Fiche n° 1156 · Faune · Requins & raies

Requin citron

Negaprion acutidens

Océan Indien Lagon Double barrière Canal du Mozambique

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-requin-citron/

Requin citron (Negaprion acutidens)
Photo : Julien Bidet — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Grand requin trapu de 2 m en moyenne, au museau court, large et arrondi presque carré.
  • Robe gris clair à beige aux reflets jaunâtres, ventre blanc cassé.
  • Deux nageoires dorsales presque de même taille, la seconde aussi grande que la première.
  • Pectorales et dorsales nettement falciformes, recourbées en forme de faux.
  • Petits yeux jaune clair ; dents hautes et effilées, souvent visibles par la bouche entrouverte.

Noms

Nom usuel
Requin citron
Nom scientifique
Negaprion acutidens
Autres noms
Requin limon faucille · Requin citron-faucille · Requin citron de l'Indo-Pacifique · Requin grandes ailes · Sicklefin lemon shark
Synonymes
Carcharias acutidens · Aprionodon acutidens · Negaprion queenslandicus · Odontaspis madagascariensis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical : mer Rouge, océan Indien du canal du Mozambique à Madagascar, aux Seychelles, aux Maldives et à l'Inde, puis jusqu'au nord de l'Australie et aux archipels du Pacifique central. Le référentiel national TAXREF (INPN) l'inscrit dans la faune de Mayotte.

Zones : Lagon · Double barrière · Canal du Mozambique — Océan Indien

Biotope

Côtier et benthique : récifs coralliens, pentes externes, fonds meubles des lagons et des estuaires, en eau souvent turbide, en général à moins de 30 m. Les juvéniles grandissent environ deux ans dans les mangroves.

Profondeur : 0 – 92 m

Repères pour le plongeur

Grand requin beige aux deux dorsales presque égales et aux nageoires en faux, qui croise près du fond dans les lagons et sur les récifs. Calme envers le plongeur, il peut réagir s'il est provoqué : gardez vos distances et ne le nourrissez jamais.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Piscivore à dominante de poissons de fond ; aussi raies, petits requins, céphalopodes et crustacés. Opportuniste, il consomme aussi des carcasses.

Reproduction

Vivipare placentaire. Gestation de 10 à 12 mois ; portées de 1 à 14 petits de 45 à 60 cm, mis bas en eau peu profonde près des mangroves. Maturité vers 2,30-2,40 m, vers 15 ans chez la femelle.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 16 juillet 2020 selon FishBase (publiée en 2021 selon DORIS ; l'espèce était classée Vulnérable depuis 2003). Inscrit à l'annexe II de la CITES. Menace principale : la surpêche.

Espèces ressemblantes

  • Requin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos) : dos gris et non jaunâtre, seconde dorsale petite (de la taille de l'anale) et caudale bordée d'un liseré noir.
  • Requin pointes noires (Carcharhinus melanopterus) : extrémités des nageoires nettement noires.
  • Requin-citron de l'Atlantique (Negaprion brevirostris) : espèce sœur plus brun-jaune, aux pectorales moins falciformes ; elle ne vit pas dans l'océan Indien.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Le requin citron de l’océan Indien, que DORIS appelle « requin limon faucille », mesure environ 2 m en moyenne. DORIS donne 3,40 m au plus, et FishBase 3,80 m de longueur totale. Son corps est trapu, sa tête large, son museau court et presque carré. Sa robe gris clair à beige prend des reflets jaunâtres, d’où son nom, et son ventre est blanc cassé.

Le critère décisif se voit de profil : ses deux nageoires dorsales sont presque de la même taille. Ses pectorales et ses dorsales sont nettement falciformes, recourbées comme une faux. Ses petits yeux sont jaune clair et sa bouche, souvent entrouverte, laisse voir des dents hautes et effilées, sans dentelure.

Deux requins de récif de Mayotte peuvent prêter à confusion. Le requin gris de récif a le dos gris, une seconde dorsale petite et une caudale bordée d’un liseré noir. Le requin pointes noires porte des extrémités de nageoires franchement noires. Le requin-citron de l’Atlantique (Negaprion brevirostris), son espèce sœur, ne vit pas dans l’océan Indien.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce occupe l’Indo-Pacifique tropical. DORIS la signale dans le canal du Mozambique et à Madagascar, et le référentiel national TAXREF (INPN), repris par GBIF, l’inscrit dans la faune de Mayotte. Aucune source consultée ne cite de site de plongée précis dans l’île.

C’est un requin côtier qui vit près du fond. Il fréquente les récifs coralliens, les pentes externes et les fonds sableux des lagons, souvent en eau trouble, en général à moins de 30 m. FishBase le donne jusqu’à 92 m. Les jeunes passent environ deux ans dans les mangroves côtières, où ils naissent. À Mayotte, cherchez-le donc dans le lagon, sur les fonds sableux au pied des récifs, et sur les pentes de la barrière. Aucune saison n’est documentée pour l’île : il est sédentaire et peut se rencontrer toute l’année.

Biologie et comportement

Il chasse surtout des poissons de fond, mais mange aussi des raies, de petits requins, des céphalopodes et des crustacés. DORIS le décrit comme un opportuniste qui ne dédaigne pas les carcasses.

L’espèce est vivipare placentaire. Après 10 à 12 mois de gestation, la femelle met bas de 1 à 14 petits de 45 à 60 cm, en eau peu profonde, près des mangroves. Elle n’atteint la maturité que vers 15 ans, à environ 2,40 m : ce rythme lent rend les populations vulnérables à la pêche.

Face au plongeur, il se montre en général nonchalant et plutôt sédentaire, seul ou en petits groupes de quatre ou cinq. Il peut toutefois devenir irascible s’il est provoqué, hameçonné ou harponné, et plusieurs morsures sur l’homme sont attestées, aucune mortelle.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critères A2bd). FishBase date l’évaluation du 16 juillet 2020 ; DORIS indique une publication en 2021, après un classement « Vulnérable » depuis 2003. Elle est inscrite à l’annexe II de la CITES. La surpêche est la principale menace, et DORIS note que très peu de mesures spécifiques la protègent alors que sa population décline. Aucune source consultée ne fait état d’une réglementation propre à Mayotte.

Bien l’observer et la photographier

Restez près du fond, stable, et laissez-le venir : DORIS le décrit comme assez sédentaire, mieux vaut donc l’attendre que le chercher. Ne le poursuivez pas et ne lui barrez pas la route. Ne l’appâtez jamais et ne plongez pas avec du poisson pêché ou harponné : c’est dans ces situations qu’il devient agressif.

Pour la photo, la vue de profil est la plus utile, car elle montre les deux dorsales presque égales et les nageoires en faux. Gardez une flottabilité parfaite pour ne pas soulever le sable des lagons, déjà troubles, et ne tentez jamais de l’attirer.

Sources