Fiche n° 1198 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail bleu

Heliopora coerulea

Océan Indien Lagon

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-briareum/

Corail bleu (Heliopora coerulea)
Photo : Frédéric Ducarme — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Animal colonial, pas une plante : octocoralliaire de la famille des Helioporidae, le seul octocoralliaire actuel à squelette massif.
  • Squelette entièrement bleu, visible sur les cassures et sur les fragments morts ; la colonie vivante paraît gris-brun.
  • Extrémités et bords des colonies souvent blanchâtres, sur une surface très lisse.
  • Colonies massives, en colonnes, en plaques ou en lames verticales dressées.
  • Polypes à huit tentacules, bleus ou gris-vert, logés dans de petits tubes du squelette.

Noms

Nom usuel
Corail bleu
Nom scientifique
Heliopora coerulea
Autres noms
Blue coral

Distribution géographique

Indo-Pacifique occidental, de la mer Rouge au sud du Japon, aux Samoa et à la Nouvelle-Calédonie selon SeaLifeBase. WoRMS la cite des Comores, de Madagascar, de La Réunion, de Maurice, des Seychelles, du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique. À Mayotte, l'espèce figure dans l'inventaire TAXREF des espèces signalées dans les territoires français (relayé par GBIF).

Zones : Lagon — Océan Indien

Biotope

Récifs exposés aux vagues, platiers et zone intertidale, en eau très peu profonde ; parfois dans des milieux marginaux.

Profondeur : 0 – 3 m

Repères pour le plongeur

Seul octocoralliaire bâtisseur de récif, le corail bleu forme des massifs gris-brun à pointes blanches sur les platiers : son squelette bleu ne se voit qu'aux cassures. Ne prélevez aucun fragment, l'espèce relève de la CITES.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Zooxanthellée : des algues symbiotiques logées dans ses tissus lui fournissent une part de son énergie.

Reproduction

Espèce incubante : les larves sont couvées avant d'être libérées (étude sur ses larves citée par Ip et al., 2023). Les modalités précises ne sont pas détaillées dans les sources consultées.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 27 octobre 2023 (version 2025-2 selon SeaLifeBase). Inscrite à l'annexe II de la CITES : son commerce international est contrôlé.

Espèces ressemblantes

  • Corail de feu (Millepora spp.) : lames et branches jaune ocre à bords blancs, surface criblée de pores d'où sortent des filaments blancs, très urticant ; son squelette n'est pas bleu — voir fiche liée.
  • Corail dur Porites (Porites lobata) : massifs arrondis d'un corail dur à six tentacules par polype, au squelette blanc — voir fiche liée.
  • Orgue de mer (Tubipora musica) : autre octocoralliaire à squelette coloré, mais en tubes rouges parallèles et non en masse bleue — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail bleu est rangé dans la flore du site, mais c’est un animal : un octocoralliaire de la famille des Helioporidae, décrit par Pallas en 1766 sous le nom de Heliopora coerulea. Parmi les octocoralliaires, cousins des coraux mous et des gorgones, il fait figure d’exception. C’est le seul à construire un squelette massif, en aragonite, comme les coraux durs. Son genre est le seul de ce groupe à bâtir des récifs.

Sous l’eau, il ne paraît pas bleu. SeaLifeBase décrit des colonies vivantes gris-brun, aux extrémités blanchâtres, à la surface très lisse. Le bleu est celui du squelette, coloré par des sels de fer, et il n’apparaît qu’aux cassures, sur les fragments morts ou quand un morceau a été arraché. Les colonies prennent des formes variées : massifs, colonnes, plaques ou lames verticales dressées. Les polypes, à huit tentacules, sont bleus ou gris-vert et logés dans de petits tubes creusés dans le squelette.

Le piège principal est le corail de feu (Millepora), dont l’un des noms anglais, « blue fire coral », s’applique aussi au corail bleu. Le millépore est jaune ocre à bords blancs, hérissé de fins filaments blancs, et il brûle au contact. Le Porites, autre massif du lagon, est un corail dur au squelette blanc. Une seconde espèce, Heliopora hiberniana, a été décrite en 2018 dans le nord-ouest de l’Australie ; à Mayotte, seule H. coerulea est citée.

Où et quand l’observer à Mayotte

Le corail bleu figure dans l’inventaire TAXREF des espèces signalées à Mayotte, publié sur GBIF. WoRMS le cite aussi des Comores, de Madagascar, de La Réunion, de Maurice et des Seychelles, ainsi que de la côte est-africaine. Aucune source consultée ne précise de site de plongée à Mayotte : cherchez-le dans son milieu habituel.

C’est une espèce de très faible profondeur. Selon SeaLifeBase, elle vit entre 0 et 3 m, le plus souvent à moins de 2 m, sur les récifs exposés aux vagues, les platiers et la zone découverte à marée basse. Elle intéresse donc plus le randonneur palmé que le plongeur en bouteille. Fixée et présente toute l’année, elle n’a pas de saison d’observation.

Biologie et comportement

Comme les coraux durs, le corail bleu héberge des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent de l’énergie grâce à la lumière. Il supporte bien la chaleur. Une étude de son génome, publiée en 2023, rapporte qu’il traverse les épisodes de blanchissement mieux que la plupart des coraux durs et qu’en laboratoire il pousse plus vite à 31 °C qu’à 26 °C. C’est une espèce incubante : ses larves sont couvées avant d’être libérées. Ses polypes n’ont pas de comportement particulier envers le plongeur.

Statut et protection

L’UICN classe le corail bleu en préoccupation mineure (LC), selon l’évaluation du 27 octobre 2023 citée par SeaLifeBase. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, qui soumet son commerce international à permis. Son squelette bleu est recherché, et l’espèce est aussi prélevée pour l’aquariophilie. Wikipédia cite parmi ses menaces ces prélèvements, le blanchissement, la destruction des habitats et l’acidification des océans.

Bien l’observer et la photographier

Sur un platier, à marée haute et par mer calme, le corail bleu se découvre en palmes, masque et tuba. Restez à plat ventre en surface : à si faible profondeur, un coup de genou ou de palme casse facilement les lames.

Photographiez une colonie entière, puis un détail des extrémités blanchâtres et des polypes ouverts. N’arrachez rien pour montrer le bleu : cherchez plutôt un fragment mort déjà tombé, et laissez-le sur place.

Sources