Fiche n° 1160 · Faune · Requins & raies
Raie aigle
Aetobatus ocellatus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-raie-aigle/
Clé d'identification
- Disque en losange, environ 1,8 fois plus large que long, de 1,5 m d'envergure en général.
- Dos gris foncé à brun, parfois verdâtre, semé de petits points blancs réguliers ; certains sont des ocelles à centre sombre.
- Tête détachée du disque, avec un museau long, plat et arrondi en bec de canard.
- Queue fine et très longue, environ 2,2 fois l'envergure, avec 2 à 6 aiguillons venimeux derrière une petite dorsale.
- Face ventrale blanche ; pas de nageoire caudale.
Noms
- Nom usuel
- Raie aigle
- Nom scientifique
- Aetobatus ocellatus
- Autres noms
- Raie aigle tachetée · Raie léopard · Aigle de mer léopard · Aigle de mer tacheté · Ocellated eagle ray · White-spotted eagle ray
- Synonymes
- Aetobatus narinari (nom autrefois appliqué aux populations de l'Indo-Pacifique) · Myliobatus ocellatus · Aetomylaeus ocellatus · Pteromylaeus punctatus
Distribution géographique
Indo-Pacifique, de l'Afrique de l'Est et de la mer Rouge jusqu'à Hawaï et la Polynésie française. À Mayotte, des observations sont enregistrées dans GBIF, notamment sur la côte de Bandrélé et dans le secteur de Bouéni.
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Pleine eau au-dessus des étendues de sable, des herbiers et des récifs, de la surface à 80-100 m, le plus souvent entre 20 et 25 m. Revient vers un récif d'attache après de longs déplacements.
Profondeur : 0 – 100 m
Repères pour le plongeur
La raie aigle tachetée survole les fonds de sable et les herbiers du lagon de Mayotte, seule ou en groupe. Approchez-la de côté, sans la poursuivre : sa queue porte des aiguillons venimeux.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des invertébrés à coquille ou carapace pris sur le fond : mollusques (dont les poulpes), bernard-l'ermite et autres crustacés, vers, oursins ; parfois des poissons.
Reproduction
Ovovivipare : gestation d'environ 12 mois, 1 à 4 petits par portée (jusqu'à 10 selon FishBase), deux à trois ans entre deux portées. Maturité vers 1-1,3 m d'envergure chez le mâle et 1,5 m chez la femelle.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 6 juillet 2023 selon FishBase. Menaces : faible fécondité, pêche côtière peu encadrée et captures dans les filets maillants.
Espèces ressemblantes
- Raie aigle à long fouet (Aetobatus flagellum) : même silhouette et même tête en bec, mais dos sans points blancs (DORIS).
- Raie aigle de l'Atlantique (Aetobatus narinari) : dos plus pâle, jaunâtre ou fauve, queue un peu plus courte ; elle ne vit pas dans l'océan Indien.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
La raie aigle de Mayotte porte aujourd’hui le nom d’Aetobatus ocellatus, la raie aigle tachetée. Pendant longtemps, toutes les raies aigles à points blancs du monde ont été rangées sous Aetobatus narinari. Une étude de 2010, citée par FishBase, a confirmé qu’il s’agit de deux espèces distinctes : la forme de l’Indo-Pacifique est A. ocellatus, et DORIS présente A. narinari comme l’espèce de l’Atlantique.
Son disque en losange est environ 1,8 fois plus large que long. L’envergure courante tourne autour de 1,5 m, et DORIS cite un record de 3,3 m. Le dos va du gris foncé au brun, parfois avec un reflet verdâtre ou rosé. Il est semé de points blancs de taille voisine, un peu plus petits vers le bord des ailes. Chez certains individus, ces points sont des ocelles, avec un centre sombre cerclé de blanc. Le ventre est blanc.
La tête dépasse nettement du disque et se termine par un museau long, plat et arrondi, en bec de canard. La queue, fine comme un fouet, mesure environ 2,2 fois l’envergure. Elle porte une petite dorsale à sa base, puis 2 à 6 aiguillons venimeux, et aucune nageoire caudale. DORIS cite deux confusions possibles : la raie aigle à long fouet (A. flagellum) et A. narutobiei, de même silhouette mais sans points blancs. Seule la première vit dans l’ouest de l’océan Indien.
Où et quand l’observer à Mayotte
L’espèce occupe tout l’Indo-Pacifique, de l’Afrique de l’Est et de la mer Rouge jusqu’à Hawaï. À Mayotte, GBIF recense des observations de plongeurs et de naturalistes dans le lagon, notamment sur la côte de Bandrélé et dans le secteur de Bouéni. Cherchez-la au-dessus des étendues de sable et des herbiers, en bordure des récifs. Elle vit de la surface à 80 m selon DORIS, jusqu’à 100 m selon FishBase, et le plus souvent entre 20 et 25 m. Aucune saison particulière n’est documentée pour Mayotte : elle peut se croiser toute l’année.
Biologie et comportement
Elle se nourrit surtout sur le fond. Avec sa tête aplatie, elle fouille le sable et repère ses proies grâce à ses organes sensoriels, puis les broie avec des plaques dentaires puissantes. Son menu : mollusques, poulpes en particulier, bernard-l’ermite et autres crustacés, vers, oursins, et parfois des poissons.
C’est une raie active le jour, qui nage souvent près de la surface, seule ou en groupes. Elle parcourt de longues distances mais revient vers son récif d’attache. Elle peut sauter hors de l’eau, peut-être pour se débarrasser de parasites. Le requin à pointe blanche de récif et le grand requin-marteau comptent parmi ses prédateurs. L’espèce est ovovivipare : après environ un an de gestation, la femelle donne naissance à un à quatre petits de 33 à 36 cm d’envergure, puis attend deux à trois ans avant la portée suivante.
Statut et protection
FishBase indique que l’UICN classe A. ocellatus « En danger » (EN, critères A2bcd) depuis l’évaluation du 6 juillet 2023 ; DORIS mentionne encore l’ancien classement « Vulnérable ». Sa reproduction lente la rend fragile face à la pêche côtière et aux filets maillants. DORIS signale aussi que l’espèce est réglementée, avec par exemple une interdiction d’exportation aux Maldives.
Bien l’observer et la photographier
Restez posé et stable au-dessus du sable : une raie aigle qui fouille le fond se laisse souvent mieux approcher par le côté que de face. Ne la poursuivez jamais et ne passez pas au-dessus d’elle, elle fuirait en quelques battements d’ailes. Gardez vos distances avec la queue, car ses aiguillons infligent des blessures très douloureuses.
Pour la photo, un grand-angle et une prise de vue légèrement en contre-plongée détachent la silhouette sur le bleu. Un cadrage du dos permet de comparer le motif de points d’un individu à l’autre.