Fiche n° 1199 · Flore · Algues & plantes

Algue turbinaria

Turbinaria ornata

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-algue-turbinaria/

Algue turbinaria (Turbinaria ornata)
Photo : Philippe Bourjon — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Thalle dressé, coriace, brun foncé à jaune-brun, de quelques centimètres à 17 cm, fixé à la roche par un crampon ramifié.
  • Axe cylindrique couvert tout autour de « feuilles » en forme de toupie, serrées les unes contre les autres.
  • Lame au bord épais garni de grosses dents, souvent sur deux rangs, au centre creux pouvant porter une couronne de dents.
  • Une vésicule (petit flotteur) peut occuper le centre de la lame.
  • Réceptacles reproducteurs de 5 à 7 mm portés près des lames chez les thalles mûrs.

Noms

Nom usuel
Algue turbinaria
Nom scientifique
Turbinaria ornata
Autres noms
Turbinaire ornée · Crowned sea bells · Limu kahili
Synonymes
Fucus turbinatus var. ornatus · Sargassum turbinatum var. ornatum

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de l'Érythrée et de l'Afrique du Sud à Madagascar, l'Inde, l'Australie, la Polynésie française et Hawaï. À Mayotte, signalée par les observations des plongeurs de la FFESSM (programmes CROMIS et BioObs) et inscrite au référentiel national TAXREF.

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Substrat dur des récifs : platiers battus par les vagues, cuvettes de marée, roche corallienne en eau plus calme et pentes externes. Souvent émergée en partie aux grandes marées basses.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Petite algue brune rigide aux « feuilles » en toupie bordées de dents, commune sur les platiers et dans les cuvettes du récif de Mayotte, dès quelques centimètres d'eau. Observez-la sans l'arracher ni piétiner le platier.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Algue brune photosynthétique : elle fabrique sa matière organique à partir de la lumière, sans se nourrir de proies ni de plancton.

Reproduction

Monoïque : oogones et anthéridies se forment dans les mêmes réceptacles. Elle se multiplie aussi par fragmentation, et les thalles mûrs des zones abritées deviennent flottants et peuvent dériver sur des kilomètres.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (version 2025-2 selon SeaLifeBase). Aucun statut de protection propre ; à Mayotte, elle pousse dans le périmètre du Parc naturel marin créé en 2010.

Espèces ressemblantes

  • Turbinaire décurrente (Turbinaria decurrens) : lames triangulaires plus minces, à un seul rang de dents, dont la base se prolonge nettement le long de l'axe.
  • Turbinaria conoides : lames en entonnoir à un seul rang de dents et vésicules plus développées.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

La turbinaire ornée est une algue brune de la famille des Sargassaceae, cousine des sargasses. C’est bien une algue : rien à voir avec les coraux durs du genre Turbinaria, comme le corail « coupe laitue », qui portent le même nom de genre. WoRMS le signale d’ailleurs expressément.

Le thalle est dressé, coriace et ne dépasse guère 17 cm selon SeaLifeBase. Sa couleur va du brun foncé au jaune-brun. Il s’accroche à la roche par un crampon fait de branches étalées. Sur l’axe cylindrique s’empilent de petites « feuilles » charnues en forme de toupie. Chacune a un bord épais garni de grosses dents et un centre creux, qui peut porter une couronne de dents ou une vésicule servant de flotteur. Vue de près, la plante évoque un épi hérissé de cloches épineuses.

DORIS décrit deux espèces voisines. La turbinaire décurrente (Turbinaria decurrens), présente en Afrique de l’Est et à Madagascar, a des lames plus minces, à un seul rang de dents, dont la base se prolonge le long de l’axe. Turbinaria conoides a des lames en entonnoir, un seul rang de dents et des vésicules plus grosses. La turbinaire ornée, elle, porte en général deux rangs de dents bien marqués et des lames plus épaisses.

Où et quand l’observer à Mayotte

L’espèce est signalée à Mayotte par les plongeurs du carnet en ligne CROMIS (2009) et du programme BioObs (2015) de la FFESSM, dont les données sont reprises par GBIF. Le référentiel national TAXREF la compte aussi parmi les algues de l’île. Les données publiques ne précisent pas de site de plongée.

Cherchez-la sur les fonds durs : platiers battus par les vagues, cuvettes de marée, roche corallienne en eau plus calme. Elle est souvent à moitié émergée aux grandes marées basses, ce qui la rend accessible en randonnée palmée. On la trouve en général jusqu’à une trentaine de mètres, et SeaLifeBase donne une profondeur maximale de 53 m. Aucune saison particulière n’est documentée.

Biologie et comportement

Comme toute algue brune, elle vit de la photosynthèse. Sa forme varie avec l’agitation de l’eau. Dans les zones battues, les thalles restent courts, solides et ne flottent pas. À l’abri, ils sont plus longs et plus fragiles, et deviennent flottants à maturité. Détachés, ils dérivent alors en surface et colonisent d’autres récifs, parfois à des kilomètres.

L’espèce est monoïque : les cellules mâles et femelles se forment dans les mêmes réceptacles, de 5 à 7 mm. Elle se multiplie aussi par fragmentation. Plus tolérante à la chaleur que certains coraux, elle fait partie des macroalgues qui prennent la place des coraux sur les récifs dégradés. Ses thalles rugueux peuvent même abîmer les colonies voisines par frottement.

Statut et protection

L’UICN n’a pas évalué l’espèce (NE, version 2025-2 de la liste rouge selon SeaLifeBase). Elle n’a pas de statut de protection propre. À Mayotte, elle pousse dans le Parc naturel marin créé en 2010, qui couvre toute la zone économique exclusive de l’île, du haut de l’estran jusqu’au large. Ailleurs, elle sert d’aliment, d’engrais et de source d’alginates.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment est la marée basse, au masque et tuba au-dessus du platier, ou en tout début de plongée sur le haut du récif. Flottez à plat, palmes hautes : le platier est fragile, et vos pieds écrasent bien plus que l’algue. Ne marchez pas sur les cuvettes.

En photo, un objectif macro révèle les deux rangs de dents et la vésicule centrale. Cadrez une seule « feuille » de face, puis l’axe de profil pour montrer l’empilement. N’arrachez pas de thalle pour le photographier hors de l’eau.

Sources