Fiche n° 1181 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail de feu

Millepora spp.

Océan Indien Lagon Double barrière

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-de-feu/

Corail de feu (Millepora spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie calcaire dure, en lames dressées, en branches aplaties ou en croûte qui recouvre le corail mort.
  • Teinte jaune ocre à brun clair, avec des bords et des extrémités souvent plus pâles, presque blancs.
  • Surface lisse, criblée de pores minuscules (d'où le nom Millepora, « mille pores »).
  • Fin duvet de filaments blancs dressés hors des pores : ce sont les polypes défensifs, sans tentacules visibles.
  • Forme liée à l'agitation de l'eau : plaques dans les zones battues, branches en bordure de récif et en lagon.

Noms

Nom usuel
Corail de feu
Nom scientifique
Millepora spp.
Autres noms
Millépore · Corail de feu ramifié · Corail de feu en plaques · Fire coral

Distribution géographique

Mers tropicales du monde entier. À Mayotte, GBIF recense des observations de cinq espèces : Millepora dichotoma (la plus citée), M. exaesa, M. intricata, M. platyphylla et M. tenera.

Zones : Lagon · Double barrière — Océan Indien

Biotope

Récifs coralliens bien éclairés, du platier peu profond jusqu'à une quarantaine de mètres ; formes ramifiées en bordure de récif et en lagon, formes en plaques dans les zones battues, formes encroûtantes sur le corail mort.

Profondeur : 1 – 40 m

Repères pour le plongeur

Le corail de feu n'est pas un corail mais un hydrozoaire fixé, aux polypes très urticants : sur les récifs de Mayotte, repérez ses lames ou branches jaune ocre à bords blancs et gardez mains, genoux et palmes à distance.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plancton, surtout des copépodes, capturé par les polypes ; complété par les produits de la photosynthèse des zooxanthelles, algues symbiotiques logées dans ses tissus.

Reproduction

Asexuée par croissance, bourgeonnement et fragments ; sexuée et saisonnière, par de minuscules méduses libérées de cavités du squelette (ampoules), qui nagent brièvement et émettent les gamètes. Colonies à sexes séparés.

Conservation

En danger (UICN)

Tout le genre est inscrit à l'annexe II de la CITES. Les quatre espèces vérifiées (M. dichotoma, M. exaesa, M. platyphylla, M. tenera) sont classées En danger (EN, critères A3ce) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase.

Espèces ressemblantes

  • Coraux dentelles (famille des Stylasteridae) : hydrozoaires calcaires d'aspect proche, longtemps classés avec les millépores, mais plus délicats et généralement plus colorés.
  • Entre millépores : Millepora dichotoma forme des colonies plates et très ramifiées, Millepora platyphylla des plaques ; en plongée, seule la forme de la colonie aide à les distinguer.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son nom, le corail de feu n’est pas un corail. C’est un animal colonial de la classe des hydrozoaires, cousin des hydraires et des méduses, alors que les coraux durs sont des anthozoaires. Le genre Millepora est le seul de sa famille, les Milleporidae. Il bâtit pourtant un squelette calcaire très proche de celui des coraux constructeurs de récifs, d’où la confusion.

Les colonies mesurent en général 30 à 60 cm. Elles prennent trois allures : des lames dressées, des branches plus ou moins aplaties, ou une croûte qui tapisse le corail mort. La teinte va du jaune ocre au brun clair, avec des bords souvent plus pâles. De près, la surface lisse est percée de pores minuscules, qui ont donné son nom au genre. Il en sort un fin duvet de filaments blancs : ce sont les polypes défensifs, chargés de cellules urticantes. Ce duvet est le meilleur indice pour le reconnaître.

Distinguer les espèces sous l’eau reste délicat. DORIS décrit Millepora dichotoma comme plat et très ramifié, et Millepora platyphylla comme formant des plaques. Les coraux dentelles (Stylasteridae), autres hydrozoaires calcaires, lui ressemblent aussi, mais ils sont plus délicats.

Où et quand l’observer à Mayotte

GBIF recense à Mayotte des observations de cinq espèces : Millepora dichotoma, de loin la plus citée, M. exaesa, M. intricata, M. platyphylla et M. tenera. Le genre vit sur les récifs bien éclairés, de moins d’un mètre jusqu’à une quarantaine de mètres. Les formes ramifiées occupent les bordures de récif et les lagons, les formes en plaques les zones exposées à la houle, et les formes encroûtantes recouvrent le corail mort à toute profondeur. Fixé et actif de jour comme de nuit, il s’observe toute l’année. Cherchez-le sur les pentes et les platiers du lagon et des récifs barrières, souvent dans les premiers mètres.

Biologie et comportement

Chaque colonie compte deux sortes de polypes. Les gastrozoïdes, munis d’une bouche, digèrent les proies. Les dactylozoïdes, sans bouche, capturent le plancton, surtout des copépodes, et le leur transmettent. Comme les coraux durs, le corail de feu abrite des zooxanthelles, algues microscopiques qui lui fournissent une partie de son énergie par photosynthèse : il a donc besoin de lumière.

La reproduction alterne deux formes. Les colonies, mâles ou femelles, libèrent à la belle saison de minuscules méduses qui se forment dans des cavités du squelette, nagent un court moment et émettent leurs gamètes. La colonie s’étend aussi par bourgeonnement et repousse à partir de fragments cassés.

Au contact de la peau, les cellules urticantes provoquent une sensation de brûlure, des rougeurs et parfois des lésions. Les zones à peau fine sont les plus touchées : avant-bras, poignets, cou, genoux, chevilles. Chez les personnes sensibles, les démangeaisons durent plusieurs jours, et la douleur parfois des semaines.

Statut et protection

Tous les millépores sont inscrits à l’annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international. Sur la liste rouge mondiale de l’UICN, les espèces vérifiées pour cette fiche (M. dichotoma, M. exaesa, M. platyphylla et M. tenera) sont classées En danger (EN, critères A3ce), évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase.

Bien l’observer et la photographier

Restez en flottabilité neutre au-dessus des platiers peu profonds : c’est là que la houle vous pousse vers les colonies. Une combinaison longue protège les zones sensibles. Ne posez jamais la main pour vous stabiliser près d’une colonie ocre à bords blancs. En cas de piqûre, DORIS conseille de rincer au vinaigre puis d’appliquer une crème apaisante.

En photo, le contre-jour sur les lames dressées fait ressortir leur découpe. En macro, un éclairage rasant révèle le duvet de polypes blancs. Approchez-vous lentement, sans palmer au-dessus de la colonie : un coup de palme casse les branches et vous expose à la brûlure.

Sources