Fiche n° 1179 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail champignon

Fungia fungites

Océan Indien Lagon Double barrière

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-champignon/

Corail champignon (Fungia fungites)
Photo : Frédéric Ducarme — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Polype unique, libre, posé sur le fond sans y être fixé : un disque presque circulaire jusqu'à 28-30 cm de diamètre.
  • Bouche en fente au centre, d'où partent de nombreuses lames (septes) rayonnantes, comme les lamelles d'un champignon retourné.
  • Bord des septes garni de dents triangulaires et pointues, qui rendent la face supérieure râpeuse.
  • Face inférieure hérissée de petites épines coniques et lisses.
  • Couleur brune, parfois marbrée, souvent avec des lobes tentaculaires plus clairs dispersés sur le disque.

Noms

Nom usuel
Corail champignon
Nom scientifique
Fungia fungites
Autres noms
Corail-champignon · Common mushroom coral
Synonymes
Fungia spp. · Madrepora fungites · Fungia patella · Fungia dentata

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge (localité type) au Pacifique central. À Mayotte, GBIF recense 76 occurrences (octobre 2026), notamment du côté de Tsingoni, Kani-Kéli et Bandraboua.

Zones : Lagon · Double barrière — Océan Indien

Biotope

Pentes récifales et lagons, sur sable, débris coralliens ou fond dur, surtout entre 3 et 20 m d'après SeaLifeBase, et jusqu'à au moins 35 m selon WoRMS.

Profondeur : 3 – 35 m

Repères pour le plongeur

Disque de corail brun posé librement sur le sable ou les débris du lagon et des pentes récifales de Mayotte. C'est un animal vivant et protégé : ne le soulevez pas, ne le retournez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe : algues symbiotiques (zooxanthelles) qui fournissent une partie de l'énergie par photosynthèse, et petites proies capturées par les tentacules urticants.

Reproduction

Couveur : libère des larves planulas plutôt que des gamètes. À Okinawa, une population mêlait mâles, femelles et hermaphrodites, et des femelles isolées produisaient encore des larves (Ben-Zvi et al., 2020). Bourgeonnement asexué possible.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. À Mayotte, tous les coraux scléractiniaires sont protégés par arrêté préfectoral, selon DORIS.

Espèces ressemblantes

  • Corail-champignon hirsute (Danafungia horrida) : présent à Mayotte, disque très semblable ; seul l'examen du squelette tranche, selon DORIS.
  • Corail-champignon bouclier (Lobactis scutaria) : présent à Mayotte, plus petit (17 cm), ovale et épais, à tentacules sortis jour et nuit.
  • Pleuractis paumotensis : ovale et allongé, jusqu'à 25 cm, avec une forte voussure centrale.
  • Herpolitha limax : corail libre lui aussi, mais allongé, avec une fente buccale qui court sur presque toute la longueur.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail champignon est un animal, pas une plante : un cnidaire de l’ordre des scléractiniaires, cousin des coraux bâtisseurs de récif. Sa particularité tient en deux mots, solitaire et libre. Chaque disque est un seul polype géant, qui n’est pas soudé au récif mais simplement posé sur le fond. Il peut atteindre 28 à 30 cm de diamètre.

Vu de dessus, il ressemble à un champignon retourné. Une bouche en fente occupe le centre et des dizaines de lames, les septes, en rayonnent jusqu’au bord. Chez Fungia fungites, ces septes portent des dents triangulaires et pointues, et la face inférieure est couverte d’épines coniques. La couleur est le plus souvent brune, parfois marbrée, avec des lobes tentaculaires plus pâles.

Après le remaniement de la famille, WoRMS ne garde que deux espèces dans le genre Fungia ; cette fiche retient Fungia fungites, l’espèce type, bien attestée à Mayotte. Prudence toutefois : DORIS rappelle que les coraux champignons se confondent facilement et que seul l’examen du squelette permet une identification sûre. À Mayotte, le corail-champignon hirsute (Danafungia horrida) et le corail-champignon bouclier (Lobactis scutaria), plus petit et ovale, lui ressemblent beaucoup.

Où et quand l’observer à Mayotte

Le lagon de Mayotte couvre environ 1 100 km², fermé par une barrière récifale de 140 km, doublée par endroits d’une barrière interne, d’après le Parc naturel marin. Le corail champignon y vit sur les pentes récifales et dans le lagon, sur le sable, les débris coralliens ou le fond dur. SeaLifeBase le situe surtout entre 3 et 20 m. WoRMS cite des observations jusqu’à au moins 35 m.

Les 76 occurrences versées à GBIF pour Mayotte proviennent notamment des secteurs de Tsingoni, Kani-Kéli et Bandraboua. Aucune saison particulière n’est documentée : on l’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Il héberge dans ses tissus des algues microscopiques dont la photosynthèse lui fournit une partie de sa nourriture, et capture de petites proies avec ses tentacules urticants.

Sa reproduction est atypique. Une étude menée à Okinawa (Ben-Zvi et al., 2020) a montré qu’il libère des larves déjà formées, au lieu de lâcher ovules et spermatozoïdes en pleine eau. La population étudiée mêlait mâles, femelles et hermaphrodites. Certaines femelles isolées, sans mâle à proximité, ont continué à produire des larves, parfois des dizaines à des centaines par jour, pendant les deux mois et demi de suivi. Il se multiplie aussi par bourgeonnement : DORIS décrit chez sa famille un « effet phénix », où de nouveaux polypes naissent d’un squelette blessé.

Statut et protection

L’UICN classe Fungia fungites en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date l’évaluation du 11 juillet 2022. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international. DORIS précise qu’à Mayotte tous les coraux scléractiniaires sont protégés par arrêté préfectoral : on ne les ramasse pas, même un disque qui paraît mort.

Bien l’observer et la photographier

Ne soulevez pas le disque pour regarder dessous. Le Parc naturel marin de Mayotte demande de ne rien prélever, d’éviter tout contact avec les animaux fixés et de ne pas s’agenouiller sur les fonds colonisés.

Stabilisez-vous au-dessus du sable, palmes relevées : un coup de palme soulève un nuage qui recouvre le disque et ruine la photo. Pour montrer les septes dentés, cadrez en plongée verticale avec une lumière rasante qui fait ressortir le relief. Un plan macro sur la bouche centrale et les dents du bord aide aussi à départager les espèces voisines.

Sources