales ; petite épine à la base de la queue (critères DORIS). Les deux espèces sont protégées aux Maldives.
  • Raie léopard (Aetobatus ocellatus) : bien plus petite, dos semé de points blancs, tête détachée en bec et queue très longue.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La raie manta de récif est une très grande raie au corps aplati, un peu plus de deux fois plus large que long. FishBase lui donne 4,5 m d’envergure au plus, DORIS 5,5 m. Elle nage en battant ses grandes nageoires pectorales, comme si elle volait.

La bouche est large, rectangulaire et placée tout au bout de la tête. Deux nageoires céphaliques l’encadrent : enroulées pendant la nage, elles se déroulent quand l’animal mange. Le dos est noir à bleu nuit, marqué de deux grandes taches blanches d’épaule. Le ventre est blanc et semé de points noirs. Leur dessin ne change pas au cours de la vie et permet de reconnaître chaque individu, comme une empreinte digitale.

La confusion possible porte sur la manta géante, Mobula birostris. DORIS donne trois critères. Chez la géante, les taches d’épaule restent parallèles à la bouche et ne se rejoignent pas. Son ventre n’a pas de points noirs entre les fentes branchiales. Sa queue porte enfin une petite épine, absente chez la manta de récif.

Où et quand l’observer aux Maldives

Les Maldives abritent l’une des plus grandes populations connues de mantas de récif. FishBase cite l’archipel parmi les grands sites de rassemblement. Le Maldivian Manta Ray Project, programme phare de l’association Manta Trust, y a identifié son 5 000e individu en 2020 à partir des photos de ventre.

Les mantas sont présentes toute l’année, mais elles se déplacent avec le plancton. Le média maldivien Edition.mv rappelle les deux saisons : mousson du nord-est de janvier à avril environ, mousson du sud-ouest de mai à novembre. Le vent pousse le plancton vers un côté puis l’autre des atolls, et les raies suivent. Les plongées se font surtout sur les stations de nettoyage des thilas (Ari, Malé Nord, Baa). Votre centre saura quel côté de l’atoll travaille selon la saison.

Le site le plus célèbre est Hanifaru, dans l’atoll de Baa. Selon Edition.mv, des centaines de mantas s’y rassemblent de mai à novembre pour se nourrir. L’atoll de Baa a été proposé comme réserve de biosphère de l’UNESCO en 2011. Les données GBIF pour les Maldives couvrent tous les mois de l’année, avec moins de mentions en juin et juillet.

Biologie et comportement

C’est un filtreur. Elle avale le plancton et les petits crustacés que ses nageoires céphaliques dirigent vers sa bouche. Quand le plancton est très dense, plusieurs raies peuvent tourner en boucle ou faire des tonneaux pour mieux le récolter. Entre deux repas, elle visite les stations de nettoyage. Là, des labres nettoyeurs lui retirent les parasites des fentes branchiales et de la peau.

L’espèce est ovovivipare. Après une gestation de 12 à 13 mois selon FishBase, la femelle met au monde un petit, parfois deux, d’environ 1,5 m d’envergure. Elle ne se reproduit en moyenne que tous les deux ans selon DORIS. Cette faible fécondité rend l’espèce fragile face à la pêche.

Statut et protection

L’UICN classe la manta de récif « Vulnérable » (VU). FishBase date l’évaluation en vigueur du 9 novembre 2018. Elle est inscrite à l’annexe II de la CITES et aux annexes I et II de la Convention sur les espèces migratrices.

Aux Maldives, un avis publié au journal officiel déclare protégées, depuis le 9 juin 2014, la raie manta et toutes les espèces de raies des eaux maldiviennes. Le texte s’appuie sur l’article 4 de la loi 4/93 sur la protection de l’environnement. Selon Save Our Seas, il est désormais illégal de capturer, garder ou blesser une raie dans le pays. Divernet signale aussi deux aires marines protégées créées en 2009 pour les mantas.

Bien l’observer et la photographier

Sur une station de nettoyage, restez posé sur le fond ou en retrait, à l’écart du rocher où passent les raies. Ne vous placez pas au-dessus de la station et ne barrez pas la route des mantas. Ne les touchez jamais : le contact retire le mucus qui protège leur peau. Évitez aussi les bulles en plein dans leur trajectoire.

Pour la photo, un grand-angle est indispensable. Laissez la raie venir à vous plutôt que de la suivre. Si elle passe au-dessus, visez le ventre : cette image permet d’identifier l’individu, et la Manta Trust collecte ces photos auprès des plongeurs.

Sources