Fiche n° 1306 · Faune · Requins & raies

Requin nourrice fauve

Nebrius ferrugineus

Océan Indien Passes (kandu) Lagon Thilas

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-requin-nourrice-fauve/

Requin nourrice fauve (Nebrius ferrugineus)
Photo : Storm Martin — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Grand requin trapu au corps un peu aplati dessous, de 2,5 m en moyenne et jusqu'à 3,2 m.
  • Couleur uniforme, fauve à brun-gris, sans taches chez l'adulte ; ventre plus pâle.
  • Tête arrondie, petits yeux, deux barbillons nasaux devant une petite bouche ventrale.
  • Deux dorsales triangulaires placées très en arrière, la première à hauteur des pelviennes.
  • Caudale à un seul lobe, longue d'environ un tiers du corps ; pectorales larges et pointues.

Noms

Nom usuel
Requin nourrice fauve
Nom scientifique
Nebrius ferrugineus
Autres noms
Requin-nourrice fauve · Requin dormeur · Tawny nurse shark · Giant sleepy shark
Synonymes
Scyllium ferrugineum · Ginglymostoma ferrugineum · Nebrius concolor · Nebrius doldi

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien tropical (dont Mayotte et La Réunion) et Pacifique tropical jusqu'à la Polynésie française (DORIS). Aux Maldives, GBIF réunit plusieurs centaines d'observations, réparties sur tous les mois de l'année.

Zones : Passes (kandu) · Lagon · Thilas — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens, lagons, bords externes des récifs et zones sableuses voisines, de la surface à au moins 70 m, plus abondant dans les trente premiers mètres. Le jour, il se cache dans les failles, sous les blocs et les surplombs, souvent à plusieurs.

Profondeur : 0 – 70 m

Repères pour le plongeur

Le jour, il dort sous les surplombs et dans les failles, souvent entassé avec ses congénères. La nuit, il se rassemble en grand nombre sous le ponton d'Alimatha (Vaavu), où il est attiré par du nourrissage. Ne le touchez pas et ne bloquez pas sa cachette.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Poissons, crustacés, céphalopodes et oursins, aspirés au ras du fond grâce à un pharynx qui fonctionne comme une pompe (DORIS) ; FishBase cite aussi des coraux.

Reproduction

Ovovivipare avec oophagie : les embryons se nourrissent d'œufs dans l'utérus. 4 à 8 petits de 40 à 60 cm par portée selon DORIS. Femelles matures vers 2,5 m, mâles vers 2,3 à 2,9 m.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 16 juillet 2020 selon FishBase. Aux Maldives, la pêche de tous les requins est interdite dans la zone économique exclusive depuis 2010.

Espèces ressemblantes

  • Requin à pointes blanches de récif (Triaenodon obesus) : lui aussi posé sous les surplombs, mais plus mince, première dorsale au milieu du dos à pointe blanche, caudale à deux lobes (DORIS).
  • Requins-chabots (Chiloscyllium spp.) : bien plus petits (moins d'un mètre), avec un gros spiracle juste sous l'œil et sans nageoire anale (DORIS).
  • Requin-zèbre (Stegostoma fasciatum, nom retenu par DORIS) : taches noires sur le corps et queue aussi longue que le corps.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Le requin nourrice fauve est un grand requin trapu qui passe ses journées posé au fond. DORIS et FishBase lui donnent 2,5 m en moyenne et jusqu’à 3,2 m. Son corps est légèrement aplati sur le ventre. Il est d’une couleur uniforme, fauve à brun-gris, avec un ventre plus pâle. DORIS précise qu’il peut passer du fauve au gris bleu selon le fond où il se pose.

Plusieurs détails le trahissent. La tête est arrondie, avec de tout petits yeux et deux barbillons devant une petite bouche placée dessous. Les deux nageoires dorsales sont triangulaires et rejetées très en arrière. La première se trouve à hauteur des pelviennes. La queue n’a qu’un seul lobe et représente environ un tiers de la longueur du corps.

DORIS met en garde contre une confusion fréquente sur internet : de nombreuses photos de tête attribuées à cette espèce montrent en réalité un requin-chabot. Le requin-chabot est bien plus petit et porte un gros spiracle juste sous l’œil.

Où et quand l’observer aux Maldives

Les observations publiées dans GBIF pour les Maldives couvrent tous les mois de l’année. Le jour, cherchez-le sous les surplombs, dans les failles et sous les blocs de corail, sur les récifs et dans les passes. DORIS précise qu’il revient souvent chaque matin dans la même faille. Quand la cachette est bonne, plusieurs individus s’y entassent, parfois les uns sur les autres. FishBase décrit ces mêmes rassemblements au repos.

La rencontre la plus célèbre se fait de nuit à Alimatha, dans l’atoll de Vaavu. La fiche du site sur Resort Life décrit une plongée au pied du ponton, sur le sable, vers 10 à 15 m, où se rassemblent de grands groupes de requins nourrices. Ce rassemblement est entretenu par du nourrissage. Le même site le qualifie de controversé et conseille de choisir un centre qui interdit le contact avec les animaux.

Biologie et comportement

C’est un animal plutôt nocturne. La nuit, il fouille le fond et les trous du récif. DORIS explique qu’il utilise son pharynx comme une pompe pour aspirer ses proies, et qu’il peut aussi souffler de l’eau pour les déloger. Il mange des poissons, des crustacés, des céphalopodes et des oursins. Son nom de « nourrice » viendrait du bruit de succion qu’il fait en avalant, proche de celui d’un bébé qui tète.

L’espèce est ovovivipare et pratique l’oophagie : dans l’utérus, les embryons se nourrissent d’œufs. Selon DORIS, la femelle met au monde 4 à 8 petits de 40 à 60 cm. Elle n’est mature que vers 2,5 m.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU). FishBase date l’évaluation en vigueur du 16 juillet 2020. DORIS explique pourquoi : il vit près des côtes à faible profondeur, ce qui l’expose à la pêche pour ses ailerons et sa chair. Il a déjà disparu de certaines zones de Thaïlande et d’Inde.

Aux Maldives, la pêche de tous les requins est interdite dans la zone économique exclusive depuis 2010. En 2021, le ministère de la Pêche a confirmé le maintien de cette interdiction, renforcée par la loi n° 14/2019.

Bien l’observer et la photographier

Il est réputé docile. FishBase rappelle pourtant que quelques morsures ont été recensées, et DORIS précise qu’il peut mordre gravement s’il est dérangé pendant son sommeil dans une faille. Ne le touchez jamais et ne bloquez pas la sortie de sa cachette. À Alimatha, restez posé sur le sable, gardez les mains contre vous et ne tenez pas votre lampe sur les animaux.

Pour la photo de jour, approchez à plat, lentement, et cadrez la tête et les barbillons sous le surplomb. De nuit, un phare doux suffit : les requins passent tout près, et un grand-angle permet de saisir le groupe.

Sources