Fiche n° 1154 · Faune · Requins & raies
Requin gris de récif
Carcharhinus amblyrhynchos
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-requin-gris-de-recif/
Clé d'identification
- Requin fuselé et robuste de 1,5 à 2 m, dos gris et ventre blanc.
- Bande noire continue le long du bord postérieur de la nageoire caudale.
- Extrémités sombres sur la plupart des nageoires, sans pointe noire franche sur la première dorsale.
- Première dorsale grise, parfois bordée d'un fin liseré blanc à son sommet.
- Museau arrondi assez long, grands yeux ronds, pectorales grandes, pointues et en faucille.
Noms
- Nom usuel
- Requin gris de récif
- Nom scientifique
- Carcharhinus amblyrhynchos
- Autres noms
- Requin à queue noire · Requin dagsit · Grey reef shark
Distribution géographique
Mer Rouge, océan Indien tropical, Pacifique tropical ouest et central. DORIS la signale à Mayotte ; GBIF y recense des observations sur le récif barrière (Dembeni), au sud-ouest de l'île et sur le banc de la Zélée.
Zones : Double barrière · Canal du Mozambique — Océan Indien
Biotope
Pentes externes des récifs, passes et bords de récif, parfois les lagons, avec une préférence pour les zones de fort courant. De la surface à environ 280 m.
Profondeur : 0 – 280 m
Repères pour le plongeur
Requin gris à liseré noir sur toute la caudale, souvent en groupe dans les passes et sur les tombants extérieurs de Mayotte. Restez calme et à distance : dos arqué et pectorales abaissées annoncent une attaque défensive.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des poissons de récif de moins de 30 cm, aussi des céphalopodes (calmars, poulpes) et des crustacés (crabes, langoustes, crevettes).
Reproduction
Vivipare placentaire : 1 à 6 petits d'environ 50 à 60 cm après une gestation d'environ 12 mois ; maturité vers 1,28 m.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 3 juillet 2020 selon FishBase. DORIS affiche encore l'ancien statut « Quasi menacé » (NT) de 2009. Faible fécondité, sensible à la pêche.
Espèces ressemblantes
- Requin pointes noires (Carcharhinus melanopterus) : plus petit, première dorsale à pointe noire brillante soulignée d'une bande blanche.
- Requin à pointes argentées (Carcharhinus albimarginatus) : toutes les nageoires bordées et terminées de blanc, plus massif et plus grand.
- Requin bordé (Carcharhinus limbatus) : première dorsale placée juste en arrière des pectorales, sans pointe blanche.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
Le requin gris de récif est un requin fuselé et robuste, long de 1,5 à 2 m en moyenne. FishBase donne un maximum de 2,55 m pour les mâles et de 1,72 m pour les femelles. Le dos est gris, le ventre blanc. Le museau est arrondi et assez long, les yeux sont grands et ronds, et les pectorales, grandes et pointues, ont une forme de faucille.
Le critère le plus sûr se lit sur la queue : une bande noire continue borde tout l’arrière de la nageoire caudale. La plupart des autres nageoires ont une extrémité sombre. La première dorsale, elle, reste grise et porte parfois un fin liseré blanc à son sommet.
DORIS cite plusieurs confusions. Le requin pointes noires, plus petit, a une pointe noire brillante sur la première dorsale, soulignée de blanc. Le requin à pointes argentées (C. albimarginatus) a toutes les nageoires bordées de blanc et une carrure plus massive. Le requin bordé (C. limbatus) a la première dorsale placée juste derrière les pectorales. Les mâles se reconnaissent à leurs ptérygopodes, et les femelles portent souvent des traces de morsures laissées pendant l’accouplement.
Où et quand l’observer à Mayotte
DORIS indique la présence de l’espèce à Mayotte. Sur GBIF, les observations mahoraises se situent sur le récif barrière au large de Dembeni, au sud-ouest de l’île et sur la couronne et les tombants du banc de la Zélée, au large dans le canal du Mozambique.
Le requin gris de récif fréquente les pentes externes, les passes et les bords de récif, avec une préférence nette pour les zones de fort courant. Il entre parfois dans les lagons, mais c’est surtout à l’extérieur de la double barrière, sur les tombants et dans les passes, qu’on a le plus de chances de le croiser. Il vit de la surface jusqu’à environ 280 m. Aucune saison particulière n’est documentée : l’espèce est sédentaire et peut se voir toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un prédateur sédentaire. Il chasse surtout des poissons de récif de moins de 30 cm, ainsi que des calmars, des poulpes, des crabes et des langoustes. Le jour, il forme souvent des groupes, parfois de plusieurs centaines d’individus, puis se disperse la nuit pour chasser. Il doit nager en permanence pour respirer et profite des courants forts pour ventiler ses branchies sans effort. On le voit souvent accompagné de rémoras et de carangues dorées.
L’espèce est vivipare : la femelle met au monde 1 à 6 petits d’environ 50 cm après une gestation d’environ un an. Ce faible rythme de reproduction la rend vulnérable à la pêche.
Face au plongeur, il se montre curieux et calme : il approche brièvement puis repart. S’il se sent menacé, il adopte une posture d’intimidation bien décrite par DORIS : dos arqué, pectorales abaissées, gueule entrouverte, nage saccadée et exagérée. Cette parade précède souvent une attaque défensive brève mais violente. FishBase rappelle aussi qu’il devient dangereux en situation de nourrissage.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critères A2bcd). FishBase date cette évaluation du 3 juillet 2020 ; la fiche DORIS affiche encore l’ancien statut « Quasi menacé » (NT) de 2009. L’espèce est protégée en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. À Mayotte, les consignes du Parc naturel marin demandent de ne pas perturber les animaux et de ne rien prélever.
Bien l’observer et la photographier
Dans une passe, placez-vous à l’abri du courant, près du fond, et laissez les requins venir à vous : curieux, ils approchent brièvement puis repartent d’eux-mêmes. Ne les poursuivez pas et ne leur coupez pas la route. Si un individu arque le dos et abaisse ses pectorales, cessez toute approche et éloignez-vous calmement.
Pas de nourrissage, pas de poisson blessé ni de chasse sous-marine à proximité : ces stimulations rendent l’espèce imprévisible. Pour la photo, un grand-angle et un cadrage de profil font ressortir le liseré noir de la caudale, le critère qui confirme l’identification.