Fiche n° 1178 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail cerveau
Platygyra daedalea
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-cerveau/
Clé d'identification
- Colonie massive en dôme ou en boule, parfois en plaque ou encroûtante, souvent de 20 à 60 cm et jusqu'à 1,5 à 2 m.
- Surface entièrement en labyrinthe : longues vallées sinueuses séparées par des murailles continues.
- Vallées plus larges que les murailles, larges d'environ 5 à 6 mm.
- Murailles anguleuses, souvent perforées, hérissées de septes saillants et irréguliers qui leur donnent un aspect « effiloché ».
- Contraste de couleurs fréquent : murailles brunes, vallées grises ou vert vif.
Noms
- Nom usuel
- Corail cerveau
- Nom scientifique
- Platygyra daedalea
- Autres noms
- Corail-cerveau dédale · Lesser valley coral · Maze brain coral
- Synonymes
- Madrepora daedalea · Coeloria daedalea · Maeandra daedalea · Platygyra rustica
Distribution géographique
Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est à l'Australie, au Japon et aux îles du Pacifique. À Mayotte, une soixantaine d'observations sont publiées sur GBIF, issues d'inventaires de 2005 et 2014 et d'une observation de 2019, sur les récifs du lagon (baie de Bouéni, Boa Sadia, îlot Mtsamboro, pente interne du récif de Bouéni-Sada, îlot aux Sternes).
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Récifs coralliens peu profonds, de 3 à 30 m : pentes internes, lagons, chenaux et surtout bordures d'arrière-récif. Il a besoin d'eau éclairée pour ses algues symbiotiques.
Profondeur : 3 – 30 m
Repères pour le plongeur
Corail massif en labyrinthe, à murailles brunes et vallées vertes ou grises, commun sur les récifs du lagon de Mayotte. Ne vous posez jamais dessus : un coup de palme arrache des tissus vivants.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Surtout les produits de la photosynthèse de ses algues symbiotiques (zooxanthelles) ; la nuit, les polypes sortent pour capturer du plancton.
Reproduction
Hermaphrodite : les gamètes sont expulsés par la bouche des polypes ; la larve planula dérive dans le plancton puis se fixe et fonde une nouvelle colonie.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 27 octobre 2023 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES, comme tous les coraux durs : son commerce international est contrôlé.
Espèces ressemblantes
- Platygyra lamellina : autre corail-cerveau du même genre, plus rare, à murailles plus épaisses et à septes nets et arrondis ; ses vallées sont plus étroites.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré sa place dans les pages « flore » du site, le corail cerveau est un animal. Platygyra daedalea est un corail dur, un scléractiniaire de la famille des Merulinidae : une colonie de minuscules polypes qui bâtissent ensemble un squelette calcaire.
La colonie forme le plus souvent un dôme ou une grosse boule, parfois une plaque ou une croûte. DORIS donne des diamètres courants de 20 à 60 cm, et des colonies de 1,5 à 2 m pour les plus grandes. Toute la surface est un labyrinthe : les polypes ne sont pas isolés dans des loges rondes, ils sont alignés dans de longues vallées sinueuses, séparées par des murailles continues. C’est ce dessin qui lui vaut son nom.
Trois détails confirment l’espèce. D’abord, les vallées sont plus larges que les murailles, environ 5 à 6 mm selon SeaLifeBase. Ensuite, les murailles sont anguleuses, souvent perforées, et bordées de septes saillants et irréguliers qui leur donnent un aspect effiloché. Enfin, les couleurs contrastent souvent : murailles brunes, vallées grises ou vert vif, comme sur la photo de cette fiche.
La confusion la plus fréquente se fait avec Platygyra lamellina, plus rare. Ses murailles sont plus épaisses, ses septes plus nets et arrondis, et ses vallées plus étroites. Les auteurs de Corals of the World rappellent que P. daedalea forme un complexe d’espèces : sans examen du squelette, une identification sur photo reste parfois incertaine.
Où et quand l’observer à Mayotte
L’espèce est présente dans tout l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l’Afrique de l’Est jusqu’au Pacifique. À Mayotte, GBIF publie une soixantaine d’observations. La plupart viennent d’inventaires des récifs menés en 2005 et en 2014, et une observation de plongeur date de 2019. Elles concernent les récifs du lagon : la baie de Bouéni, Boa Sadia, les pointes sud de l’îlot Mtsamboro, la pente interne du récif de Bouéni-Sada, celle de l’îlot aux Sternes et des récifs internes ennoyés.
Cherchez-le donc sur les pentes récifales intérieures et les pâtés coralliens du lagon, entre 3 et 30 m selon SeaLifeBase. Veron, cité par WoRMS, le décrit comme commun dans de nombreux milieux, en particulier en bordure d’arrière-récif. Comme il ne se déplace pas, il s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
L’essentiel de son énergie vient des zooxanthelles, des algues microscopiques logées dans ses tissus, qui ont besoin de lumière. C’est pourquoi il reste en eau peu profonde. La nuit, les polypes sortent de leurs vallées et capturent du plancton. Il se défend aussi contre ses voisins : ses tentacules de combat peuvent s’allonger jusqu’à environ 9 cm et abîmer les coraux qui poussent trop près.
L’espèce est hermaphrodite. Les gamètes sont expulsés par la bouche des polypes, et la larve, une planula, dérive dans le plancton avant de se fixer sur un support dur pour fonder une nouvelle colonie. Face au plongeur, il ne réagit pas, mais ses tissus vivants ne forment qu’une mince couche sur le squelette.
Statut et protection
L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC) ; SeaLifeBase date l’évaluation du 27 octobre 2023. Comme tous les coraux durs, il est inscrit à l’annexe II de la CITES, qui contrôle son commerce international.
Bien l’observer et la photographier
De jour, le corail semble immobile. Revenez de nuit avec une lampe douce pour voir les polypes déployés le long des vallées. Pour la photo, un cadrage serré en macro sur quelques vallées montre bien les septes effilochés et le contraste des couleurs. Un plan plus large, pris à hauteur de la colonie, rend sa forme en dôme.
Stabilisez-vous au-dessus du sable ou en pleine eau, jamais sur la colonie. Ne posez ni main, ni genou, ni console. Surveillez vos palmes en vous retournant.