Fiche n° 1161 · Faune · Requins & raies

Raie pastenague

Pastinachus ater

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-raie-pastenague/

Raie pastenague (Pastinachus ater)
Photo : dennis and aimee jonez — CC BY-SA 2.0 — source

Clé d'identification

  • Grande raie au disque épais et presque rond, jusqu'à environ 2 m d'envergure.
  • Dos uniformément sombre, brun-gris à noir ; face ventrale claire.
  • Queue très large et aplatie à sa base, comme une queue de vache, puis effilée en filament.
  • Repli de peau sous la queue très haut, noir, qui ne va pas jusqu'à la pointe ; pas de repli sur le dessus.
  • Un aiguillon venimeux placé loin en arrière sur la queue, bien après les nageoires pelviennes.
  • Bande de denticules émoussés au centre du dos ; petits yeux très écartés, museau large et arrondi.

Noms

Nom usuel
Raie pastenague
Nom scientifique
Pastinachus ater
Autres noms
Pastenague plumetée · Pastenague à queue de vache · Broad cowtail ray
Synonymes
Taeniura atra · Pastinachus atrus · Pastinachus sephen (nom autrefois appliqué aux populations de l'Indo-Pacifique)

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest, de Madagascar à la Nouvelle-Calédonie. À Mayotte, GBIF recense quelques observations, dont un comptage visuel de 2023 à 20 m, et DORIS publie une photo prise dans le lagon, à Bamboo ouest, à 7 m.

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Fonds de sable et de vase des plateaux côtiers et insulaires, lagons, platiers et bordures de récif ; entre aussi en eau saumâtre et douce. Le genre est signalé de la surface à environ 60 m.

Profondeur : 0 – 60 m

Repères pour le plongeur

Grande raie sombre des fonds de sable du lagon de Mayotte, reconnaissable à sa queue large bordée en dessous d'un haut repli noir. Approchez-la de côté et jamais par l'avant : son aiguillon venimeux peut frapper vers l'avant.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur de fond (données publiées pour le genre, sous l'ancien nom P. sephen) : petits poissons osseux, crevettes et crabes, vers polychètes, siponcles et mollusques.

Reproduction

Vivipare aplacentaire (ovovivipare) : les embryons sont nourris en fin de développement par un « lait utérin ». Portées de deux petits d'environ 18 cm d'envergure selon Shark-References.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critère A2d) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 19 mai 2020 selon FishBase. Menace principale : la pêche, ciblée ou accessoire ; le cuir du genre (galuchat) est aussi recherché.

Espèces ressemblantes

  • Pastenague plumetée de mer Rouge (Pastinachus sephen) : quasi identique, mais FishBase la limite au nord-ouest de l'océan Indien, de la mer Rouge au Pakistan ; elle n'est pas attendue à Mayotte.
  • Taeniurops meyeni (round ribbontail ray), signalée à Mayotte dans GBIF : disque rond marbré de noir et de blanc, sans épines, et repli ventral qui court jusqu'au bout de la queue.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La grande pastenague sombre du lagon de Mayotte porte aujourd’hui le nom de Pastinachus ater. Longtemps, toutes les pastenagues à queue de vache de l’Indo-Pacifique ont été rangées sous Pastinachus sephen. FishBase réserve désormais ce nom à une espèce du nord-ouest de l’océan Indien, de la mer Rouge au Pakistan, et attribue la forme répandue de Madagascar à la Nouvelle-Calédonie à P. ater. DORIS présente encore les individus de Mayotte sous le nom de P. sephen, la pastenague plumetée.

C’est une raie massive : Shark-References lui donne jusqu’à environ 2 m d’envergure et plus de 3 m de long, queue comprise. Le disque est épais et presque rond, le museau large et arrondi, les yeux petits et très écartés. Le dos est uniformément sombre, du brun-gris au noir, et le ventre clair. Une bande de denticules émoussés rend le centre du dos rugueux.

Le critère décisif est la queue. Très large et aplatie à sa base, elle porte en dessous un repli de peau noir, très haut, qui s’arrête avant la pointe filamenteuse. Il n’y a pas de repli sur le dessus. L’aiguillon venimeux est placé loin en arrière, bien après les nageoires pelviennes. Taeniurops meyeni, l’autre grande pastenague signalée à Mayotte dans GBIF, se distingue par son dos marbré de noir et de blanc et par un repli ventral qui court jusqu’au bout de la queue.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce vit sur les fonds meubles des plateaux côtiers et insulaires, et Shark-References précise qu’elle supporte l’eau saumâtre et même douce. À Mayotte, les données restent rares mais concordantes. DORIS publie une photo prise dans le lagon, au site Bamboo ouest, à 7 m. GBIF recense quatre observations de P. ater dans l’île, dont un comptage visuel des poissons commerciaux réalisé en 2023 à 20 m. Cherchez-la posée sur le sable, au pied des pâtés coralliens ou en lisière des herbiers, souvent à faible profondeur. Le genre est signalé jusqu’à environ 60 m. Aucune saison n’est documentée : elle se croise toute l’année.

Biologie et comportement

C’est un prédateur de fond. Les études menées sous l’ancien nom de P. sephen décrivent un régime de petits poissons osseux, de crevettes, de crabes, de vers et de mollusques, qu’elle déniche en fouillant le sable. Elle chasse seule et se fait parfois escorter par des rémoras ou des carangues. Requins et grands dauphins figurent parmi ses prédateurs. Inquiétée, elle s’enfuit en biais plutôt qu’en ligne droite.

La reproduction est lente. Les embryons se développent dans l’utérus et sont nourris en fin de gestation par un « lait utérin ». Shark-References indique des portées de deux petits d’environ 18 cm d’envergure.

Statut et protection

FishBase indique que l’UICN classe P. ater « Vulnérable » (VU, critère A2d) depuis l’évaluation du 19 mai 2020 : le déclin est attribué à l’exploitation. Le genre est capturé au chalut et au filet pour sa chair, et son cuir sert à fabriquer le galuchat. L’espèce ne fait pas l’objet d’une protection spécifique connue à Mayotte, mais le Parc naturel marin de Mayotte demande de ne déranger aucun animal et de ne rien prélever.

Bien l’observer et la photographier

Repérez d’abord la silhouette sombre sur le sable, puis approchez lentement, à plat et par le côté. Ne passez jamais au-dessus de l’animal ni devant sa tête : la queue peut se recourber vers l’avant, et l’aiguillon cause des blessures très douloureuses. Ne la touchez pas et ne la coincez pas contre un récif. Le parc recommande des palmes courtes et un palmage doux, et demande de ne pas s’agenouiller sur les fonds colonisés : stabilisez-vous en pleine eau, sans soulever de sable.

Pour la photo, un cadrage de trois quarts arrière montre à la fois le disque et le repli noir de la queue, le meilleur critère d’identification. Sur une raie aussi sombre, une lumière douce et bien diffusée évite de brûler le sable clair autour d’elle.

Sources