Fiche n° 1155 · Faune · Requins & raies
Requin léopard
Stegostoma tigrinum
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-requin-leopard/
Clé d'identification
- Nageoire caudale démesurée, presque aussi longue que le reste du corps (50 à 54 % de la longueur totale).
- Cinq carènes longitudinales sur le dos et les flancs, présentes dès l'éclosion.
- Adulte beige à brun jaunâtre semé de taches brun sombre ; juvénile sombre rayé de clair.
- Tête courte et arrondie, deux courts barbillons devant la bouche, grands évents en arrière des petits yeux.
- Première dorsale très reculée, au-dessus des pelviennes ; grandes pectorales larges et arrondies.
Noms
- Nom usuel
- Requin léopard
- Nom scientifique
- Stegostoma tigrinum
- Autres noms
- Requin zèbre · Zebra shark
- Synonymes
- Stegostoma fasciatum · Squalus tigrinus · Squalus fasciatus · Stegostoma varium
Distribution géographique
Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est à la Nouvelle-Calédonie et aux Fidji, du sud du Japon à la Nouvelle-Galles du Sud. Indigène à Mayotte selon l'inventaire des poissons de l'île (Wickel et al., 2014), repris par FishBase.
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Requin côtier des plateaux continentaux et insulaires, posé sur fonds de sable, de débris ou de corail, de la surface à 90 m, le plus souvent entre 5 et 30 m.
Profondeur : 0 – 90 m
Repères pour le plongeur
Requin de fond à longue queue et dos taché, inoffensif s'il n'est pas dérangé et surtout actif la nuit. Recensé à Mayotte mais peu signalé : observez-le posé sur le sable sans le toucher ni lui barrer le passage.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout des mollusques, aussi des petits poissons osseux, des crabes, des crevettes et des serpents de mer, aspirés dans les anfractuosités du récif.
Reproduction
Ovipare : la femelle pond de grandes capsules brun sombre à noir violacé, d'environ 17 cm, fixées au fond par des filaments. Maturité vers 1,50 à 1,80 m chez le mâle, 1,70 m chez la femelle. Parthénogenèse observée en captivité.
Conservation
En danger (UICN)
En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 22 juin 2023 selon FishBase. Menaces : pêche, notamment aux filets dérivants, pour la chair, le foie et les ailerons.
Espèces ressemblantes
- Requin nourrice fauve (Nebrius ferrugineus) : autre requin de fond présent à Mayotte, mais corps fauve uni sans taches ni carènes et caudale plus courte, environ un tiers de la longueur.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Requins & raies
Identification
Le requin léopard, que la nomenclature internationale appelle plutôt requin zèbre (zebra shark), se reconnaît d’abord à sa queue. Sa nageoire caudale, longue et en forme de ruban, représente selon FishBase la moitié de la longueur totale de l’animal.
Le corps est cylindrique et parcouru de cinq carènes longitudinales, visibles dès l’éclosion. La tête est courte et arrondie, avec de petits yeux, de grands évents juste derrière eux et deux courts barbillons devant la bouche. La première dorsale est placée très en arrière, à l’aplomb des pelviennes. Les pectorales sont larges et arrondies.
La robe change avec l’âge, d’où ses deux noms. Le Florida Museum décrit des juvéniles sombres, rayés de clair, jusqu’à environ 70 cm : c’est le « zèbre ». L’adulte devient beige à brun jaunâtre, semé de taches brun sombre : c’est le « léopard ».
Il atteint 2,46 m selon le Florida Museum, jusqu’à 3,54 m selon FishBase. À Mayotte, la confusion possible concerne le requin nourrice fauve (Nebrius ferrugineus), lui aussi posé sur le fond. Il a un corps fauve uni, sans taches ni carènes, et une caudale qui ne dépasse pas le tiers de sa longueur.
Où et quand l’observer à Mayotte
FishBase classe l’espèce comme indigène à Mayotte, d’après l’inventaire des poissons marins de l’île publié en 2014 (Wickel et al., Cybium). GBIF ne compte en revanche que trois données pour l’île, issues de l’inventaire national (PatriNat) et rattachées à l’ensemble du département, sans date ni site précis, dont une marquée comme identification non valide. Aucune source consultée ne cite de site de plongée où il serait régulier : c’est une rencontre possible, pas une observation garantie.
Il faut le chercher là où il vit partout ailleurs : sur le plateau insulaire, sur le sable, les débris coralliens ou le corail, de la surface à 90 m et surtout entre 5 et 30 m. Le lagon et ses récifs correspondent à ce milieu. Aucune saison n’est documentée pour Mayotte.
Biologie et comportement
Le requin léopard se nourrit surtout de mollusques, mais aussi de petits poissons, de crabes, de crevettes et de serpents de mer. Il les aspire et se glisse dans les fissures étroites du récif pour les atteindre. Lent le jour, il chasse surtout la nuit. En journée, on le trouve le plus souvent immobile, posé sur le fond près des récifs.
L’espèce est ovipare. La femelle pond de grandes capsules brun sombre à noir violacé, d’environ 17 cm, qu’elle ancre au fond grâce à des filaments. Les petits mesurent de 20 à 36 cm à l’éclosion. Les mâles sont matures vers 1,50 à 1,80 m, les femelles vers 1,70 m. Des femelles captives ont aussi produit des petits par parthénogenèse, sans mâle.
Il est réputé inoffensif, mais FishBase et le Florida Museum notent qu’il peut mordre s’il est provoqué.
Statut et protection
L’UICN classe le requin léopard « En danger » (EN, critères A2bcd). FishBase date cette évaluation du 22 juin 2023. Il est pêché pour sa chair, son foie et ses ailerons, notamment aux filets dérivants. Aucune réglementation propre à l’espèce n’a été trouvée pour Mayotte. Le Parc naturel marin de Mayotte, créé en 2010, couvre le lagon et les eaux du large.
Bien l’observer et la photographier
Comme il passe la journée posé sur le fond, l’approche se fait lentement. Arrivez par le côté, à hauteur du fond, sans vous placer devant sa tête et sans soulever le sédiment. Ne le touchez pas, ne tirez pas sur sa longue queue et ne le poursuivez pas s’il se met à nager : il peut mordre s’il se sent provoqué.
Pour la photo, le cadrage de profil à hauteur de l’animal met en valeur ce qui l’identifie : la caudale entière, les carènes et le motif de taches. Reculez assez pour que la queue tienne dans le cadre. Si vous en croisez un, signalez-le au Parc naturel marin sur la plateforme TsiÔno, avec la date, le lieu, la profondeur et une photo : l’espèce y reste très peu documentée.
Sources
- FishBase : Stegostoma tigrinum, Zebra shark
- FishBase : Stegostoma tigrinum à Mayotte
- FishBase : Wickel et al., 2014, peuplements ichtyologiques marins de Mayotte (Cybium)
- FishBase : Nebrius ferrugineus, Tawny nurse shark
- WoRMS : Stegostoma tigrinum (Forster, 1781)
- GBIF : occurrences de Stegostoma à Mayotte
- Florida Museum : Zebra shark
- Parc naturel marin de Mayotte : partager une observation