Fiche n° 1304 · Faune · Requins & raies

Requin corail

Triaenodon obesus

Océan Indien Passes (kandu) Tombant extérieur Thilas

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-requin-corail/

Requin corail (Triaenodon obesus)
Photo : Julien Bidet pour MDC Seamarc — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Requin mince et très allongé, de 1 à 1,5 m en général, dos brun-gris et ventre pâle.
  • Pointe blanc brillant au sommet de la première dorsale et du lobe supérieur de la caudale (parfois aussi de la seconde dorsale).
  • Museau très court, large et arrondi, avec de petits barbillons nasaux ; œil ovale, souvent vert.
  • Seconde dorsale presque aussi haute que la première, placée très en arrière.
  • Souvent posé immobile au fond le jour, sous un surplomb ou dans une grotte ; quelques taches noires possibles sur les flancs.

Noms

Nom usuel
Requin corail
Nom scientifique
Triaenodon obesus
Autres noms
Requin corail · Requin corail à pointes blanches · Requin à aileron blanc · Whitetip reef shark · Requin à pointes blanches de récif
Synonymes
Carcharias obesus · Triaenodon apicalis

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien et Pacifique tropical, jusqu'aux Galápagos et au Costa Rica à l'est (DORIS). Aux Maldives, GBIF réunit plusieurs centaines d'observations, réparties sur tous les mois de l'année.

Zones : Passes (kandu) · Tombant extérieur · Thilas — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens, lagons et versants externes en eau claire, souvent sur une tache de sable ou dans une passe. DORIS le situe surtout entre 1 et 40 m ; FishBase retient 0 à 330 m.

Profondeur : 0 – 330 m

Repères pour le plongeur

Le jour, cherchez-le posé sous les surplombs et au fond des passes, souvent à plusieurs. La nuit, il chasse activement dans le récif. Approchez lentement, sans bloquer la sortie de sa cachette.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Proies benthiques : petits poissons, poulpes, langoustes et crabes, chassés surtout la nuit et tôt le matin (DORIS, FishBase).

Reproduction

Vivipare : 1 à 5 petits d'environ 50 cm par portée, gestation mal connue (12 mois ?) selon DORIS. Maturité vers 5 ans, longévité d'environ 25 ans.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 16 juillet 2020 selon FishBase ; DORIS affiche encore l'ancien statut « Quasi menacé » (NT). Annexe II de la CITES. Aux Maldives, la pêche de tous les requins est interdite dans la zone économique exclusive depuis 2010.

Espèces ressemblantes

  • Requin à pointes argentées (Carcharhinus albimarginatus), appelé « requin pointes blanches de récif » par DORIS : plus grand (3 m), chez lui, c'est le bord des nageoires qui est blanc, et pas seulement la pointe (DORIS).
  • Requin océanique (Carcharhinus longimanus) : plus gros et plus trapu, première dorsale arrondie (DORIS).
  • Requin nourrice fauve (Nebrius ferrugineus) : lui aussi posé au fond, mais plus massif, uniformément fauve, sans pointes blanches, avec les deux dorsales très en arrière.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Ce petit requin mince est l’un des plus faciles à reconnaître. Il mesure en général 1 à 1,5 m. FishBase lui donne 2,13 m au plus, DORIS 2,2 m. Son corps est très allongé, brun-gris sur le dos et pâle dessous.

Son signe distinctif tient en deux taches. La pointe de la première dorsale et celle du lobe supérieur de la caudale sont d’un blanc brillant. La seconde dorsale en porte parfois une aussi. Le museau est très court, large et arrondi, avec deux petits barbillons nasaux. DORIS note un œil ovale, souvent très vert.

Attention au nom. DORIS appelle cette espèce « requin corail ». Il réserve le nom de « requin pointes blanches de récif » à Carcharhinus albimarginatus, une autre espèce, plus grande, dont toutes les nageoires sont bordées de blanc. Pour éviter la confusion, retenez le nom latin : Triaenodon obesus.

Où et quand l’observer aux Maldives

C’est l’un des requins les plus faciles à croiser aux Maldives. Les observations publiées dans GBIF pour l’archipel couvrent tous les mois de l’année. Il vit sur le récif même : lagons, versants externes, passes. FishBase précise qu’on le trouve souvent au repos dans les grottes ou sous les surplombs, sur une tache de sable ou dans une passe.

Le jour, il dort donc posé au fond, parfois à plusieurs dans la même cavité. Il peut respirer immobile en pompant l’eau dans ses branchies, ce qui explique cette habitude, selon DORIS. Il est sédentaire. DORIS estime qu’il ne s’éloigne pas de plus de 3 km de son territoire. La plupart des rencontres se font entre 1 et 40 m, même si FishBase cite des mentions jusqu’à 330 m.

Biologie et comportement

La nuit, il se réveille et chasse dans le récif. Son corps souple et sa peau dure lui permettent de se glisser dans les failles du corail. Il y cherche de petits poissons, des poulpes, des langoustes et des crabes. FishBase ajoute qu’il est aussi plus actif à l’étale, dans les zones de fort courant. C’est pourquoi on le voit souvent nager en plongée de nuit, alors qu’il était immobile quelques heures plus tôt.

L’espèce est vivipare. Selon DORIS, la femelle met au monde 1 à 5 petits d’environ 50 cm, après une gestation mal connue. Le requin est mature vers 5 ans, à environ 1 m, et vit environ 25 ans. DORIS le décrit comme plutôt timide et craintif, mais curieux.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU). FishBase date l’évaluation en vigueur du 16 juillet 2020. La fiche DORIS affiche encore l’ancien statut « Quasi menacé ». Le requin figure à l’annexe II de la CITES. Sa reproduction lente le rend sensible à la surpêche, que DORIS signale dans certaines régions comme Madagascar ou l’Inde.

Aux Maldives, la pêche de tous les requins est interdite dans la zone économique exclusive depuis 2010. En 2021, le ministère de la Pêche a confirmé le maintien de cette interdiction, renforcée par la loi n° 14/2019.

Bien l’observer et la photographier

Quand vous le trouvez posé sous un surplomb, approchez lentement, à plat et sans palmer fort. Ne vous placez pas devant l’ouverture de sa cachette : un requin qui se sent coincé part brusquement. Restez à distance, sans toucher ni le requin ni le corail autour.

Pour la photo, un éclairage doux suffit sous un surplomb. Réglez vos phares sur une faible puissance pour ne pas l’éblouir. En plongée de nuit, laissez-le passer dans le faisceau sans le suivre avec votre lampe. Un portrait de face montre bien le museau court et les barbillons.

Sources