Fiche n° 1339 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail soleil orange

Tubastraea coccinea

Océan Indien Thilas Tombant extérieur

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-flore-corail-soleil-orange/

Corail soleil orange (Tubastraea coccinea)
Photo : Alexander Vasenin — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Petite colonie en demi-sphère d'une dizaine de centimètres de diamètre au plus.
  • Calices en coupelles d'environ 1 cm de diamètre, serrés les uns contre les autres et peu saillants (1,5 cm au plus).
  • Chair orange clair à rose fuchsia ; polypes déployés jaune vif, à tentacules transparents, fuselés et pointus.
  • Fixé à l'ombre : surplombs, entrées de grottes, dessous de grandes colonies, épaves.
  • Polypes surtout ouverts la nuit ; de jour, la colonie montre souvent ses coupelles fermées.

Noms

Nom usuel
Corail soleil orange
Nom scientifique
Tubastraea coccinea
Autres noms
Tubastrée orange · Corail-soleil · Corail orange · Orange cup coral

Distribution géographique

Espèce circumtropicale d'origine indo-pacifique, de la mer Rouge au Pacifique Est, installée plus récemment dans l'Atlantique ouest et les Caraïbes (DORIS). Aux Maldives, GBIF réunit 15 observations : onze validées sur iNaturalist (2008 à 2026) et quatre saisies de plongeurs dans CROMIS (2012 et 2021).

Zones : Thilas · Tombant extérieur — Océan Indien

Biotope

Substrats durs ombragés et riches en plancton : surplombs, entrées de grottes, dessous de grandes colonies, épaves. De 5 à 60 m selon DORIS, de 1 à 37 m selon SeaLifeBase.

Profondeur : 1 – 60 m

Repères pour le plongeur

Sous les surplombs des thilas et des tombants maldiviens, de petits coussins orange s'ouvrent de nuit en fleurs jaunes : c'est la tubastrée orange. Une plongée de nuit à la lampe la montre sous son meilleur jour.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore planctonophage : sans zooxanthelles, chaque polype capture lui-même le zooplancton, surtout la nuit (DORIS).

Reproduction

Colonies mâles ou femelles : la fécondation et le développement des larves ont lieu dans les femelles, qui relâchent des larves formées ; la colonie grandit aussi par bourgeonnement (DORIS).

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge de l'UICN (version 2025-2, d'après SeaLifeBase) ; annexe II de la CITES depuis le 18 janvier 1990. Aux Maldives, la sortie des coraux est interdite ou soumise à permis (circulaire AT 01/2024).

Espèces ressemblantes

  • Corail arbre vert (Tubastraea micranthus) : colonie ramifiée en arbuste, vert sombre à noire, facile à distinguer (DORIS).
  • Autres Tubastraea orange (T. faulkneri, T. floreana, T. tagusensis) : très semblables ; seule l'étude du squelette au microscope tranche (DORIS).
  • Coraux du genre Dendrophyllia : même famille et même allure, la différence tient à l'organisation des cloisons, invisible en plongée (DORIS).

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Sous le nom de corail soleil orange, cette fiche présente la tubastrée orange, que DORIS appelle aussi corail-soleil. Malgré son classement dans la flore du site, c’est un animal. Il s’agit d’un corail dur, un scléractiniaire de la famille des Dendrophylliidae, mais d’un genre particulier : il ne loge aucune algue symbiotique et ne vit pas de la lumière.

La colonie reste petite. DORIS la décrit en demi-sphère d’une dizaine de centimètres de diamètre au plus. Elle est faite de coupelles serrées, les calices, d’environ 1 cm de diamètre, qui ne dépassent pas de plus de 1,5 cm. La chair qui les relie va de l’orange clair au rose fuchsia. Quand les polypes sortent, la colonie change d’aspect et se couvre de fleurs jaune vif. Leurs tentacules sont transparents, épais à la base puis fuselés et pointus.

Deux confusions sont possibles. Le corail arbre vert, Tubastraea micranthus, pousse en arbustes vert sombre et se reconnaît sans peine. D’autres tubastrées orange, comme T. faulkneri, et les coraux du genre Dendrophyllia lui ressemblent beaucoup. DORIS précise que seule l’étude du squelette au microscope permet une identification certaine. Sous l’eau, une colonie orange en coussin sous un surplomb est le plus souvent notée T. coccinea, mais restez prudent.

Où et quand l’observer aux Maldives

GBIF réunit quinze observations de l’espèce aux Maldives : onze validées sur iNaturalist entre 2008 et 2026, et quatre saisies par des plongeurs dans CROMIS, le carnet de plongée de la FFESSM, en 2012 et 2021. Le genre Tubastraea a aussi été filmé en 2022 par la mission Nekton dans les atolls de Malé Nord, Vaavu et Huvadhu, sans détermination à l’espèce.

Cherchez-la là où la lumière manque : sous les surplombs des thilas, à l’entrée des grottes, au plafond des failles, sous les grandes tables de corail et sur les épaves. DORIS la donne de 5 à 60 m, SeaLifeBase de 1 à 37 m. Elle n’a pas besoin de lumière, puisqu’elle ne vit pas en symbiose avec des algues. Aucune saison n’est documentée : elle se voit toute l’année.

Biologie et comportement

Sans zooxanthelles, la tubastrée orange dépend entièrement de ce qu’elle capture. Chaque polype pêche pour son compte le zooplancton qui passe. Les polypes s’ouvrent surtout la nuit, quand le plancton est le plus abondant. DORIS note qu’ils restent déployés plus longtemps que chez d’autres coraux, d’où sa réputation de corail vorace.

Les colonies sont mâles ou femelles. Les mâles relâchent leurs spermatozoïdes dans l’eau, la fécondation a lieu dans les femelles, et les larves en sortent toutes formées. La colonie s’agrandit aussi quand un nouveau polype pousse au pied d’un autre.

Elle abrite un hôte presque exclusif, le scalaire jaune, petit gastéropode qui y pond et s’en nourrit. Hors de son aire d’origine, l’espèce a colonisé plus récemment l’Atlantique ouest et les Caraïbes, avec une expansion rapide dans le golfe du Mexique liée aux plateformes pétrolières.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (NE, version 2025-2 de la liste rouge, d’après SeaLifeBase). Comme tous les coraux durs, elle figure à l’annexe II de la CITES depuis le 18 janvier 1990. Aux Maldives, la circulaire AT 01/2024 de l’aviation civile, du 15 décembre 2024, range les coraux parmi les articles qui ne sortent pas du pays sans permis.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment est la plongée de nuit : à la lampe, les colonies s’éclairent de jaune et d’orange. De jour, regardez sous les surplombs, où les colonies sont souvent fermées. Approchez à l’horizontale, bien équilibré, sans toucher la roche avec les palmes ni le gilet. En macro, cadrez les tentacules transparents, et cherchez le scalaire jaune et ses pontes entre les calices.

Sources