Fiche n° 1309 · Faune · Tortues & mammifères
Tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-faune-tortue-imbriquee/
Clé d'identification
- Bec pointu et tête étroite ; deux paires d'écailles préfrontales entre les yeux.
- Écailles épaisses de la carapace qui se recouvrent comme des ardoises, à motifs en flammes jaunes et brun sombre.
- Quatre paires de plaques costales sur la dossière.
- Arrière de la carapace dentelé en dents de scie, surtout chez les jeunes.
- Deux griffes à chaque nageoire antérieure ; silhouette plus élancée que celle de la tortue verte.
Noms
- Nom usuel
- Tortue imbriquée
- Nom scientifique
- Eretmochelys imbricata
- Autres noms
- Tortue à écailles · Tortue caret · Caret · Hawksbill
- Synonymes
- Testudo imbricata · Chelonia radiata
Distribution géographique
Circumtropicale, dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Aux Maldives, c'est la tortue la plus souvent identifiée par l'Olive Ridley Project, qui recense des centaines d'individus dans les atolls de Malé Nord, Baa et Ari.
Zones : Platier · Thilas · Tombant extérieur · Lagon — Océan Indien
Biotope
Eaux peu profondes autour des récifs, des baies et des criques ; elle fouille les crevasses entre rochers et coraux (SeaLifeBase). SeaLifeBase retient une fourchette de 0 à 300 m.
Profondeur : 0 – 300 m
Repères pour le plongeur
La tortue imbriquée se croise sur presque tous les récifs maldiviens, la tête plongée dans le corail pour brouter les éponges. Elle est protégée : gardez vos distances, ne la touchez pas et ne lui coupez pas la route vers la surface.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des éponges chez l'adulte ; aussi des algues, des ascidies, des coraux mous, des mollusques et des crustacés. Les jeunes sont plutôt omnivores.
Reproduction
Maturité entre 20 et 30 ans ; reproduction tous les 2 à 3 ans, avec de longues migrations vers la région de naissance (DORIS). Incubation de 47 à 75 jours selon SeaLifeBase.
Conservation
En danger critique (UICN)
En danger critique (CR, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 30 juin 2008 selon SeaLifeBase ; également « en danger critique » sur la première liste rouge nationale des Maldives. Annexe I de la CITES. Aux Maldives, la capture des tortues est interdite depuis 1995, la récolte des œufs dans tout le pays depuis 2016.
Espèces ressemblantes
- Tortue verte (Chelonia mydas) : une seule paire d'écailles préfrontales, museau court et arrondi, carapace plus large aux écailles posées bord à bord ; elle broute plutôt les herbiers.
- Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) : espèce du large ; aux Maldives, le MWSRP la trouve surtout emmêlée dans des filets fantômes, rarement sur les récifs.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Tortues & mammifères
Identification
La tortue imbriquée est une tortue marine de taille moyenne. SeaLifeBase donne une carapace de 80 cm en moyenne et 90 cm au plus, pour 120 kg au maximum. DORIS cite jusqu’à 100 cm et 130 kg.
Son nom vient de ses écailles. Épaisses, elles se recouvrent comme des ardoises sur un toit, avec de beaux motifs en flammes jaunes et brun sombre. Le bord arrière de la carapace est dentelé en dents de scie, surtout chez les jeunes. La tête est étroite et se termine par un bec pointu, comme celui d’un oiseau de proie. Entre les yeux, on compte deux paires d’écailles préfrontales.
La confusion habituelle porte sur la tortue verte. Celle-ci a une seule paire d’écailles préfrontales, un museau court et arrondi, et une carapace plus large aux écailles posées bord à bord. En pratique, le bec pointu suffit souvent à trancher.
Où et quand l’observer aux Maldives
Dans le suivi de l’Olive Ridley Project (ORP), c’est la tortue la plus souvent identifiée aux Maldives. Le projet suit les tortues de l’archipel par photo-identification. Au premier trimestre 2022, le projet a recensé 187 nouveaux individus : 143 tortues imbriquées et 44 tortues vertes. À la même date, il comptait 931 imbriquées identifiées à Malé Nord, 809 à Baa et 770 dans l’atoll d’Ari. L’ORP précise que ces chiffres reflètent aussi l’effort de terrain, plus important dans les atolls du centre.
Elle vit sur les récifs eux-mêmes : platiers, thilas, tombants. SeaLifeBase la décrit le plus souvent en eau peu profonde autour des récifs, en train de fouiller les crevasses entre rochers et coraux. Les observations publiées dans GBIF pour les Maldives couvrent tous les mois de l’année.
Biologie et comportement
L’adulte se nourrit surtout d’éponges, qu’il arrache au récif avec son bec. DORIS ajoute des coraux mous, des méduses, des échinodermes, des mollusques et des crustacés. Les jeunes sont plutôt omnivores. C’est ce régime qui explique la scène classique : une tortue immobile, la tête enfoncée dans une anfractuosité du corail.
La maturité arrive tard, entre 20 et 30 ans selon DORIS. La femelle se reproduit ensuite tous les deux ou trois ans. Elle revient pondre dans la région où elle est née, parfois au terme de migrations de plus de 1 600 km. L’incubation des œufs dure 47 à 75 jours selon SeaLifeBase.
Statut et protection
L’UICN classe la tortue imbriquée « En danger critique » (CR). SeaLifeBase date l’évaluation de référence du 30 juin 2008. Elle figure à l’annexe I de la CITES, qui interdit son commerce international. Selon l’ORP, qui en annonçait la parution début 2022, la première liste rouge nationale des Maldives la classe aussi « en danger critique » dans le pays.
Aux Maldives, selon l’ORP, la capture des tortues est interdite dans tout le pays depuis 1995, et l’interdiction de récolter les œufs a été étendue à tout le territoire en 2016. Le média Edition.mv rappelle que toutes les espèces de tortues sont protégées depuis le 4 avril 2016 par la loi sur la protection de l’environnement, et que des cas de braconnage sont encore signalés.
Bien l’observer et la photographier
Restez à quelques mètres, sur le côté, et ne vous placez jamais au-dessus d’elle : elle doit pouvoir remonter respirer sans obstacle. Ne la touchez pas et ne la poursuivez pas si elle s’éloigne.
Pour la photo, profitez de ses pauses au récif. Un portrait de profil montre le bec et les écailles préfrontales. Envoyez vos images à l’ORP, qui identifie les tortues à partir des photos des plongeurs et enrichit ainsi le suivi de l’archipel.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Eretmochelys imbricata, Tortue imbriquée
- WoRMS : Eretmochelys imbricata (Linnaeus, 1766)
- SeaLifeBase : Eretmochelys imbricata, Hawksbill turtle
- GBIF : observations d’Eretmochelys imbricata aux Maldives (API)
- Olive Ridley Project : News From The Field, vol. 1, 2022 (PDF)
- Olive Ridley Project : Maldives Underwater Initiative
- Edition.mv : protection des tortues aux Maldives (mars 2023)
- Maldives Whale Shark Research Programme : 2019 Year In Review