Fiche n° 1330 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail champignon

Fungia fungites

Océan Indien Lagon Tombant extérieur Thilas

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-flore-corail-champignon/

Corail champignon (Fungia fungites)
Photo : Frédéric Ducarme — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Polype unique, libre, posé sur le fond sans y être fixé : un disque presque circulaire jusqu'à 28 à 30 cm de diamètre.
  • Fente buccale au centre, d'où rayonnent de nombreuses lames (septes), comme les lamelles d'un champignon retourné.
  • Bord des septes garni de dents triangulaires et pointues, qui rendent le dessus rugueux.
  • Face inférieure hérissée d'épines coniques, hautes et lisses.
  • Couleur brune, parfois marbrée, souvent avec des lobes tentaculaires plus clairs.

Noms

Nom usuel
Corail champignon
Nom scientifique
Fungia fungites
Autres noms
Corail-champignon · Common mushroom coral
Synonymes
Madrepora fungites · Fungia patella · Fungia dentata · Fungia agariciformis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical. Aux Maldives, GBIF compte une cinquantaine d'occurrences (octobre 2026), et des photos sous-marines de l'atoll de Baa, identifiées à l'espèce, sont publiées sur Wikimedia Commons.

Zones : Lagon · Tombant extérieur · Thilas — Océan Indien

Biotope

Pentes récifales et lagons (Corals of the World), aussi arrière-récifs et platiers, libre sur le sable, les débris ou le fond dur. De 3 à 20 m selon SeaLifeBase, à profondeur intermédiaire sur les pentes.

Profondeur : 3 – 20 m

Repères pour le plongeur

Disque de corail brun posé librement sur le sable et les débris au pied des récifs maldiviens. C'est un animal vivant : ne le soulevez pas et ne le retournez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail zooxanthellé : ses microalgues symbiotiques fournissent une part de son énergie par photosynthèse. DORIS décrit les coraux champignons comme aussi carnivores, capturant de petites proies avec leurs tentacules urticants.

Reproduction

Les gamètes mûrs sont expulsés par la bouche ; la larve planula, planctonique, se fixe puis donne un jeune polype (SeaLifeBase). DORIS signale aussi, chez certains Fungiidae, un bourgeonnement asexué de petits polypes sur le squelette parental.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Aux Maldives, l'épisode de blanchiment de 2016 a touché environ 60 % des colonies suivies dans l'atoll d'Ari Nord (IUCN, 2016).

Espèces ressemblantes

  • Fungia repanda : disque très semblable, mais dents des septes plus fines (Corals of the World).
  • Corail-champignon hirsute (Danafungia horrida) : disque proche ; DORIS précise que seul l'examen du squelette permet de trancher entre les corails champignons ronds.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail champignon n’a rien d’une plante : c’est un corail dur de la famille des Fungiidae. Sa particularité est d’être formé d’un seul gros polype, qui vit libre, simplement posé sur le fond. DORIS n’a pas de fiche pour cette espèce ; l’identification s’appuie sur Corals of the World, SeaLifeBase et WoRMS.

Le squelette forme un disque presque circulaire. Corals of the World lui donne jusqu’à 280 mm de diamètre, SeaLifeBase 30 cm. Au centre s’ouvre une fente, la bouche, d’où rayonnent de nombreuses lames calcaires, les septes. L’ensemble rappelle le dessous d’un champignon, d’où son nom. Le bord des septes porte des dents triangulaires et pointues, qui rendent le dessus rugueux. Le dessous, que vous ne verrez pas sans retourner l’animal, est hérissé d’épines coniques, hautes et lisses. La couleur est brune, parfois marbrée, souvent semée de lobes tentaculaires plus clairs.

Plusieurs coraux champignons ronds se ressemblent. Corals of the World cite Fungia repanda, aux dents de septes plus fines. DORIS, pour le corail-champignon hirsute (Danafungia horrida), prévient que seul l’examen du squelette permet de trancher. Corals of the World signale en outre que F. fungites forme un complexe d’espèces. Sous l’eau, notez simplement « corail champignon » si vous n’avez pas de photo nette des dents.

Où et quand l’observer aux Maldives

L’espèce occupe l’Indo-Pacifique tropical. Aux Maldives, elle est bien attestée : GBIF y recense une cinquantaine d’occurrences, et des photos sous-marines de l’atoll de Baa, identifiées à l’espèce, sont publiées sur Wikimedia Commons.

Corals of the World la décrit sur les pentes récifales et dans les lagons, où elle est commune. SeaLifeBase ajoute les arrière-récifs et les platiers, et donne une fourchette de 3 à 20 m, surtout à profondeur intermédiaire sur les pentes. Aux Maldives, cherchez les disques posés sur le sable, les débris coralliens et le fond dur au pied des thilas, des tombants et des pâtés coralliens des lagons. Visible toute l’année.

Biologie et comportement

Comme les autres coraux constructeurs, il héberge des microalgues symbiotiques qui lui apportent une part de son énergie par photosynthèse. DORIS précise que les coraux champignons sont aussi carnivores : leurs tentacules, armés de cellules urticantes, capturent de petites proies qui passent à portée.

SeaLifeBase indique que les gamètes mûrs sont expulsés par la bouche. La larve planula dérive dans le plancton, puis se fixe et donne un jeune polype. DORIS décrit en plus, chez certains Fungiidae, une reproduction asexuée : de petits bourgeons poussent sur le squelette parental, parfois même sur un polype qui semble mort mais garde des tissus vivants.

Statut et protection

L’UICN classe Fungia fungites en préoccupation mineure (LC) ; SeaLifeBase date l’évaluation du 11 juillet 2022. Comme tous les coraux durs, il est inscrit à l’annexe II de la CITES. Aux Maldives, l’UICN rapporte qu’en 2016, au plus fort d’un épisode de blanchiment, environ 60 % des colonies étudiées dans l’atoll d’Ari Nord avaient blanchi, jusqu’à 90 % sur certains sites.

Bien l’observer et la photographier

Un disque libre posé sur le sable tente les plongeurs curieux. Ne le soulevez pas et ne le retournez pas : c’est un animal vivant, et le manipuler arrache ses tissus et l’expose au sable. Restez au-dessus en flottabilité neutre et ne soulevez pas le sédiment d’un coup de palme, car il pourrait le recouvrir.

En photo, un plan vertical, bien au-dessus du disque, montre la symétrie des septes. Un éclairage rasant fait ressortir les dents qui aident à l’identification. Si un poisson ou une crevette passe près du disque, il donne l’échelle.

Sources