Fiche n° 1185 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)
Corail mou lobophyton
Lobophytum spp.
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-flore-corail-mou-lobophyton/
Clé d'identification
- Colonie charnue et ferme : un pied court surmonté d'un chapeau (capitulum).
- Chapeau hérissé de lobes digités ou de lames, au centre comme sur le bord.
- Deux sortes de polypes : grands polypes nourriciers à huit tentacules plumeux, rétractables, et minuscules siphonozoïdes visibles comme de petits points.
- Teinte crème, jaunâtre ou brun clair, parfois à reflet verdâtre ; polypes de la couleur du corps ou blancs selon l'espèce.
- Polypes rentrés, la surface paraît lisse, parfois cireuse et brillante.
Noms
- Nom usuel
- Corail mou lobophyton
- Nom scientifique
- Lobophytum spp.
- Autres noms
- Devil's hand coral
- Synonymes
- Amocella
Distribution géographique
Récifs coralliens de l'Indo-Pacifique tropical. À Mayotte, l'inventaire national TAXREF recense huit espèces du genre, dont Lobophytum crassum, L. pauciflorum et L. patulum.
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Récifs peu profonds et éclairés : le genre vit en symbiose avec des zooxanthelles et dépend de la lumière.
Repères pour le plongeur
Corail mou en chapeau charnu hérissé de doigts, crème à brun clair, recensé à Mayotte avec huit espèces. Approchez sans le toucher : ses polypes nourriciers peuvent se rentrer entièrement dans le chapeau.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Animal à zooxanthelles : l'essentiel de son énergie vient de la photosynthèse de ces algues symbiotiques ; il capte peu de proies et profite surtout des nutriments présents dans l'eau.
Reproduction
Non détaillée pour le genre dans les sources consultées. Chez les anthozoaires, les gamètes sont émis par la bouche et donnent une larve planula planctonique qui se fixe avant de se transformer.
Conservation
Non évalué (UICN)
Le genre n'a pas d'évaluation UICN globale ; Lobophytum crassum est « Non évalué » (NE) selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). À Mayotte, il vit dans le Parc naturel marin créé en 2010, sur des récifs menacés par la pollution et la croissance démographique.
Espèces ressemblantes
- Corail mou sarcophyton (Sarcophyton spp.) : même famille, mais chapeau lisse au centre, plissé seulement sur le bord, et grands polypes bien visibles.
- Sinularia (Sinularia spp.) : colonies en rameaux ou en doigts, mais un seul type de polype, sans siphonozoïdes.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Cnidaires (coraux & anémones)
Identification
Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le lobophyton est un animal : une colonie de polypes, de la classe des octocoralliaires et de la famille des Sarcophytidae selon WoRMS. Son nom scientifique s’écrit Lobophytum, avec un « m ». Le genre compte une soixantaine d’espèces valides, et ses tissus sont soutenus par des sclérites, de minuscules pièces calcaires. La fiche porte sur le genre entier : sous l’eau, le plongeur s’arrête en général à ce niveau.
La colonie forme un pied court surmonté d’un chapeau charnu et ferme. Ce chapeau porte des lobes en doigts ou en lames, au centre comme sur le pourtour. Le lobophyton possède deux sortes de polypes. Les polypes nourriciers ont huit tentacules plumeux et peuvent se rentrer entièrement. Entre eux, des siphonozoïdes minuscules, qui pompent l’eau dans la colonie, n’apparaissent que comme de petits points. La teinte va du crème au brun clair, parfois avec un reflet verdâtre, et les polypes sont soit de la couleur du corps, soit blancs. Polypes rentrés, la surface prend souvent un aspect lisse et cireux.
Le sarcophyton, de la même famille, lui ressemble beaucoup. Chez lui, le chapeau reste lisse au centre et ne se plisse que sur le bord, qui se relève et laisse voir le dessous. Le sinularia porte aussi des doigts, mais il n’a qu’un seul type de polype. Les anglophones appellent le lobophyton « devil’s hand coral », la main du diable, à cause de ces doigts dressés.
Où et quand l’observer à Mayotte
Le genre occupe les récifs peu profonds de l’Indo-Pacifique tropical. L’inventaire national TAXREF, diffusé par le GBIF, recense à Mayotte huit espèces : L. crassum, L. depressum, L. latilobatum, L. patulum, L. venustum, L. denticulatum, L. sarcophytoides et L. pauciflorum. Cette liste repose sur la bibliographie et ne précise ni site, ni milieu, ni profondeur : aucune source consultée ne situe le genre sur un récif précis de l’île, ni sur la double barrière du sud-ouest. Comme il vit de la lumière, cherchez-le sur les récifs éclairés du lagon, sans espérer un site garanti. Aucune saison particulière n’est documentée : une colonie fixée s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Le lobophyton héberge des zooxanthelles, des algues unicellulaires qui vivent dans ses tissus et lui fournissent par photosynthèse l’essentiel de son énergie. Il capture peu de proies et profite surtout des nutriments présents dans l’eau. Sa reproduction n’est pas détaillée dans les sources consultées pour ce genre. Chez les anthozoaires en général, les gamètes sortent par la bouche du polype et donnent une larve, la planula, qui dérive puis se fixe. Le meilleur indice d’activité reste l’état des polypes : déployés, ils donnent à la colonie un aspect duveteux, comme sur la photo ; rentrés, elle paraît nue.
Statut et protection
Aucune espèce du genre n’est évaluée globalement par l’UICN dans les sources consultées. SeaLifeBase indique L. crassum comme « Non évalué » (NE), version 2025-2 de la liste rouge. À Mayotte, les récifs font partie du Parc naturel marin créé par décret le 18 janvier 2010. Ils couvrent environ 150 km², et la pollution comme la croissance démographique les menacent.
Bien l’observer et la photographier
Pour reconnaître un lobophyton, cherchez d’abord les doigts au milieu du chapeau, puis les petits points des siphonozoïdes entre les grands polypes : c’est ce double critère qui l’écarte du sarcophyton. Approchez lentement, à plat ventre au-dessus du récif, et stabilisez-vous à distance avant de déclencher. Un plan rapproché sur une colonie aux polypes ouverts montre leurs huit tentacules plumeux. Un cliché d’ensemble, pris de côté, montre la forme du chapeau. Ne posez ni main ni palme sur la colonie et ne la déplacez pas pour un meilleur angle. Si les polypes sont rentrés, patientez plutôt que de toucher.
Sources
- WoRMS : Lobophytum Marenzeller, 1886
- WoRMS : Lobophytum crassum von Marenzeller, 1886
- DORIS (FFESSM) : Lobophytum pauciflorum, Alcyonaire digité (fiche proposée)
- GBIF : occurrences de Lobophytum à Mayotte (inventaire TAXREF)
- SeaLifeBase : Lobophytum crassum
- Wikipédia (de) : Lobophytum
- Reef Builders : leather corals Sarcophyton, Lobophytum et Sinularia
- Wikipédia : Parc naturel marin de Mayotte