Fiche n° 1200 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail rouge
Tubastraea coccinea
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-rouge/
Clé d'identification
- Animal colonial, pas une plante : corail dur (scléractiniaire) de la famille des Dendrophylliidae, sans algues symbiotiques.
- Petite colonie en demi-sphère d'une dizaine de centimètres de diamètre au plus.
- Calices en coupelles d'environ 1 cm de diamètre, serrés les uns contre les autres et peu saillants (1,5 cm au plus).
- Chair orange clair à rose fuchsia ; polypes déployés jaune vif, à tentacules transparents, fuselés et pointus.
- Fixée à l'ombre : entrées de grottes, surplombs, dessous de grandes colonies, épaves ; polypes surtout ouverts la nuit.
Noms
- Nom usuel
- Corail rouge
- Nom scientifique
- Tubastraea coccinea
- Autres noms
- Tubastrée orange · Corail-soleil · Corail orange · Dendrophyllie
Distribution géographique
Espèce circumtropicale d'origine indo-pacifique, de la mer Rouge au Pacifique Est, installée plus récemment dans l'Atlantique ouest et les Caraïbes, où elle est introduite (DORIS, WoRMS). En eaux françaises, DORIS la cite à Mayotte, où elle a été photographiée de nuit vers 17 m ; GBIF y recense des observations du programme BioObs de 2015 et la mention de l'inventaire national TAXREF.
Zones : Canal du Mozambique — Océan Indien
Biotope
Substrats durs ombragés, riches en plancton : entrées de grottes, surplombs, dessous des grandes colonies coralliennes, épaves. De 5 à 60 m selon DORIS, de 1 à 37 m selon SeaLifeBase, dans des eaux de 23 à 26 °C.
Profondeur : 5 – 60 m
Repères pour le plongeur
À Mayotte, le corail rouge orangé des surplombs est la tubastrée orange : un petit corail sans algues qui ouvre ses polypes jaunes la nuit, à l'ombre des grottes et des tombants.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Carnivore planctonophage : sans zooxanthelles, chaque polype capture lui-même le zooplancton, surtout la nuit (DORIS).
Reproduction
Espèce gonochorique : les mâles libèrent leurs spermatozoïdes, la fécondation et le développement des larves ont lieu dans les femelles, qui relâchent des larves formées. La colonie grandit aussi par bourgeonnement de nouveaux polypes au pied des anciens (DORIS).
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la Liste rouge de l'UICN (version 2025-2, d'après SeaLifeBase). Inscrite à l'annexe II de la CITES depuis le 18 janvier 1990 ; à Mayotte, un arrêté préfectoral interdit la cueillette du corail (DORIS).
Espèces ressemblantes
- Tubastrée arborescente (Tubastraea micranthus) : colonie ramifiée en arbuste, vert sombre à noire, facile à distinguer d'après DORIS.
- Autres Tubastraea orange (T. tagusensis, T. faulkneri) : très semblables, aux calices plus longs et étroits chez T. tagusensis ; seule l'étude du squelette au microscope tranche (DORIS).
- Coraux du genre Dendrophyllia : même famille et même allure, la différence tient à l'organisation des septes, invisible en plongée (DORIS).
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Sous le nom de corail rouge, cette fiche présente le corail rouge orangé que l’on croise réellement à Mayotte : la tubastrée orange, aussi appelée corail-soleil. Malgré son rangement parmi la « flore » du site, c’est un animal. Il s’agit d’un corail dur, un scléractiniaire de la famille des Dendrophylliidae, mais d’un genre particulier : il ne bâtit pas de récif et ne loge aucune algue symbiotique.
La colonie reste petite. DORIS la décrit en demi-sphère d’une dizaine de centimètres de diamètre au plus. Elle est faite de coupelles serrées, les calices, d’environ 1 cm de diamètre, qui ne dépassent pas de plus de 1,5 cm. La chair qui les relie va de l’orange clair au rose fuchsia. Quand les polypes sortent, la colonie change d’aspect et se couvre de fleurs jaune vif. Leurs tentacules sont transparents, épais à la base puis fuselés et pointus, semés de petits boutons opaques : les cellules urticantes.
La confusion porte sur ses proches parents. La tubastrée arborescente, Tubastraea micranthus, forme des arbustes vert sombre à noirs et se reconnaît sans peine. En revanche, d’autres tubastrées orange et les coraux du genre Dendrophyllia lui ressemblent beaucoup. DORIS précise que seule l’étude du squelette au microscope permet une identification certaine, mais qu’à Mayotte l’inventaire national de 2014 ne signale pas d’espèce ressemblante.
Où et quand l’observer à Mayotte
DORIS cite Mayotte parmi les eaux françaises où vit l’espèce, et l’illustre par une photo prise dans l’île, à la passe en S, vers 17 m et de nuit. GBIF recense aussi des observations de 2015 versées par le programme BioObs de la FFESSM.
Cherchez-la là où la lumière manque : entrées de grottes, surplombs, dessous de grandes tables de corail, tombants et épaves. DORIS la donne de 5 à 60 m, SeaLifeBase de 1 à 37 m. Elle ne fuit pas la lumière : elle n’en a simplement pas besoin, puisqu’elle ne vit pas en symbiose avec des algues. Aucune saison n’est documentée, elle se voit toute l’année.
Biologie et comportement
Sans zooxanthelles, la tubastrée orange dépend entièrement de ce qu’elle capture. Chaque polype pêche pour son compte le zooplancton qui passe. Les polypes s’ouvrent surtout la nuit, quand le plancton est le plus abondant, ou quand l’eau est agitée. DORIS note qu’ils restent déployés plus longtemps que chez d’autres coraux, d’où sa réputation de corail vorace.
L’espèce est gonochorique : les colonies sont mâles ou femelles. Les mâles relâchent leurs spermatozoïdes dans l’eau, la fécondation a lieu dans la cavité des femelles et les larves en sortent toutes formées pour fonder une colonie ailleurs. La colonie s’agrandit aussi quand un nouveau polype pousse au pied d’un autre.
Elle abrite un hôte presque exclusif, le scalaire jaune, petit gastéropode qui y pond et s’en nourrit. Hors de son aire d’origine, l’espèce a colonisé l’Atlantique ouest et les Caraïbes, avec une expansion rapide dans le golfe du Mexique liée aux plateformes en mer.
Statut et protection
L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN (statut NE, version 2025-2 de la Liste rouge, d’après SeaLifeBase). Comme tous les coraux durs, elle figure à l’annexe II de la CITES depuis le 18 janvier 1990. À Mayotte, un arrêté préfectoral interdit la cueillette du corail : ne prélevez aucune colonie, même détachée.
Bien l’observer et la photographier
Le meilleur moment est la plongée de nuit : à la lampe, les colonies s’éclairent de jaune et d’orange. De jour, regardez sous les surplombs et au plafond des failles, où les colonies sont souvent fermées. Approchez à l’horizontale, bien équilibré, sans toucher la roche avec les palmes ni le gilet : le plafond d’une grotte se casse facilement. En macro, profitez des polypes ouverts pour cadrer les tentacules transparents, et cherchez le scalaire jaune et ses pontes entre les calices.