Fiche n° 1347 · Flore · Algues & plantes

Turbinaire

Turbinaria ornata

Océan Indien Platier Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/maldives-flore-turbinaire/

Turbinaire (Turbinaria ornata)
Photo : Philippe Bourjon — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Algue brune dressée, coriace, brun foncé, fixée à la roche par un crampon ramifié.
  • Petites « feuilles » charnues en forme de toupie, serrées le long d'un axe cylindrique.
  • Bord de chaque feuille épaissi et garni de grosses dents pointues ; centre creux, entouré d'une couronne de dents.
  • Parfois une vésicule (flotteur) au centre des feuilles, surtout dans le haut du thalle.
  • Thalle ne dépassant guère 17 cm de haut.

Noms

Nom usuel
Turbinaire
Nom scientifique
Turbinaria ornata
Autres noms
Turbinaire ornée · Ornate seaweed
Synonymes
Fucus turbinatus var. ornatus · Sargassum turbinatum var. ornatum

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'à Hawaï et la Polynésie française. Aux Maldives, signalée par des spécimens récoltés en 1964 (atolls de Malé, de Nilandhoo Sud et d'Addu) et en 1986 (Biyadoo, atoll de Malé Sud), et par des photos de plongeurs validées sur iNaturalist (Laamu, Kaafu, Alifu Dhaalu, Hulhumalé).

Zones : Platier · Lagon — Océan Indien

Biotope

Zones rocheuses du récif exposées à une forte agitation, roches coralliennes en eau plus calme, souvent à moitié émergée aux grandes marées basses ; aux Maldives, cantonnée aux eaux peu profondes.

Profondeur : 0 – 53 m

Repères pour le plongeur

Algue brune épineuse en petits épis de « cloches » dentées, sur les platiers battus. Aux Maldives, elle reste peu fréquente : l'inventaire de l'atoll de Baa ne l'a trouvée que rarement, à l'état juvénile.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Algue photosynthétique, qui tire son énergie de la lumière.

Reproduction

Les cellules reproductrices se forment dans de petits réceptacles ramifiés de 5 à 7 mm, fixés sur le pédoncule des feuilles (SeaLifeBase).

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN et non inscrite à la CITES, selon SeaLifeBase (version 2025-2). Aucune protection propre à l'espèce n'a été trouvée aux Maldives.

Espèces ressemblantes

  • Turbinaire décurrente (Turbinaria decurrens) : signalée aux Maldives par DORIS ; base des lames nettement prolongée le long de l'axe, critère le plus fiable.
  • Turbinaria conoides : lames en entonnoir plus évasé, un seul rang de dents et vésicules plus développées, selon DORIS.
  • Corail Turbinaria (coraux durs « coupe laitue ») : même nom de genre mais aucun rapport, ce sont des coraux à squelette calcaire.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

La turbinaire ornée est une algue brune, de la même famille que les sargasses. Rien à voir avec les coraux durs du genre Turbinaria, comme le corail « coupe laitue », qui portent par hasard le même nom de genre.

SeaLifeBase décrit un thalle dressé et coriace, brun foncé, accroché à la roche par un crampon ramifié. Le long de l’axe cylindrique s’empilent de petites « feuilles » charnues en forme de toupie. Chacune s’élargit au sommet en une lame épaisse, bordée de grosses dents pointues, avec un centre creux entouré d’une couronne de dents. Une vésicule, qui sert de flotteur, se loge parfois au centre, surtout dans le haut de la plante. De près, l’algue évoque un épi hérissé de petites cloches épineuses. Elle ne dépasse guère 17 cm de haut.

DORIS signale aux Maldives une espèce voisine, la turbinaire décurrente (Turbinaria decurrens). Son critère le plus fiable : la base de ses lames se prolonge nettement le long de l’axe. Chez la turbinaire ornée, DORIS décrit deux rangs de dents bien marqués et des lames plus épaisses. La fiche DORIS de T. ornata elle-même est encore à l’état de proposition, sans description.

Où et quand l’observer aux Maldives

L’espèce est présente mais discrète. GBIF relaie des spécimens récoltés en 1964 lors de la croisière du Te Vega : à Kagi et Imma dans l’atoll de Malé, à Wala Faro dans l’atoll de Nilandhoo Sud et sur un îlot au sud de Fedu dans l’atoll d’Addu. D’autres viennent de Biyadoo, dans l’atoll de Malé Sud, en 1986, et de l’île de Gan. Des plongeurs l’ont photographiée plus récemment dans les atolls de Laamu, Kaafu et Alifu Dhaalu et à Hulhumalé, observations validées sur iNaturalist.

L’inventaire de l’atoll de Baa, publié en 2012 par Payri, N’Yeurt et Mattio, apporte une nuance utile : la turbinaire y était cantonnée aux eaux peu profondes, très rarement trouvée, et seulement sous forme juvénile. Ne vous attendez donc pas à des prairies d’algues brunes. Cherchez-la sur les platiers battus et les roches coralliennes, souvent à moitié émergée aux grandes marées basses. SeaLifeBase donne une profondeur maximale de 53 m pour l’espèce, mais aux Maldives elle reste une algue de très faible profondeur. Aucune saison particulière n’est documentée.

Biologie et comportement

Comme toute algue brune, elle vit de la photosynthèse. Selon SeaLifeBase, elle prospère surtout sur les zones rocheuses exposées à une forte agitation de l’eau, mais pousse aussi en eau plus calme sur la roche corallienne. Ses cellules reproductrices se forment dans de petits réceptacles ramifiés, de 5 à 7 mm, fixés sur le pédoncule des feuilles.

Dans d’autres régions, l’espèce sert d’aliment, de répulsif à insectes et d’engrais, et elle est une source d’alginates, d’après SeaLifeBase.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que l’espèce n’est pas évaluée par l’UICN (NE, version 2025-2) et qu’elle n’est pas inscrite à la CITES. Aucune protection propre à l’espèce n’a été trouvée aux Maldives.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment est la marée basse, au masque et tuba au-dessus du platier. Flottez à plat, palmes hautes : le platier est fragile, et vos pieds écrasent bien plus que l’algue. Ne marchez pas sur le récif pour l’atteindre.

En photo, un objectif macro révèle les rangs de dents et la vésicule centrale. Cadrez une seule « feuille » de face, puis l’axe de profil pour montrer l’empilement. Ce double cadrage aide aussi à écarter la turbinaire décurrente. N’arrachez pas de thalle pour le photographier hors de l’eau.

Sources